GIVA’TAYM
   
Nous habitons une ville, nous vaquons à toutes sortes d'occupations ou de loisirs sans souvent penser comment et grâce à qui la ville a été findée et c'est bien dommage car il est important de se souvenirs de ces idéalistes.
 

 
Seuls les Anciens de Giv’atayim sont capables de définir les frontières de la ville qui sont enchevêtrées entre Ramat Gan et Tel Aviv, il arrive qu’un trottoir de la rue appartienne à la ville de Ramat Gan et l’autre à Giv’atayim. Giv’atayim  =  deux collines.
 

Le quartier Borohov. Dov Bar Borohov a été l’initiateur  de l’idée du sionisme socialiste.

Borohov est le premier quartier qui a été fondé à Giv’atayim le 2 avril 1922 et  les 22 premières maisons avaient toutes le même style avec leurs toits recouverts de tuiles rouges. 21 familles s’installèrent sur les lieux dont la famille Shneiderman et la dernière maison fut occupée par Abraham Evrenstein qui était célibataire. Cet homme avait une maison très spacieuse et une immense terrasse. A cette époque le travail de Léa était de former des jeunes filles à travailler la terre pour qu’elles deviennent agricultrices, les temps étaient durs, les logements peu nombreux et il lui vint l’idée de les loger chez Abraham. Il accepta, les hébergea et les jeunes pionnières se mirent au travail.
 
Le K.K.L joint à plusieurs instituts sionistes créèrent  ce quartier comme étant une partie intégrale  de l’Etat  pour encourager l’implantation juive  non pas seulement au niveau du travail de  la terre  mais aussi pour condenser  les villes et soutenir les ouvriers qui y travaillaient.  C’est ainsi que les dirigeants achetèrent  300 ares de terres près de Tel Aviv dans le seul but de donner du travail aux ouvriers et de partager les terrains équitablement entre chaque membre.
 

Itsrak Isidore Mamelouk

Au numéro 12 de Borohov se trouvait la pharmacie homéopathique d’Itsrak Isidore Mamelouk qui a été l’un des premiers pharmaciens du pays qui soignait sa clientèle à l’aide de plantes médicinales. La cabane familiale des Mamelouk existe encore à ce jour et attend une éventuelle restauration à moins qu’un promoteur achète le terrain et la maison abandonnée. Pour ses préparations médicinales Isidore se servait entre autres des feuilles de son eucalyptus qui trône encore majestueusement dans la cour.
 
Dans ce jardin nous rejoignons le fils d’Isidore, Jonathan qui est fière de nous raconter quelques anecdotes vécues par lui et  sa famille. Il nous dit que dans son jardin pousse jusqu’au jour d’aujourd’hui des herbes que son père employait pour soigner ses malades. Jonathan  a toujours été végétarien, n’a jamais toujours ni à l’alcool ni à la cigarette et apparemment ce traitement lui convient car vu son âge avancé il se porte comme un charme.  Si lui n’a pas été pharmacien sa fille Milly  a reprit la relève de son grand père et tient une pharmacie homéopathique au pays.
 

 
Il nous raconte encore l’histoire des poissonniers  du quartier qui n’avaient rien pour envelopper leur marchandise, alors le poissonnier allait régulièrement à la recherche d’emballages et en 1929 ce produit était plutôt rare et il ne trouvait que du papier journal qu’il rapportait dans son magasin pour emballer ses poissons. Le seul problème fut que les personnes s’arrêtaient pour lire les journaux qui étaient rares à l’époque et n’achetaient pas toujours des poissons !...
 
Isidore Mamelouk né en Allemagne a été un véritable sioniste, il était amoureux du pays et monta en Israël en 1907 après avoir assisté à plusieurs congrès d’Herzl dont il était l’ami. Il disparu en 1970.
 
Au numéro 14 près du premier jardin d’enfants les ouvriers fabriquaient et  gravaient sur les cageots en bois la phrase : les oranges de Jaffa pour emmagasiner les fruits qui partaient à l’étranger.
 
 

Beit Shneiderman

David Sneiderman, nouvel immigrant de la deuxième Alya, militaire de carrière,  fut le dirigeant de ce  premier groupe d’ouvriers de Giv’atayim.   Le docteur Shneiderman est né en Pologne dans une famille religieuse et après une première visite officielle en Israël avec une organisation  sioniste il commença à se joindre aux activités  sionistes et trouva son propre intérêt en Eretz Israël. Il monta au pays et après avoir bien réfléchi le jeune sioniste s’installa à Newe Tsédek. Après son Alya il travailla à Pétah Tikva dans le bâtiment et il décida  de créer un quartier  pour les ouvriers  juifs  à Tel Aviv et dans son environnement. Premier quartier d’ouvriers en Israël, David a été actif de nombreuses années dans le programme collectif. Dans le quartier  différentes institutions exclusives se créèrent dont celle de l’exploitation  des ouvrières de Léa. Le but était d’ouvrir la première coopérative en Eretz-Israël qui fut appelé  Tsarhania  mini-marché  et qui est à l’origine des super marchés Co-op.
 
Le quartier Borohov est verdoyant toute l’année, la mairie et l’association des Anciens du quartier ont  aménagé un itinéraire qui s’appelle « sur les chemin des Anciens »  où plusieurs panneaux indicatifs avec des photos anciennes, seules preuves de ce passé, près des lieux importants à connaître dans Borochov. Malheureusement peu de souvenirs concrets restent de ce quartier et à leur place se trouvent de nouveaux immeubles.
 
Dans la rue Ahdoud Aavoda (Unité du Travail, nom si symbolique à l’époque où tous les pionniers étaient communistes) au coin de la rue Borohov se trouve un bâtiment ressemblant à tout autre mais qui est distinctif  de la première période du jeune l’Etat en voie de développement. Cette maison fait partie du premier quartier des ouvriers d’Erertz Israël. C’est aujourd’hui l’institut artistique du nom de Shneiderman. La famille Shneiderman en a fait don à la mairie de Giv’atayim en souvenir de David et Malka Shneiderman à la condition d’en faire un institut artistique.  Cet institut fur fondé par deux artistes David Grossman et Rodi Léhéman pionniers du village artistique d’Ein Hod. En 1959 les deux artistes s’installèrent à Giv’ataïm et quatre ans plus tard l’institut vu le jour dans le quartier Borohov.
 

Abraham Eldema (1884-1963)

Abraham était professeur d’art et  contrôleur à la Haganah. C’était un homme de talent puisqu’il était artiste, bohémien, acteur, photographe, dessinateur et calligraphe. Sur sa maison une terrasse était entourée d’une rampe dans le style du Gymnasia hébraïque ; cette maison était complètement différente des autres maisons du quartier. Elle a été le lieu de rencontre journalier des arts : peinture – théâtre – chant. Il y était organisé des soirées de chants et de danses et il transforma sa cour en amphithéâtre de 800 places où les meilleures pièces de théâtre et les meilleures chorales  défilèrent. Les acteurs des théâtres d’Habima, Haohel, Mataté et bien d’autres y passèrent.
 
En tant que sioniste Abraham vint au pays au moment de la deuxième Alya et portait encore le nom d’Eizneshstein. Très vite il changea son nom de famille pour un nouveau nom qui mit en relief la philosophie qui a été le symbole de sa vie : Optimisme à tous prix même dans les instants les plus difficiles et ils n’en manquaient pas à cette période, il prit le nom d’EL-DEMA : sans larme.
 
Eldema est né en Ukraine,  très jeune il se joint au mouvement sioniste et grâce à Borohov il devint membre des combattants de la Hagannah  indépendante juive  à Odessa lors des événements de 1905. Un an plus tard il était déjà en Israël et sa première épreuve au pays fut une participation à une simple marche de discipline de Yaffo à Jérusalem.  Là il alla se recueillir dans les endroits saints jusqu’à la tombe de Rachel et sur place il vit un Arabe badigeonner les murs de la tombe avec  un talent de professionnel. Il lui prit le pinceau des mains et comme un étudiant artistique finit le travail avec succès. L’histoire se répandit très vite dans le pays  et il fut convoqué au Gymnasia Herzliya et fut engagé  comme professeur d’art et de peinture, le premier du genre.  Cette maison a servit aussi de centre à la Haganah et les défenseurs du Goush Dan s’y installèrent.
 

La Haganah.

Dans la cour de sa maison Eldéma ouvrit une branche de l’organisation de la Haganah  qui avait l’un des plus importants entrepôts d’armes  du pays. Les commandants Eliaho Golomb, Yosseph Hecht le commandant de la Haganah, Shaoul Méior (Avigor) et Yéhouda Sertok (Sharet) ont creusé sous le Tsrif  d’Eldema la première cachette d’armes (slik) de l’organisation en 1923 qu’ils utilisèrent jusqu’au jour de l’indépendance. Un colombier a été utilisé pour aérer l’intérieur de la cave où étaient cachées les armes (slik) et servit de camouflage aux yeux des Anglais. Ces derniers, tout comme les habitants de la ville n’ont jamais découvert cet endroit qui était à portée de leur vue tout comme l’institut Ayalon à Réhovot. A l’intérieur du slik se trouvaient non seulement des armes et des munitions mais aussi des blindés.
 

 
Le jardin public du régulateur d'eau.
Une grande sculpture orne son entrée,  Dov  artiste et professeur d’art qui faisait partie des Shomer Atsaïr  (les Surveillants) en a fit don à la Haganah. Deux tanks furent apportés par la Haganah dans ce verger pour conquérir les villes de Lod, Ramla et les environs. Plusieurs sortes d’armes sont exposés dans ce jardin souvenir tout près de l’endroit où ils creusèrent le puits.
 

Le régulateur d'eau.

Il a été creusé en 1927 et il était le seul de la région avec celui de Nahalat Itsrak. La  Haganah s’installa sur les lieux pour fabriquer des grenades et des balles. Lors des dangers éventuels ils transféraient les grenades et les armes dans le slik spécial prévu à cet effet. Durant plusieurs années le régulateur  fournit l’eau à toute  la ville. Cet endroit avait double emploi, il donnait la vie grâce au régulateur d’eau et l’enlevait avec les munitions que les pionniers fabriquaient.
 

 
Le martech.
En mai 1927 l’amphithéâtre fut inauguré et là se déroulèrent les pièces de théâtre et les rassemblements du quartier, plus tard il devint le fameux stade de la ville : le Martech (ou cirque)  car il se trouve dans une ancienne carrière. Au début il a été question de construire un jardin botanique mais le projet fut abandonné.
Afin de construire l’amphithéâtre les ouvriers durent remplir l’immense trou de la carrière avec des montagnes de déchets de Tel Aviv pour aplanir la partie centrale et en faire une surface plane.
 

Ecole d'arts Telma Yéline

Telma est né en Angleterre en 1895 et est décédée à Jérusalem en 1959. Chanteuse et violoncelliste connue mondialement elle se maria en 1920 avec l’architecte Eliézer Yéline et ils eurent quatre filles qui elles aussi furent musicologues.
 
Elle fut la 9ème des 11 enfants d’Albert et Shoshanna Bentwitch qui prirent le nom de Ben Bov, la famille ayant quitté la Pologne arriva à Londres au milieu du 19ème siècle. La famille de Telma était très sioniste et son père était un ami de Haïm Weizmann.
 
Telma commença à jouer du violoncelle dans sa jeunesse tout comme chacun de ses frères et sœurs qui apprirent un instrument différent. A 16ans elle quitta Londres pour Paris pour parfaire son éducation musicale chez le plus grand professeur espagnol Pablo Kasllas.  En 1919 Telma arriva pour la première fois en Eretz Israël et s’installa à Zihon Yaacov temporairement où étaient déjà ses sœurs. Dès son arrivée non seulement Telma joua de la musique mais elle l’enseigna et organisa des concerts et représentations.
 
En 1961 l’école d’art du nom de Telma Yéline voit le jour et elle sera à la tête de toutes les écoles d’arts du pays. Telma Yaline a été l’une des pionnières active dans l’éducation et la musique en Israël.
 
L’un des projets organisés par Talma Yéline a été celui  de créer une école d’orientation  avec une section musicale et où les cours seraient partagées entre les arts et les études.
 
Son mari Eliézer fut l’un des premiers architectes à préparer et à construire les quartiers verts de la ville.
 

L’école

Placée tout en haute de la colline,  en grimpant  la route qui longe le stade de Giv’atayim, elle domine tout l’environnement  et de là s’offre une vue panoramique jusqu’à la mer avec les tours de la Kiria et Azriéli. Dans un état lamentable l’école est encore en fonction aujourd’hui et sur le toit nous voyons la position la plus haute qui a servi à la Haganah à envoyer ses messages en mors aux brigades de Béer Touvia.
 

Les deux plus importantes institutions d’éducation du pays furent bâtirent à Giv’atayim.

Aujourd’hui le centre de la jeunesse Beit Anoah Oved qui se trouve dans des locaux qui demandent à être nettoyés et restaurés d’urgence  a été dans son heure de gloire entre 1945 et 1957 le centre d’attractions où tous les nouveaux chanteurs venaient faire leurs premiers essais sur cette estrade.

Entre 1950 et 1960 une quantité de soldats de la brigade Nahal sortirent de là pour fonder plusieurs implantations.