Le Café de Madame Ben Djamil
Claude Kayat, Editions Léo Scheer, Collection Polar, Couverture Cédric Gérard, Achevé d'imprimer en mars 2012, 16 euros, 140 pages, ISBN 9 782756 103754
L'auteur. Claude Kayat né en 1939 à Sfax, Tunisie, vit en Suède depuis 1958. Bien que n'ayant jamais vécu en France, c'est en français, sa langue maternelle qu'il écrit.
Les œuvres de l'auteur.
Mohamed Cohen, Le Seuil, 1981
Les Cyprès de Tibériade, La Table Ronde, 1987
Le rêve d'Esther, La Table Ronde, 1989
L'Armurier, Le Seuil, 1997
Hitler tout craché, préface de Jean Durourd, L'Âge d'Homme, 2000
Le Treizième Disciple, De Fallois, 2002
La Synagogue de Sfax, Punctum, 2007
Et une trentaine de pièces de théâtre
Le livre. Un tueur en série abat un à un, des émigrés Nord-Africains dans la commune de Saint Hubert. La vie paisible s'en trouve altérée…
Hassen Ben Djamil est satisfait de prendre connaissance d'une missive officielle lui offrant, lui et sa famille la nationalité française, après dix ans de séjour.
Le couple Ben Djamil invite les voisins français à fêter ensemble l'heureux évènement. Les invités dégustent avec plaisir un très bon couscous de Tunis et le Café de Madame Ben Djamil, un café excellent, aromatique à en boire plusieurs tasses.
Hassen, éboueur de son état, apprend avec horreur l'assassinat de son collègue Moustapha, ce qui provoque en lui une peur folle. Serait-il la prochaine victime ? Sa peur se transforme en épouvante et il ne sort plus de sa maison.
Dans la commune s'accumule une quantité de détritus qui va en s'amoncelant au cours des jours et des semaines qui suivent… Aucune prière ni aucune supplication n'arrivent à bout de l'entêtement de Hassen, le dernier éboueur de la ville… Sa peur est trop grande…
Le tout raconté avec l'humour de Claude Kayat. On se marre en lisant les dialogues évoquant des vérités sérieuses concernant les émigrés à la peau basanée et le conflit qui en résulte, suite à la grève de Hassen, (ou sans doute le réveil d'un antagonisme existant).
Des dialogues à se tordre de rire, mais le sujet est grave. Une polémique divise les Hubertiens, certains protègent les émigrés, d'autres voudraient s'en débarrasser...
Tout le long du récit, le Café de Madame Ben Djamil est servi, odorant, succulent, mais ce n'est qu'à la dernière goutte que l'on comprend pourquoi il devient le titre du livre.
A ceux qui ont aimé Mohamed Cohen et La Synagogue de Sfax, je conseille de lire ce livre et je suis sûr qu'il ne sera pas fermé avant la dernière gorgée de Café et le dernier mot du roman…
Nos meilleurs souhaits à l'auteur.