Nahsholim

 Visiter ce musée c'est aussi se promener dans un kibboutz verdoyant où se trouvent des chambres d'hôtes, c'est se retrouver au centre du pays sur la côte entre Netanya et Haiffa, aux pieds des hauteurs du mont Carmel, c'est un endroit où il fait bon se baigner dans sa crique face à de petits ilots de terre.

 

Un peu d'histoire

Au centre de ce kibboutz un bâtiment en pierres taillées domine l’environnement. C'est l'ancienne usine qu’Edmond de Rothschild a fait construire en 1891 afin d’y fabriquer des bouteilles (de vin). Ce sera, de sa part, le seul essai de créer une entreprise dans la région de Zihon Yaacov. Son but était d’installer des pionniers prés d’ici. L’usine ayant des difficultés et les employés souffrant de la malaria, l’usine qui portait le nom de Tantoura a été obligée de fermer ses portes et elle a été abandonnée en 1896 mais l'ossature extérieure du bâtiment est conservée et sert aujourd'hui de musée historique.

  

Pendant la guerre d’indépendance, le village arabe de Tantoura a été conquis par T.s.a.h.a.l. Le kibboutz Nahsholim est fondé à sa place. Tout prés de lui, le moshav Dor voit le jour en 1949.
Le bâtiment fondé par le baron Rothschild est délaissé pendant plus de 80 ans. Il reprit vie grâce à un membre du kibboutz. L'initiative de ce musée vint de kourat Rava, kibboutznik de Nahsholim. Maintenant on y visite le musée, le centre de recherches archéologique sous-marin et on y admire les céramiques, les statuettes, les objets trouvés dans les fouilles de Tel Dor. C’est le musée historique de la région.
Dans la partie sud du bâtiment on peut voir l’atelier de sculptures d’Arié Varblovski.

 

Le musée

Ce musée contient toutes sortes de fouilles sous-marines, celles du tel Dor et de Tantoura dans ce bâtiment qui fait partie de l’histoire sioniste. L’exposition des photos, les documents, la verrerie, retracent l’histoire de l’essai de l’implantation et le développement industriel qu'avait souhaité le Baron Edmond de Rothschild.


        


A l’issue de sa lamentable expédition en Palestine, Bonaparte, pour alléger la retraite forcée de son armée, fit jeter à la mer, près de Dor, une partie de son artillerie. Son armée venant de saint Jean d'Acre et allant vers Jaffa en 1799 abandonna le contenu du bateau. Il semble plutôt que les pièces retrouvées correspondent à l’armement de vaisseaux coulés par les Anglais. Une salle intéressante est celle où sont exposés des canons, des fusils, d'autres armes et différents éléments d’approvisionnement remontés par l’équipe des scaphandriers du centre de recherche.

Une autre aile du musée est consacrée aux fouilles archéologiques sous marine trouvées par la même équipe de scaphandriers de Nahsholim. La grande collection d’ancres, les amphores, des parties de bateaux et de l’attirail impressionnant nous montrent la grande activité du port de Dor dans les périodes les plus reculées.

Dans une autre aile nous sont présentées les fouilles du tel Dor. Une grande ville portuaire sur la côte d’Israël. La ville a été fouillée dés 1980 par l’équipe de l’université hébraïque de Jérusalem avec à sa tête le professeur Ephraim Stern et la collaboration de l’université américaine. Dans l’exposition nous pouvons voir plusieurs objets de civilisations successives de cette ville dès l’âge de bronze jusqu'à la période arabe. Entre elles: des idoles, plusieurs jarres de stockage, des lampes à huile, une grande collection de pierres balistiques, des bijoux, etc... Il est également possible de s’inscrire pour participer aux fouilles auprès de l’équipe de recherche.

Dor a été une agglomération qui a existée dès 1.600 avant l’ère chrétienne. Il semble qu’Avinadav l’un des douze généraux de Salomon chargé du commandement de toute la région était originaire de cette ancienne cité cananéenne qui prit le nom de Dora à l’époque phénicienne. Détruite au 4ème siècle la cité rebaptisée Tantura servit d’appui au château de merle qu'édifièrent les croisés. (Le village arabe de Tantura, non loin du site, fut abandonné en 1948.)

De cette construction du 11ème siècle, subsistent les ruines d’une grande tour ainsi que celles de plusieurs bâtisses voûtées. Les fouilles conduites par le département des antiquités à l’époque du mandat britannique ont mis à jour les vestiges d’un théâtre romain, d’un port antique, d’une sorte de piscine aménagée entre les écueils et d’une basilique du 3ème siècle aux colonnes brisées de grès et de granit. Le plus intéressant des édifices est le théâtre, dont les proportions étaient imposantes (60 mètres de diamètre) et qui faisait face à la mer, tout comme celui de Césarée, le dallage de l’orchestre et certains parements de marbre de la scène ont été exhumés.

La couleur pourpre ou Argamane

Dans ce musée il est expliqué la méthode de fabrication de cette couleur et son importance.
On y péchait alors le murex sur cette partie de la côte dont on tirait le pourpre qui assit non seulement sa renommée, mais aussi celle des teinturiers juifs de Palestine au Moyen Age.

 

 

Colorant sécrété par les pourpres, ou Murex, mollusques gastéropodes marins. Les propriétés du murex étaient connues depuis la moitié du IIe millénaire à Ugarit, mais surtout à partir du 1er millénaire sur les côtes de Phénicie, où Tyr et Sidon eurent rapidement le monopole de la teinture des tissus. Ces villes ne furent pas seulement des étapes de la route de la soie pour les nécessités du transit vers le monde occidental, mais aussi parce que la soie pouvait y être teinte.

Pour extraire le colorant, les Anciens cassaient la coquille des murex et laissaient macérer les mollusques dans des bassins. La teinture ainsi obtenue pouvait varier du rose au violet en passant par le cramoisi au moyen de différents procédés. L'histoire des teintures est marquée par celle de la pourpre, ce pigment dérivé de ce mollusque qui, dans le monde antique, servait à colorer les vêtements les plus précieux et était réservé exclusivement aux Empereurs. Cette pratique est à l'origine de l'expression servant à désigner le fils du souverain « Né dans la pourpre ».

La couleur pourpre représente dans le monde méditerranéen antique la couleur de la royauté. Le sanctuaire des Juifs construit pendant leurs pérégrinations dans le Sinaï, le tabernacle, ne comprenait que des tissus et des cuirs pourpres ou écarlates (Exode, chapitres 35 à 39).

23 Tous ceux qui avaient des étoffes teintes en bleu, en pourpre, en cramoisi, du fin lin et du poil de chèvre, des peaux de béliers teintes en rouge et des peaux de dauphins, les apportèrent.

Cinq couleurs sont mentionnées dans la Bible, le rouge "adom", le jaune "tzahov", le vert "Yarok", le bleu "tchélète" et le violet ou magenta "argamane"