Oum El Kanatir.
Sur la route de Katzin, dans le Golan se trouve un village arabe syrien abandonné du nom de Tel El Mantour qui avait été construit sur les pentes de la montagne. Un kibboutz s’est fondé en 1980, non loin de cette route qui ne contient que 60 membres ; il s’occupe essentiellement d’agriculture et de poulaillers. Nature, le nom que les membres du kibboutz lui donnèrent est un dérivé de Mantour ou de Kantour.
Les Syriens eux-mêmes avaient conservé le nom biblique du village juif qui avait été construit à l’époque talmudique.
En contrebas du village, on aperçoit encore le canal construit par les Syriens pour dévier l’eau du fleuve Yarmouh vers la Syrie. Ce fut l’une des raisons de la guerre des six jours.
Lorsque le deuxième Temple fut détruit, les Juifs s’installèrent dans la région de Yoav-Yéhouda et combattirent les Romains. Après la défaite de Bar Kohba ils s’installèrent dans le Golan parce que les terres étaient bon marché. Les archéologues y ont découvert 26 synagogues.

Près du village d’Oum El Kanatir, les habitants aménagèrent un bassin avec des arches près des sources qu’ils avaient découvertes et qui coulent encore à ce jour. C’est grâce à des voyageurs du 19ème siècle que l’endroit a été découvert et selon la description de leurs livres, il y avait dans la synagogue, trois bancs, des piliers et une entrée avec un beau fronton dirigée vers le Sud, c’est à dire à l’emplacement du tabernacle. Cela obligeait les observants de l’époque à fermer la porte au moment des prières et à faire coulisser le tabernacle derrière elle puisque les prières se font toujours face à Jérusalem. Les retardataires étaient obligés de patienter dehors. C’est à une période plus tardive que des portes sur les cotés du bâtiment firent leur apparition.
Au cours des fouilles, les archéologues ont trouvé sur les pans de murs extérieurs des maisons syriennes la pierre de fondation de la synagogue et des pierres sculptées appartenant à la synagogue, le tout a été transféré au musée archéologique de Katzrin.
La synagogue
Le fait de trouver une synagogue dans un village juif est une évidence mais seul un village important avait les moyens de construire un bâtiment grandiose et onéreux comme celui de ce village. Cette synagogue qui date du 6ème siècle (période du Talmud et de la Michna) mesurait 13,90m sur 18,80m et comportait deux étages avec un toit incliné. Le mur orienté vers le Sud servait d’entrée principale et sa somptueuse façade étaient dirigée vers Jérusalem.
L’ouverture était décalée légèrement vers l’Est pour permettre aux hôtes de la synagogue d’y pénétrer ; le magnifique Tabernacle protégé par deux revêtements de tissus contenait les Tables de la Loi et les livres Saints.
Ce lieu servait également de salle de jugement, de mairie, d’école et de salle d’études. Les habitants avaient recouvert les murs et le sol de la synagogue de tapis et l’avaient éclairé de lampes à huile. Sur le périmètre intérieur, ils avaient construit des bancs en pierre et d’autres en bois. On présume que les femmes avaient la faveur de s’asseoir à l’entrée de la synagogue. L’étage supérieur était garni de portiques et servait d’oratoire et de salle d’études aux femmes.
La statue du Lion
Le lion représente le symbole du royaume de Juda
Yehouda Ben Tima dit : Soyez courageux comme le tigre, léger comme l’aigle, rapide comme la gazelle, valeureux comme le lion pour accomplir la volonté de notre père aux cieux.
Deux fragments de statues ont été découverts sur le site ; l’un d’eux a disparu et l’autre se trouve devant nous. Il subsiste les pattes et le bout de la queue d’un lion. Une autre pierre sur laquelle un aigle est sculpté a été découverte sur les lieux et elle a été transférée au musée de Katzrin.
Les chercheurs de la région du Golan pensent que les lions et les aigles étaient utilisés comme décoration dans le saint des saints qui se trouve au centre du mur Sud de cette synagogue. Les représentations d’animaux étaient fréquentes dans l’art de la construction dans les temps anciens. Les Juifs leur ont donné une signification personnelle : Les lions et les aigles sont les rois du monde animal. Nous les retrouvons sur le trône du roi Salomon, fils de David que le peuple attend de génération en génération. Le lion représente la prière pour replacer le royaume de David comme royaume unique au monde « Quand le lion rugit qui ne s’effraie et quand D. parle qui ne prophétise » (Amos) L’aigle représente la surveillance divine individuelle et collective « Comme l’aigle qui protège son nid et survole ses aiglons » (nombres)
La présence de sculptures dans une synagogue n’est pas chose anormale au 6ème siècle et ne prouve pas l’infiltration du paganisme au sein du judaïsme bien au contraire, elle montre la faiblesse et le peu d’importance de cette culture dans le peuple d’Israël.