CESAREE –HERODE- ET L’EAU.
1) PARC ELONA.
DEUTERONOME – CHAPITRE VIII – Paragraphe 7 –
Car l’Eternel, ton Dieu, te conduit dans un pays fortuné, un pays plein de cours d’eau, de sources et de torrents, qui s’épandent dans la vallée ou sur la montagne.
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Ce parc naturel constitué de bosquets méditerranéens très beaux et très verts s’étend du moshav Amikam au sud, jusqu’à Bat-Shlomo et à la nationale 70 au nord.
Il se trouve sur le terrain de la communauté rurale d’Elona, la plus petite du pays puisqu’elle ne réunit que trois villages : Giv’at Nili, Avïel et Amikam.
Avïel crée par des juifs roumains en 1949 est le plus grand, Amikan est fondée par des Chinois en 1950 et enfin Giv’at Nili en 1953 par des juifs venus de Turquie. 70 à 80 familles en tout occupent ces trois villages.
On trouve dans la région entre 150 et 200 sources qui se situent dans la vallée entre le wadi Ara et Ramot-Ménashé.
La situation géographique du parc est très importante car elle a toujours été placée au carrefour des routes entre la plaine côtière en direction de la vallée d’Izréel et le Nord du pays. Le tracé de l’ancienne route entre l’Egypte et le Liban, la Syrie et la Mésopotamie passait du Sud au Nord, route de la plaine côtière dans la réserve d’Elona d’aujourd’hui à côté du nahal Kishon qui forme un barrage naturel.
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Notre premier arrêt explicatif se fait près d’un puits entouré de bosquets de framboisiers, de figues de barbarie et de caroubiers. Nous sommes à EIN TSABARINE, ancien village arabe abandonné après la guerre d’indépendance. Les Arabes avaient recouvert le puits d’une couche de béton et par une mince ouverture ils puisaient de l’eau ; ce système permettait de préserver l’eau qui était précieuse à l’époque contre ceux qui auraient pu en voler ou en abuser. Près de ce puits un abreuvoir où des vaches et moutons venaient s’abreuver. Il y avait de nombreuses sangsues et les épines des framboisiers environnants servaient à retirer les sangsues des corps des animaux. La source Ein Soubarine se trouve à 108 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Mais l’origine de ce puits est plus ancienne car les romains l’ont construit grâce à la découverte de la source Ein Tsabarine. Le puits a donc 2000 ans puisqu’il date de l’époque Hérodienne. Le but était de faire parvenir de l’eau à Césarée qui était un port important, la capitale et le centre du gouvernement romain du bord de mer. En se penchant sur le puits, on peut apercevoir deux ouvertures, face à face, où l’eau de source arrive, une se dirigeant vers le Nord, l’autre vers le Sud. On comprend pourquoi le puits a été creusé à ce point précis. C’est tout simplement l’embranchement des deux sources qui se jettent dans le nahal Taninim. Une échelle installée dernièrement permet de descendre dans le puits qui atteint une profondeur de 1,20 mètre environ. Lors de leur occupation dans le pays, les Britanniques avaient mis une poulie pour faire monter l’eau du puits ; de leur installation il ne reste que deux morceaux de béton qui servaient de fondations à la poulie.
Césarée à l’époque romaine comptait une population de 150.000 habitants environ et il était indispensable de leur fournir de l’eau potable. Cette eau de source découverte ici convenait tout à fait aux romains. De plus, la roche crayeuse environnante permettait de la creuser facilement.
Pourquoi faire parvenir de l’eau de source d’Amikam à Césarée ?
Tout simplement parce que l’eau locale était de l’eau salée, qu’ils étaient entourés par les marais de Kabéra, que le site se trouvait plus bas par rapport aux sources et qu’il était facile d’y amener de l’eau. Après une enquête faite dans la région d’Elona, des ingénieurs découvrirent le nahal Séloulim et le nahal Taninim. C’est donc près d’eux, qu’ils creusèrent le puits.
De là, les Romains commencèrent à creuser des canaux qui se transformèrent au cours de leurs parcours soit en aqueduc, soit en canaux souterrains, puis de nouveau en aqueducs jusqu’à Césarée. On se trouve à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer et à 15 Km à vol d’oiseau de la ville. L’aqueduc a donc une pente douce et l’eau coule en descendant de 17 cm par kilomètre lors de son parcours vers Césarée.
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Deuxième arrêt explicatif : MOSHAV AMIKAM.
Vidéo-son au moshav Amikan. Nous avons le privilège d’être le premier groupe à regarder le film officiel de ce site qui vient d’ouvrir ses portes. (27-05-2000)
Nous voyons le nahal Ada qui traverse la réserve naturelle d’Elona, une guide sur place nous parle du travail des enfants de la communauté rurale qui se sont portés volontaires et qui ont déblayé les tunnels avec les archéologues qui ont continué les fouilles.
Une découpe de terrain nous montre successivement d’en haut en bas : une couche de craie ancienne – craie – craie ancienne – craie – une source – craie –craie ancienne – craie – deuxième source.
Les romains creusaient à deux endroits, parallèlement, sur une même ligne qu’ils traçaient d’avance sur la surface de la terre. Les ouvriers creusaient chacun de leur côté et dès qu’ils atteignaient la première couche d’eau, ils se rejoignaient en creusant en vis à vis, les uns du côté gauche, les autres du côté droit. Les coins se faisaient toujours en angle droit pour faciliter le passage et donner l’air indispensable. Puis, au son des pioches et des voix, ils se guidaient et arrivaient à se trouver face à face. La profondeur des tunnels variait entre 3 et 8 mètres. Pour surveiller ces tunnels qui contenaient l’eau si précieuse, ils construisaient des villages tout autour et des gardes étaient placés en permanence à l’entrée de ces tunnels.
Présence de faucons rouge et de chouettes dans le village d’Amikam.
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AIRE DE PIQUE NIQUE : Elle se trouve près d’Amikam à l’intérieur d’un bosquet. Elle a été crée et elle est entretenue par la mère d’un soldat (mort au Liban) en souvenir de son fils.
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VISITE D’UN TUNNEL : PUITS Numéro II.
On pénètre dans le tunnel relativement large et on le longe en marchant sur un petit aqueduc où l’eau coule paisiblement. Sur les parois creusées de main d’homme des petites encoches ont été taillées par les ouvriers pour leur permettre de poser leurs lampes à huile pour s’éclairer. Plus nous avançons, plus l’eau monte pour nous arriver jusqu’au genou. L’hiver, ces tunnels sont fermés car l’eau les envahit entièrement.
Cette eau qui coule est celle du nahal Taninim tout proche et au milieu du tunnel nous pouvons voir un filtre en béton composé de 9 trous qui empêchait les animaux de rentrer ou encore à toutes sortes de déchets d’y pénétrer. Nous ne pouvons voir aujourd’hui que trois des neuf trous de l’intérieur et quatre de l’extérieur, le reste étant encore sous terre.
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Troisième arrêt explicatif: MIF’AL DES NAHALIM MENASHE.
Ce sont les établissements qui regroupent les eaux des fleuves de la région de Ménashé. Un plan nous montre les nahalim Taninim et Ada. Dans ce dernier se rejoignent ses deux affluents, les nahalim Mishmarot et Barko. Cet établissement à été mis en place ici, pour la récupération d’eau lors des nombreuses inondations dans la région. C’est grâce à l’eau du nahal Taninim que tous les vergers environnants s’épanouissent. Près de ce plan, sur le pont où passe le nahal Taninim, se trouve la station de pompage du conduit national : Movil Haartzi. Il y a dix pompes qui fonctionnent et qui entraînent l’eau vers le Carmel et Hedera.
Les terrains sont inondés sur une surface de 110 kilomètres, donc la quantité d’eau est très importante puisqu’il y passe 12 millions de m² d’eau par an. Le canal est long de 12 Km, c’est l’un des plus longs du pays et un des seuls à recueillir les eaux des inondations.
Nous longeons le bas de la montagne crayeuse où les tunnels de l’époque romaine ont été découverts. Il y en a 7 qui sont alignés les uns près des autres, contournant la montagne crayeuse, selon les plans des ingénieurs d’Hérode. L’eau de ces tunnels coule en longueur et non pas en profondeur.
Nous nous trouvons ici devant trois arrivées d’eau. La première, naturelle : le nahal Taninim ; les deux autres artificielles : La deuxième, c’est la Société des Sources du pays (Movil Haartzi) qui en 1967 à commençait des travaux de canalisations. La troisième c’est la provenance d’eau d’un tunnel de 23 Km construit en 1982 qui part d’Amikan et grâce auxquels on a découvert le site archéologique.
Donc en 1967, lors des travaux, les ouvriers découvrent successivement 7 tunnels, séparés les uns autres par une distance de 45 mètres. Ce sont les tunnels de l’époque romaine qui se trouvent le long de la paroi crayeuse de la montagne. D’autres tunnels existent face à Avyël et arrivent à Amikan. L’eau est tirée du nahal Snounit.
Il existe donc 5 AQUEDUCS qui se dirigent vers Césarée. Un au sud et quatre au nord, ici, à Amikan, on se trouve à la hauteur du tunnel B. C’est Adrianus, l’ingénieur d’Hérode le grand qui conduisit les travaux des aqueducs.
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Quatrième arrêt explicatif : EIN TSOUR.
Les fouilles archéologiques ont été entreprises par le professeur Issaar Eshel.
La grande villa ou le petit château a été construit par une riche famille du temps d’Hérode. Le propriétaire ajouta à sa maison, une piscine privée, des thermes et une salle de sports. Pour faire fonctionner le sauna, un esclave se tenait près de la pièce des fourneaux et les ventilait sans arrêt. L’eau arrivait dans les thermes par des tuyaux en céramiques que l’on peut voir en partie. Depuis l’époque d’Hérode, en 22 avant l’ère chrétienne jusqu’à nos jours cet endroit a été occupé. Les membres du moshav mitoyen d’Ein Tsour renforcèrent les parois de la piscine moyenne avec du béton pour pouvoir en profiter.
les Turques se sont aussi installé sur ce site avant l’arrivée des pionniers.
C’est un riche arabe chrétien libanais, Oum El Alak qui construisit sa villa à Ein Tsour. Il eut tous les atouts pour y construire sa demeure : La situation géographique car il se trouve sur une hauteur, le climat clément, il y a une brise permanente et surtout la présence d’eau.
Autour du bâtiment trois piscines : Une toute petite, une moyenne de l’époque turque construite autour de l’orifice de la source, celle qui a été restaurée par les membres d’Ein tsour et la plus grande, vide, qui date de l’époque byzantine.
Nous parcourons le tunnel où coule la source d’Ein Tsour malheureusement obturé sur son chemin. Il y a très peu d’eau mais nous pouvons découvrir le travail des ingénieurs d’Hérode et de la terre jaune-rougeâtre qu’ils employaient pour faire de la céramique et aussi de la couleur. Le fait que le canal soit enterré, l’eau qui y coule est propre et donc bonne à la consommation.
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Cinquième arrêt explicatif : BEIT HANANYA.
Ainsi l’eau des fleuves (nahalim) et des sources arrivait d’Amikam jusqu’à Césarée en passant aussi par Beit Hananya. Ici, l’aqueduc est à ciel ouvert et on peut en longer une partie. On voit très bien encore les tessons d’argiles alignées les uns à côté des autres et qui formaient les tuyaux où l’eau s’écoulait. Sur les parois de cet aqueduc on peut voir deux pierres avec des inscriptions. A l’époque, il était courant d’incorporer des pierres sur lesquelles les Césars inscrivaient les ouvriers qui y travaillaient et sous les ordres de qui. Ainsi, à Beit Hananya, c’est le bataillon des légionnaires d’Assyrie sous les ordres de César Adrianus qui a construit cet aqueduc. Lorsque Césarée atteint une population de plus de 100.000 habitants, ils ont été dans l’obligation de construire un deuxième canal pour fournir plus d’eau dans la ville. Il est en parallèle avec le premier mais beaucoup plus bas.
Tout près de là, sur le sommet voisin, se trouvent les vestiges du Tel Mavoah, site byzantin et romain.
Face à nous, du haut de l’aqueduc, nous pouvons apercevoir la plaine jusqu’à la mer. C’est ici que les pionniers ont asséché les marais de Kabera. C’est à cause de ces marais que la ville de Césarée était retirée de tout et que l’eau leur a posé beaucoup de problèmes. La ville était tout simplement isolée entre marais et mer.
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