Benyamina. "L’association pour garder et conserver le passé de la moshava" a pris l’initiative et a insisté pour créer le musée des "Noterim"
Benyamina a été fondée en 1922 et porte le nom du Baron Benyamin Edmond de Rothschild connu sous le pseudonyme " du bienfaiteur ". Le baron a investi d’importantes sommes d’argent dans l’implantation de cette région pour fonder une ville nouvelle qui est aujourd’hui Benyamina. Pour cela il a acheté 20.000 mètres carrés de terre entre Hedera et Zirhon Yaacov qu’il a appelé « La grande place publique» Il était conscient des efforts immenses qu’il lui faudrait soutenir pour assécher les marais de Cabéra et pour que la malaria disparaisse de la région. Dans la réalisation de son rêve, il a été soutenu par les pionniers de la ville, par ses "Gens " (son personnel) et par tous ceux qui l’entouraient. Des groupes de jeunes gens qui avaient fait des études agricoles à Mikvé Israël, en Californie et en Hollande, des investisseurs qui aspiraient à redonner une nouvelle vie à la terre d’Israël ont adhérés à son projet. Pour la cueillette du jasmin qui était destiné à l’usine de parfum fondée par le Baron il a fait venir des personnes de Russie. Les membres de ces familles se sont installés dans le quartier de Yaacov dans la moshava de Benyamina. Parmi elles, certains ont travaillé dans le bâtiment et dans les carrières, d’autres ont drainé le sol où pavé les routes. Ces derniers ont habité dans le quartier de Givât Apoél.

Le poste des Gardes "Noterim" 1936-1947
Construit en 1922. En 1936 ce château d'eau a servi de centre aux Gardes (Noterim). Ils ont entreposé les armes au premier étage. Le poste des Gardes de la région était le centre des différentes activités au moment de l'indépendance. Le toit servait de tour de garde et c’est de là haut que le contact avec les alentours s’est maintenu. D'ici les pionniers ont été alertés pour sauver des personnes de Givât Ada lors des émeutes de juillet 1938. Du haut de cette tour, haut point de surveillance, ils ont correspondu en morse avec les personnes des villages avoisinants comme Kanir, Kfar Akouri, Safarim. Benyamina a été un point important dans la région pour les Gardiens grâce à sa gare. Jusqu’en 1938, il n'y avait pas de route, le seul moyen de transport était le train et Benyamina a été la gare entre Tel-Aviv et Haïfa. En 1936, les Anglais se sont rendu compte qu’ils ne pouvaient plus protéger les Juifs des arabes et ils leurs ont proposé de se défendre eux-mêmes en leur donnant des armes, une paye annuelle, le choix de leurs hommes et en les inscrivant sur leurs listes de soldats. Ainsi a été fondé la police des implantations juives et les "Noterims". Le montant de la paye a été de 6 lires par mois ce qui représentait une énorme somme. La garde mobile s’est contentée de faire des tournées. Dans la journée ils ont travaillé pour l’armée anglaise et la nuit ils ont protégé toutes les implantations environnantes.
Le château d'eau
Le poste des Gardes se trouve à l’intérieur de l’ancien château d'eau qui se situe sur une colline au milieu de la moshava. Il n’en reste que le pourtour et quelques poteaux intérieurs. En 1920 Benyamina a été incluse dans "Le système de défense de Samarie" que commandait la ville de Hedera. Lors des événements de 1929, il y avait à Benyamina 60 "Havérim " ou Gardes pour la défense de l'implantation et entre eux un grand nombre de civils. Lors de ces événements, ils n'ont que reçu 20 fusils pour se battre. Les premiers gardes ont été désignés pour leurs fonctions et se sont joints à eux les paysans qui, à tour de rôle montaient la garde. Pendant les événements de 36-39 la garde mobile des gardes a été fondée. Leur but était "sortir de la clôture" c’est à dire organiser une patrouille motorisée en dehors des implantations et aussi assurer la sécurité de leurs routes. Aman, la garde mobile de Benyamina a protégé la région entre Hedera, Pardess-Hanna, Bat-Shlomo jusqu’à Atlit. Ils avaient alors des tenders et plus tard en 1939 ils ont eu des blindés. Dans le cadre « Police des Installations Juives » le bataillon du Carmel à été mis en place ici. C’était le bataillon numéro 5. Il a fait parti de l’un des 50 postes de Gardiens des implantations qui se trouvaient entre la côte du Carmel et Haïfa. L’inspecteur anglais, le capitaine Drékaporer était en place à Benyamina et il était au courant des activités de la Haganah, de l’utilisation des armes, de l’activité des gardes. Les habitants de Benyamina et les membres de la Haganah ont distribué discrètement aux Anglais, lors des pauses, des boissons alcoolisées et des produits alimentaires pour les amadouer. Aux yeux de la Haganah ces petits avantages étaient essentiels. Dans cette moshava fonctionnait aussi l'unité des « Gardes du Carmel » (la garde du train) et le poste de la côte.

En 1948, les Arabes se sont sauvés et de nouvelles implantations se sont crées : Régavim, Amikan et Givât-Ada qui a beaucoup souffert des arabes des villages avoisinants. En 1938 ces derniers sont rentrés dans une maison, ont enlevé deux enfants en tuant le reste de la famille. Les gens de Givât-Ada ont appelé au secours en envoyant une fusée éclairante. De Benyamina le secours est arrivé avec beaucoup de mal car la voiture de garde était en tournée et il a fallu trouver d’urgence un autre véhicule. Ils sont arrivés à sauver les deux enfants et l’une d’entre elle a vécue de nombreuses années. Elle racontait que, traumatisée par cet événement elle n’a jamais voulu fonder de famille. Il y a eu aussi l’enlèvement de trois jeunes gens dont on n’a pas retrouvé la trace et pendant un an, les recherches se sont poursuivies en vain. Il a fallu attendre vingt ans pour qu’un arabe leur montre l’endroit ou ils avaient été enterrés après être assassinés.
Aujourd'hui, dans le château d'eau se trouve l’exposition des activités des Gardes par catégorie : les Gardes du train, les Gardes de la côte, les Gardes mobiles. Cette exposition met en valeur les activités locales. D’autre part une autre exposition expose l’armement, l’équipement de sécurité utilisé par les «Noterim » et la reconstitution de la station d’émission secrète qui la protégée.
Le Beit Arishonim
Dans ce premier bâtiment reconstitué en petit musée, on trouve plusieurs ustensiles, ceux de la maison d'un pionnier et un équipement agricole qui nous montre son importance dans la moshava. Des photos de pionniers, des objets caractéristiques de cette période et une documentation historique.
Le Baron avait de très grandes expériences sur les moshavot et il décida que Benyamina serait un exemple de moshava. En 1922 le Baron choisit lui-même les pionniers qui devaient s’installer sur les lieux. Il les cherha au sein de noyaux qui, pendant un an, s’étaient entraînés au travail de la terre à Choni. Il choisit également quatre jeunes de Mikvé Israël, quatre de Zirchon Yaacov, quatre de Judée et enfin quatre de Galilée afin que chaque groupe apporte l’expérience de sa région d’une part et que, d’autres parts, qu'il n’y ait pas de conflits entre eux. Ces pionniers eurent l’avantage de recevoir un salaire annuel du Baron, une maison de deux pièces avec les toilettes à l’extérieur... (Avantage extraordinaire à cette époque) 5.000 mètres carrés de terre, une étable, une vache, 20.000 mètres carrés de terres agricoles, un demi are de jasmin y compris dedans. Ils asséchèrent les marais de Cabéra et c’est seulement après que le Baron commença à s’occuper de la moshava. Il fallut attendre la fin de la guerre en 1917 pour commencer à travailler dans la moshava.
Un autre groupe de pionniers arriva avec de l’argent, ils bâtirent leurs maisons de leurs propres deniers mais travaillèrent pour la moshava.
Le Beit Arishonim "La maison des Anciens" de Benyamina appartenait à une personne qui a crée ici une usine de savon. Très sioniste cette famille fit son alya de Russie. Leur maison qui sert aujourd’hui de musée est celle de ce couple riche, très riche même, venus de Russie avec leurs trois enfants. Deux filles ne supportèrent pas la vie au pays avec ses privations et ses contraintes et retournèrent en Russie. La troisième fille handicapée, resta au pays avec son père, sa mère étant morte entre temps. Le père décida de léguer tous ses biens à la moshava à condition qu’on prenne soin de sa fille qui était dans une maison d’handicapés. Ainsi fut fait.
Les pionniers n'étaient pas libres de leurs mouvements, tel a été le cas de Smouleswitz. L’histoire de la charrette est celle de Smouleswitz qui devait transporter des déchets de Choni à Benyamina. Le Baron l’a obligé à remplir la charrette au maximum et l’employé refusa expliquant à ce dernier que le cheval n’arriverait pas à tirer une telle charge. Pour cela le Baron le punit en l’envoyant au « point B». (Les secteurs étaient divisés en trois. Le meilleur point A, le plus dur point C.)
La synagogue. (Magnificence de Benyamin).
Elle a été fondée et financée par le Baron à l’emplacement demandé par le rav Abraham Kook, premier et principal rav ashkénaze du pays. La construction du bâtiment est impressionnante et l’ameublement est d’origine. Les femmes avaient aménagé sous le plancher des cachettes d’armes.
"L’association pour garder et conserver le passé de la moshava" a pris l’initiative et a insisté pour créer le musée des "Noterim" de manière vivante. C’est une partie de préservation et de reconstitution des lieux de la moshava. Merci à monsieur Meyer Poleg, un Monsieur qui a été commandant du poste des gardes de Benyamina depuis sa création jusqu’en 1936 puis jusqu’à sa fermeture en 1948 qui a fait de nombreux dons de documents et a participé à la mise en œuvre lors de l’organisation du musée.