DU PASSAGE D’AFEQ AU MONT DES 28.
Motti, guide de Pétah-Tikva, nous entraîne dans le passé et le futur, des Cananéens à nos jours sur les pas d’un monde qui disparaît.
I) Le mémorial de Migad Afeq. C’est un très vieux mémorial qui rappelle la perte de nos soldats lors des événements de 1936 et ceux de la guerre d’Indépendance. Les soldats se sont battus pour garder les carrières environnantes de Migdal Afeq. En 1950, T.s.a.h.a.l. érige le monument qui fait partie aujourd’hui de la Société de la Protection de la Nature et du K.K.L.

II) Migadal Afeq. Le bas de la forteresse se trouve à la hauteur du niveau de la mer, mais en montant vers elle, nous arrivons à 141 mètres au-dessus du niveau de la mer, cela suffit pour changer la vision de tout l’environnement. De là, on aperçoit la forteresse d’Antipatris qui a été construite pour garder les sources du Yarkon. Elle a été occupée depuis les temps les plus reculés par les Philistins, les Hellénistiques, les Romains, les Croisés et les Mamelouks. Déjà en 1500 avant l’ère chrétienne la forteresse se trouvait sur la route principale qui menait de la Méditerranée jusqu’en Samarie, c’était l’important passage d’Afeq qui a été le plus emprunté. Les Romains ont gagné la guerre contre les Hellènes mais ils n’ont jamais conquit leur culture.
La vue panoramique qui s’offre à nous est variable. D’un côté panorama urbain avec ses villes comme Rosh-Ayin qui s’est développé en 1980 grâce à l’armée qui a facilité l’achat de maisons individuelles pour les militaires de carrière. On se trouve sur le trajet de ligne verte tout comme Oranit. Dans le lointain, les villes de Hod Hasharon, Pétah-Tikva, Hertzliya, Kfar Saba et tous les moshavim des alentours. D’un autre côté, de vastes étendues vertes qui s’étendent jusqu’à la mer.
Face à la forteresse de Migdal Afeq la tombe d’un Cheikh que les musulmans vénèrent et où ils viennent se recueillir. Elle se trouve exactement au sommet d’une falaise abrupte qui a servi, auparavant de carrière. Ces carrières étaient déjà utilisées il y a 3.000ans.
Cette région était marécageuse et aujourd’hui encore toute la quantité des eaux de pluies se déversent bêtement dans le Yakon ; il est regrettable que le gouvernement n’entreprennent pas de travaux pour récupérer ces eaux. Contrairement aux explications de plusieurs guides, Motti nous affirme que les eucalyptus n’ont jamais asséché les marais, ce sont seulement les travaux de drainage qui les ont asséchés…?
La forteresse de Migdal Afeq est, elle aussi, sur la ligne verte. Elle a été construite à cet emplacement pour les mêmes raisons de sécurité que les autres forteresses, c’est à dire la proximité de l’eau, la hauteur et le carrefour des routes. Les vestiges des forteresses sont visibles à nos jours que grâce à la construction de leurs arches. Le système d’arcades est efficace car il permet de supporter plusieurs tonnes de pierres sans que rien ne s’ébranle.
Pour monter une arche ils commençaient par mettre deux pierres à la distance voulue pour la future arche, les montaient les unes au-dessus des autres en les intercalant jusqu’à ce qu’elles se rejoignent, le plus important était d’encastrer la dernière pierre, celle du sommet, soutien de tout l’édifice.
Au pied de la forteresse les vestiges de son village.
Les croisés fortifièrent ce poste de surveillance de la Via Maris qui empruntait en contrebas le défilé d’Afeq. Ils contrôlaient ainsi tout à la fois l’antique route caravanière entre la Syrie, Yaffo et l’Egypte, et entre Césarée et Jérusalem. Transformée en ferme à l’époque ottomane le château conserva cette fonction jusqu’en 1948, date à laquelle ses exploitants arabes l’abandonnèrent. L’Etat d’Israël n’entreprit des restaurations qu’après 1967.
III) Mazor. C’est un bâtiment romain utilisé apparemment comme caveau familial du propriétaire d’un domaine au début du IVème siècle de notre ère. La façade de la construction est de style classique avec ses deux colonnes dans le centre et ses trois entrées dont deux chambres. L’une d’elles est la chambre mortuaire fermée par une porte en pierre et dans laquelle se trouvaient deux sarcophages, un petit et un grand. A l’étage les romains transformèrent la pièce en columbarium, on y voit encore les 40 niches. Ils y élevaient les pigeons pour le culte, l’engrais agricole, la reproduction et la nourriture. A l’étage où se trouvait le columbarium il n’y avait pas d’ouverture mais quatre vasistas dont l’un d’entre eux, sur le mur est, servait d’ouverture par laquelle les romains montaient grâce à une échelle. Plus tard, le musulman, Nebi Yihye fut enterré dans la pièce du bas et à partir de ce moment là ce mausolée devint un endroit saint. Autour de lui se trouvent trois anciens puits.
Non loin de là se trouve le village religieux d’El Ad dont la population atteint 5.000 à 6.000 habitants. Il a été construit sur un lieu historique de la période cananéenne où une ferme d’essai agricole avait été crée ; plus tard les Arabes s’y installeront.

IV) La forêt de Koulé.
Le nom de Koulé vient du nom d’un village arabe habité jusqu’en 1948.
Là aussi les énormes travaux de l’autoroute traversent la forêt de Koulé. Les maigres vestiges d’une forteresse croisée sont celle du château de la fille de Baudoin II. Cette forteresse a été construite ici parcequ’elle se trouvait sur la même ligne que la forteresse Antipatris et ils étaient en rapport les uns avec les autres.
Sous le règne de Baudoin II dernier empereur latin de Constantinople de 1228 à 1261, Mélisande, l’aîné des quatre filles de l’empereur, épouse Philippe d’Anjou à l’âge de 14 ans alors qu’il en avait déjà 60. Veuve à 25 ans et pleine d’ambition, ne pouvant pas devenir reine, figure de femme pas toujours vertueuse, la reine Mélisande exerce la régence durant l’adolescence de son fils Beaudoin III. C’est alors la période éclatante des croisés en Terre Sainte. Lorsque son fils est en âge de gouverner, elle refuse de lui donner ses droits et il doit déclarer la guerre à sa mère. (1204)
V) La future autoroute.
Nous la croiserons plusieurs fois le long de notre tioul d’aujourd’hui, en premier à la hauteur du mausolée de Mazor. Elle comportera six voies, trois de chaque côté et sera en partie payante. Les « Verts » s’élèvent contre cette autoroute qui détruira la nature environnante. Ce qui les gênent le plus ce n’est pas tant l’autoroute elle-même mais les échangeurs et les futurs commerces qui s’installeront tout autour et qui réduiront énormément les espaces vert environnant. L’idée de l’autoroute en soi est positive car elle permettra aussi, en temps de paix, de permettre à tous les pays voisins de traverser rapidement le pays. Un tronçon de cette immense autoroute passera aussi près de la forteresse de Koulé et pour cela une bonne partie de la forêt du même nom à déjà disparue.
VI) Le mémorial des "28" dans la forêt de Koulé.
28 soldats sont tombés dans les batailles de Koulé contre la légion arabe en juillet 1948 pour la libération de la ville de Jérusalem. Le mémorial a pris le nom de coah (28 en hébreu) mais une autre hypothèse affirme qu’il y a eu dans cette bataille contre la légion arabe 32 disparus.
Tout autour du mémorial K.K.L. a planté des petites poussent qui deviendront des arbres. En attendant, pour les protéger du vent, du froid de l’hiver et des animaux qui pourraient s’en nourrir, le K.K.L. les entourent d’un abri en plastique. Lorsqu’ils atteignent assez de résistance pour se protéger eux-mêmes, on leur enlève leur abri. Ici, des chênes ont été plantés, c’est un arbre qui grandit très vite et qui peut, au bout de vingt ans, être très fort et très grand. L’inconvénient est qu’il s’enflamme très vite, on en a eu la preuve plusieurs fois dans les forêts du pays et principalement dans celle de Jérusalem, près de Maalé Hahamisha.
VII) Des carrières de Bareket.
On pénètre au Cœur de la carrière qui est encore en activité. Face à nous de très grands compartiments de béton où les pierres sont triées. De l’autre côté, un terrain de champ de tir appartient à la police nationale ; ici les hommes viennent apprendre à tirer et à s’entraîner. Au milieu du terrain un énorme parterre de lupins blancs.
La carrière est une carrière de craie et en l’observant on voit que les blocs de pierres n’avaient qu’à être détachés pour être incorporé dans les bâtiments ou forteresses, ils ont en général, la bonne taille et la bonne forme.
VIII) La mare d'hiver.
Elle se trouve derrière la carrière de Bareket et l’eau abondante de ce bassin n’est que saisonnière mais elle permet à la nature environnante de s’épanouir. A l’intérieur du bassin on trouve des invertébrés, des grenouilles et des plantes d’eau. En fait, c’est une ancienne carrière qui a été aménagée en piscine et en bassin collecteur selon les occupants des différentes époques, des Romains jusqu’aux Arabes. Le plâtrage date de l’époque byzantine. La mare a peu près deux mètres de profondeur.
IX) Les fleurs.
En cette fin d’hiver et après les pluies abondantes des journées précédentes les champs sont remplis de toutes sortes de fleurs comme : Savyionit ou Séneçon (plante ornementale à fleurs jaunes), Shoumar ou aneth (fenouil), Hardal, des fleurs de moutarde, Tiltane, des trèfles, Irit Gdola, des genres de lis (herbes vivaces à bulbes, plantes ligneuses dont les fleurs ont le goût de beurre de cacahuète), du Pishta, lin rose, Sirpad, des orties, Talmid ou mauve, Haratsit ou marguerite, Barkan ou chardon, Nourit ou renoncule d’Asie de couleur rouge, Calanit ou anémone, Péreg ou coquelicot, Dmoumit ou adonide et enfin des Tourmous lavane ou Lupin blanc.
Moyen de les reconnaître :
1) L’anémone (calanit) a un petit feuillage sous sa fleur, en grandissant son feuillage reste à la même place et à l’intérieur, tout autour de son cœur noir un cercle blanc s’élargit lui aussi au fur et à mesure que la fleur vieillit (floraison fin janvier à fin mars), la première fleur du printemps.
2) La renoncule d’Asie (nourit) est rouge avec le cœur marron, (floraison de mi-mars à début avril), elle apparaît juste après l’anémone.
3) La Dmoumit (adonide) (floraison fin mars-début avril), elle apparaît toujours après l’anémone.
4) Quant au coquelicot (péreg) il a une petite feuille verte attenante à chaque pétale et des taches noires à la base de ses feuilles (floraison en avril), la dernière des quatre fleurs rouges.
Andarta Giv'at Coah - Koulé.
Le 10 juillet 1948 le commando 89 et les forces de la brigade Alexandroni ont conquis le village arabe de Koulé afin de protéger le pays.
Le 16 juillet au matin l’infanterie et les tankistes de la légion arabe ont contre-attaqué le bataillon 32 appartenant à la brigade Alexandroni qui était sur place.
Le 17 juillet au matin deux détachements de la brigade Alexandroni essaient de reconquérir Koulé en attaquant le village au nord-est mais la légion arabe les oblige à reculer à l’est de Koulé.
Le 18 juillet deux détachements de la brigade Alexandroni aidés de quatre tanks reconquièrent définitivement Koulé.
Dans les batailles de Koulé 28 soldats de la brigade Alexandroni sont tombés d’où le nom du mémorial (28 = כח).
Dans le cas de la bataille de Nébi Yosha comme dans celui-ci il y a une incertitude sur le nombre de soldats disparus, certains pensent qu’ils sont au nombre de 32.