Le quartier où nous guidera aujourd’hui Léa Villinger a été le cœur de Tel Aviv au temps des Turcs et des Anglais. Abandonné par eux, il devint le quartier des sans abris et des marginaux, sale et pauvre, et comme beaucoup d’autres quartiers de Tel Aviv ou d’ailleurs, il redevient prospère grâce à la société de conservation des bien nationaux ou d’autres organismes
Léa nous propose un voyage de deux heures dans ce quartier, voyage archéologique, culturel, sur le passé, le présent et sur le renouveau, entre la période ottomane et le mandat britannique
Sokolov se questionna pour savoir ce qu’était une rue : Il la compara à un grand entrepôt où se trouvent un tas de choses qu’il faut savoir regarder, observer et découvrir
Notre rendez vous est au coin de la rue Lévontine et de la rue Rakevet face au premier bureau douanier de la nouvelle ville aménagé par les Turcs pour taxer les marchandises qui arrivaient en gare ferroviaire. Ce train a été une véritable révolution tout comme aujourd’hui peut l’être la haute technologie car il a simplifié la vie de tout un chacun. Un simple exemple est celui du train qui partait de Yaffo vers Jérusalem et qui ne mettait que six heures pour y arriver. Finie l’époque des diligences, des chevaux, des chemins caillouteux, des changements de chevaux ou de diligence, finie l’appréhension des brigands sur les routes, fini le temps où il fallait deux journées pour aller à Jérusalem.
Dès 1918, au début de leur mandat, les Anglais décidèrent de changer de place la gare ferroviaire (en restauration aujourd’hui face à la promenade) pour en faire une à côté du bureau douanier, en plein cœur de Tel Aviv à cette époque. Le train longeait alors le périphérique de la ville d’aujourd’hui (Ayalon) Ce quartier de Tel Aviv était alors la limite Est de la ville
Si les Anglais ont transféré la gare c’est pour deux bonnes raisons : La proximité des vergers et le port de Yaffo. Ainsi les transports des fruits étaient plus faciles et moins loin du port
Dizzingoff qui était alors maire de Tel Aviv demanda un projet pour construire la nouvelle ville et c’est un de leurs architectes qui le lui procura
Un grand bâtiment au coin des rues Béguin et Mikvé Israël a été construit par l’architecte Kark Rubin, il est du style Bauhaus. Il servit de bureaux au personnel des impôts. Ce fut le premier grand immeuble de Tel Aviv, il prit le nom de Beit Adar. On peut encore le voir aujourd’hui
Rue Ahashmal
Ce quartier qui porte le nom de Ramat Asharon se trouvait sur l’axe central des routes qui menait dans les mohavot du Sharon et c’est la raison pour laquelle il prit ce nom
En 1927 c’était un quartier élégant où les riches propriétaires construisaient leurs maisons au premier étage tandis que le rez-de-chaussée leur servait d’entreprise privée
En 1950 l’architecte Berline construit ici le bâtiment de la future central électrique, les lignes sont simples, droites, de style Bauhaus. Ce n’est pas pour rien que ce bâtiment vit le jour à cet emplacement mais tout simplement parce que le quartier de Ramât Asharon se trouve sur une hauteur et que la centrale y a été construite au sommet
10 avant que les Templiers ou les Américains arrivent à Tel Aviv, un missionnaire protestant et anglais Aïzex arriva au pays et construit une ferme modèle à l’intérieur de ce qui est aujourd’hui la centrale électrique afin de donner du travail à des personnes et de les convertir à ses idées. Il y avait alors de nombreux vergers sur la route qui menait vers Pétah Tikva et il s’était installé sur le sommet de la colline pour surveiller les environs. C’est la raison pour laquelle les Turcs s’emparèrent de la ferme lorsqu’il abandonna et en firent une position
Rottenberg qui n’arrivait pas à exécuter son projet de centrale électrique près du Yarkon à cause des bédouins qui y étaient installé et qui ne voulaient pas en bouger s’installa dans ce quartier. Il y fit construire sa maison (aujourd’hui à l’intérieur de la centrale électrique) et construisit le premier générateur du quartier qui fournit l’électricité à tout le quartier. Dans sa maison se trouvaient les bureaux directoriaux de la Compagnie d’électricité, toute la rue Ahashmal appartient aujourd’hui à la Compagnie d’électricirté, soit 35 ares
Le chateau d'eau
Un château se trouve non loin de la centrale. Sur sa gauche les vestiges d’un énorme puits de la période turque sont encore visibles. Les terres de la région ont été achetées après la première guerre mondiale. 20 ares d’entre eux ont été passés par la mairie de Tel Aviv à Pinhas Rottenberg, fondateur de la Centrale Electrique et là il construisit la première centrale électrique du pays qui fonctionna en 1923
Près du grand puits qui a servit à arroser les vergers un château d’eau à été construit en 1925. Cette tour de béton a été le projet du bureau d’ingénieurs Gout Berman, elle se trouve dans le quartier de Ramat Asharon et domine l’Est et le Sud de la ville
Après l’épicerie la salle inférieure du château d’eau a servi d’atelier à la Société des eaux de la ville puis une petite synagogue a été ouverte pour permettre aux hommes de la Centrale Electrique de venir prier avant le coucher du soleil (Minha)
Le Château d’eau a été restauré par les soins de la Centrale Electrique dans le cadre des activités communautaires avec la collaboration de la société de la préservation des bâtiments et la mairie de Tel Aviv Yaffo en 1999
Au numéro 15 de la rue Ahashmal se trouve une maison de style éclectique et au numéro 17 une maison de style Bauhaus construite dans les années 30. Face à nous se trouvent deux styles de maisons télaviviennes typiques, la première de style orientale qui est l’une des dernières, la deuxième qui lance le nouveau style de la ville. Les maisons de style éclectique étaient très travaillées sur leurs façades mais les côtés et le dos de la maison étaient d’une simplicité étonnante
Rue Lévontine
Au numéro 18 de cette rue se trouve une maison qui est rigoureusement préservée par la société de préservation des bâtiments. Elle est style éclectique dans tout son ensemble avec une arche au-dessus de la porte d’entre, deux parties arrondies dans les angles extérieures de la maison, des corniches et elle est considérée comme la première maison d’art nouveau. Le rav Lev Arié l’a occupé
La maison du numéro 20 Lévontine a abritée Itamar Ben Avi, (1882–1943), journaliste et activiste sioniste, et le fils d’Eliezer Ben Yehuda, à l'origine de la résurrection de l'hébreu (langue parlée)
Un magasin de chaussures Chouchou a vue le jour au premier étage de cette maison et la propriétaire de ce magasin importe des chaussures de tous les pays. Le magasin est l’une des pièces de la maison qu’elle habite et fait penser à un magasin de chaussures parisien des années 20
Colonne Morice - Carrefour des moshavot
Elle se trouve au coin de la rue Allenby et de la rue Ahachmal sur une toute petite place et a été placée là intentionnellement pour rappeler l’importance de ce carrefour.
L’histoire de Tel Aviv à cette période est représentée sur cette colonne. Une photo de ce carrefour nous le montre tel qu’il était dans entre 1920 et 1930 avec son bassin et son jet d’eau au milieu, on peut le confondre aujourd’hui avec la place dizzingoff et sa fontaine
Ici passait la seule et unique route qui allait de Yafo à Jérusalem, pas d’autres routes, les personnes qui voulaient se rendre à Pétah Tikva, Rosh Aïn, Kalkiya ou dans les moshavot du Sharon devaient emprunter cette route. C’était aussi la route qui menait à Naplouse car tous les environs n’étaient que dunes de sables ou marais. Les Anglais occupaient deux bâtiments administratifs et à ce carrefour important
Dans ce carrefour se trouvait également le service des autobus et toutes sortes de commerces.
Le jardin du Sharon.
C’est là que se terminera notre randonnée dans le quartier, ce jardin qui a été restauré depuis peu était le centre de drogués et de toutes sortes de délinquants lorsque le quartier était abandonné
ר"גב רמת גן בני ברק