VOYAGE DANS LE VENTRE DE LA TERRE.
Promenade dans la région d’Hashféla-Yéhouda.
En roulant vers la région de la plaine nous passons devant cette énorme décharge en plein cœur du pays, à Tel Aviv [Hirya]. Tout d’abord la hauteur est dangereuse car elle se situe en direction de l’aéroport et peut causer un danger pour l'atterrissage des avions qui passent au-dessus. D’autres parts les oiseaux qui se nourrissent ici peuvent être attiré par les hélices des avions et créer des accidents. L'autre problème est celui des drogués qui en ont fait un centre de rendez-vous. Il a été question de la déplacer tout d’abord à Houlon puis à Beit Guvrine où enfin dans le néguev. Chaque endroit a soulevé ses problèmes et un refus auprès des responsables de chaque région. Il est aussi question d'aménager un immense parc de loisirs pour les Télaviviens, mais les promotteurs ont d'autres projets et l'éxécution de ce plan reste en attente.
Sur la route de Jérusalem, à la hauteur de Ben Shémen, nous pouvons apercevoir parralèle à la route une petite colline recouverte de fleurs sur son flanc. A l’intérieur de cette colline passe d'énormes conduits où se déversent les déchets de l’usine Nesher, (cimenterie) la succursale de Haïfa. Cette usine à ainsi réussi à éviter les problèmes de pollution de façon sympathique.
Sur la route de Beit Shemesh, on traverse la voie de chemin de fer. Près de là, avant 1948, se trouvait le village arabe d'Artouv qui a donné son nom à une opération de la Haganna . A Noham, non loin de là, existe un musée qui retrace l’histoire du mémorial se trouvant au Tsomet "Haéla". Il s’agit d’un groupe de 38 combattants de la Haganna qui ont voulu se rendre dans le Goush Etzion pour secourir les Juifs assiégés par les Arabes au moment de la guerre d’indépendance. Ils partirent de nuit, par des routes impraticables avec moyens des locomotions médiocres. Ils eurent beaucoup de mal à arriver à leur but et en route, l’un d’eux se blessa sérieusement. Deux de ses compagnons le raccompagnèrent au point de départ par la force des choses. Ce fut leur chance car les 35 soldats de cette mission furent cernés et attaqués par les Arabes au cours de cette opération et ils tombèrent sur le champ de bataille.
Un peu plus loin sur droite de la route, se trouvent quelques bornes kilométriques. Elles ne sont qu’un faible exemple de toutes les bornes kilométriques qui existaient au temps des romains. Il y en avait quelques 550.000 placées tous les 1.500 mètres sur les routes et chacune d’elles comportaient une inscription.
1] Tel Goded. Chaque grotte souterraine portait le nom d’un village environnant. Celle-ci avait un puits à ses côtés et on l’appelait Beer Keshet.
On entre dans la grotte par un fente qui à la hauteur du sol et on rampe quelques minutes pour arriver dans une grande pièce où se trouve un columbarium. Il date du début de l'ère et il est rempli de nombreuses petites niches qui étaient le rendez-vous des pigeons. Le but des paysans de cette époque était de ramasser leurs matières fécales qui servaient d’engrais dans les champs. Le pigeon était aussi un moyen de correspondance, il se reproduit aussi facilement et servait également de nourriture. Les niches du columbarium étaient creusées à peu près à un mètre cinquante du sol ceci pour empêcher tous les animaux rampants de tuer les oiseaux pour les manger.
Les columbariums ont été creusés par la main de l’homme. Au sommet d’une colline, les hommes formaient une petite ouverture assez grande pour que l’humidité pénètre à l’intérieur. La première couche de pierre était dure et ensuite venait la couche de craie. L’humidité, en pénétrant, ramollissait la terre et il était ainsi facile de creuser et d’enlever cette terre. Si le trou était trop grand l’air sec pénétrait et asséchait les parois ce qui rendait le creusage trop difficile.
a) Au départ le but de creuser fut d’avoir de la terre pour la construction des bâtiments.
b) A force de creuser, des caves naturelles se sont formèes, profondes de 20 à 30 mètres et les ouvriers ont alors construits les columbariums.
c) Au moment de la grande révolte contre les Romains, les soldats de Bar Kohba se sont réfugiés dans ces grottes. Ils ont organisé un immense réseau souterrain en reliant les grottes entres-elles et l’eau de source était emmagasinée dans de grandes citernes. Ils faisaient eux-mêmes l’huile à l’intérieur de ces grottes. Cette huile précieuse servait à s’éclairer, à se nourrir mais la plus pure était réservée pour le Temple. Le pressoir était placé à l’entrée de la grotte de manière à tromper les romains. Si jamais ces derniers découvraient une grotte et voyaient un pressoir ils pensaient que les Juifs y fabriquaient seulement de l’huile. Ils ne se doutaient pas de l’importance du réseau souterrain intèrieur.
De Mitzpé Massouah et de Lahish, les Asmonéens guettaient l’apparition de la nouvelle et allumaient des feux pour informer les différentes communautés juives du pays du changement de mois. Ce système a existé jusqu’au temps des croisés.
2) Méarot Louzit. De Mitzpé Massouah un chemin de randonnée de deux heures et demi nous conduit vers la grotte de Louzit. En route nous avons rencontré de nombreux eucalyptus plantés par les Britanniques pour essayer d'assécher les marais. Ces arbres ont été importés d’Australie. Les Anglais répandaient du pétrole tout autour des marais pour arrêter l’invasion des moustiques. Les marais étaient peut-être plus nombreux dans la région de Hedera mais la population étant plus grande dans celle de Jérusalem et la malaria atteint plus de personnes.
Aujourd’hui, on élague le bas des arbres dans les forêts pour éviter, en cas d’incendie, que le feu se propage trop vite. Seuls les caroubiers et les lentisques sont des arbres qui poussent naturellement. (Il existe une station expérimentale à Lehavim où il a été planté 400 sortes d’eucalyptus différents.)
Nous pénétrons de nouveau dans une cave par un trou minuscule et nous rampons quelques bonnes minutes dans un dédale de souterrains complètement obscurs pour en ressortir blanc de craie un peu plus loin. Ce parcours nous laisse imaginer les dures épreuves qu’ont dû passer les soldats de Bar Kohba lors de la grande révolte juive contre les romains.
3) Méarot Hazan. C’est un autre exemple de caves souterraines dans un site aménagé pour les visiteurs. Il y a un mikvé, la reconstitution d’un pressoir à huile avec ses bassins, des entrepôts, un grand réservoir d’eau, un puits, une cuisine et la salle de réunion. Elles datent de 132-135, période de la révolte de Bar Kohba.
4) Tel Lahish. Cité fortifiée biblique où se superposent neuf établissements humains, du 3 millénaire au 3ème siècle avant l'ère chrètienne. La ville occupait une position stratégique entre l’Egypte pharaonique et Jérusalem. Elle commandait en outre une vallée qui, par la Judée intérieure, reliait les voies de passage vers l’Assyrie.
Josué – Chapitre X – Paragraphes 31-32 –
…De Libna, Josué et tout Israël s’avancèrent vers Lakhich, campèrent près de cette ville et l’attaquèrent. Le seigneur livra Lakhich au pouvoir d’Israël, qui s’en empara le second jour et passa toute la population au fil de l’épée, de la même façon qu’il avait traité Libna.
Le petit-fils de David, Roboam fortifia la ville en 928-911 avant l’ère chrétienne. La ville fut ensuite reconstruite sur une grande échelle avec l’édification d’un immense palais fortifié et d’un double mur autour de la butte elle-même. La ville fut alors la deuxième ville du royaume de Juda après Jérusalem.
Le roi Amazias, fut tué sous ses murs.
II Rois – Chapitre XIV – Paragraphe 19 –
On forma un complot contre lui à Jérusalem ; il se réfugia à Lakhich. On envoya des gens à sa poursuite dans cette ville, et ils l’y mirent à mort.
En 701, Lakhich fut prise par Sénnachérib qui en fit son quartier général.
II Rois - Chapitre XIX – Paragraphe 8
Lorsque Rabchaké revint auprès du roi d’Assyrie il le trouva aux prises avec Libna ; il avait, en effet, appris son départ de Lakhich.
En 587 avant l’ère chrétienne, Nabuchodonosor s’en empara, la forteresse fut avec Azeka, la dernière place qui lui résista.
Jérémie- Chapitre XXXIV – Paragraphe 6 et 7 –
Jérémie, le prophète, répéta à Sédécias, roi de Juda, toutes ces paroles, dans Jérusalem ; tandis que l’armée du roi de Babylone assiégeait Jérusalem et toutes les villes de Juda qui résistaient encore –Lakhich et Azéka, les seules places fortes de Juda qui fussent encore debout.
Après l’exil (586-538 avant l’ère chrétienne) la ville fut réoccupée par les Juifs. Habitée pendant la période hellénistique, le site fut brusquement abandonné au 2ème siècle avant l’ère chrétienne