La moshava de Yavnéel est un havre de paix, une halte très agréable avant la descente sur Tibériade.

 

Dans la Moshava de Yavnéel le fils d'un couple de pionniers Doudou Kostistski 4ème génération à Yavnéel reprend le flambeau de ses parents en invitant les visiteurs (sur rendez-vous) à revivre la fabuleuse expérience des pionniers dont ses parents ont fait partis en créant ce village. Yavnéel se trouve sur la route qui part de Kfar Thabor pour arriver au lac de Tibériade, la route 767 qui traverse une grande partie de la moshava  pour aboutir au sud du Kinnereth. Il est facile de reconnaître le village car il est construit en pierre de basalte, résultat des éruptions volcaniques de la région.

 

Selon la bible les terres de Yavnéel ont été attribuées à la tribu de Naphtali :

Josué Chapitre 15 Paragraphe 11

...de là, elle gagne le coté Nord d’Ekron, s’infléchit vers Chikkeron, vers la montagne de Baala, vers Yabneel, et se termine à la mer.
 
     

 

Abraham Kostistki monte au pays à la fin du 19ème siècle et a été l’un des piliers des entremetteurs du groupe des fondateurs de Yanéel pendant plusieurs années.

Mère des moshavot de basse Galilée Yavnéel a été crée en 1901 par des agriculteurs originaires de Roumanie et de Bulgarie avec le soutien de la société I.k.a.i (Association de colonisation juive en Palestineet celle de "l’inspection générale des implantations de basse Galilée" Haïm Margaliot-Kalvarsky qui devient directeur de la société  I.k.a.i et  responsable de la région de la Basse Galilée a été un maillon de la chaîne qui a fondé les premières implantations juives en Israël. Yavnéel a été dans la vague des dernières moshavot crées lors de la première Alya (1901-1904). Sept moshavot ont été fondées par la Société I.k.a.i qui était dirigée par le baron Hirsh et cinq d’entres elles ont vu le jour par les soins de Margaliot Kalvarsky.

Les premiers habitants de Yavnéel avaient tenté de s'implanter dans le Hauran à la fin du 19ème siècle mais les difficultés et surtout les autorités turques et les violences exercées par les Arabes et les Bédouins contre les biens et les personnes les avaient chassées de cette région située dans l'actuelle Syrie. Ils durent donc abandonner leurs colonies pour se retrouver plus près du nouveau Yshouv (population juive en Palestine). Une partie allait se retrouver temporairement à Métoulla   et une autre à Safed. Finalement, ils créeront Yavnéel. La moshava a été fondée près d’un village arabe du nom de Yaama sur des terres que les Arabes appelaient : Une bonne terre bien féconde. D'après les souvenirs de la famille Sheper, une des familles de pionniers de la ville, une discussion anima alors les fondateurs quant au fait de rester sur les lieux ou de les abandonner. Les tergiversations prirent fin par ces propos : « Nous n'avons pas de maisons, mais nos enfants en auront une ! Et si ce ne sont pas nos enfants, alors ce sera le cas pour nos petits-enfants. Si nous ne bâtissons pas, il n'y aura jamais de maisons ! ».
 

   

En 1932, la découverte d’eau dans la moshava de Yavnéel déclencha une véritable révolution agricole pour les pionniers. Le plus dur dans la création de cette implantation ont été les conditions climatiques car à cette époque, elle était désertique, pas une goutte d'eau, pas un arbre qui donne de l'ombre, pas un brin de verdure qui amène un peu de fraicheur, il n'y avait que l'hostilité des Arabes.

Durant les événements de1936, trois des habitants de la ville sont assassinés. En leur souvenir est créé en 1937 , sur les terres de Yavnéel, le moshac Mishmar Haslosha "La garde des trois".

Yavnéel représente la ville centrale de la Basse-Galilée à l'époque de la deuxième Aliyah elle est aussi la base de l'organisation Hashomer.

Après la création de l'État d'Israël, Yavnéel se joint au niveau administratif à trois autres villes, chacune gardant son autonomie propre : Smadar, Mishmar Hashlosha et Beit Gan. La majeure partie de ses habitants travaille les terres. Dans les années 2000  s'est jointe une communauté de Juifs  orthodoxes du mouvement hassidique de Brastslav.

 

Beit Gan, une moshava se trouvant mitoyenne à Yavnéel

C'est l'une des sept moshavot crées en basse Galilée avec Kinnereth, Ménéhamïa, Yavnéel, Kfar Thabor, Sédjéra et Mitspé. Ces sept villages ont été fondés en un temps record car l'agriculture permettait aux pionniers de gagner leur vie. Chacun d'entre eux reçut 300 ares de terre agricoles, un terrain de construction, une maison, une ferme et du matériel agricole.

 

C’est grâce au philanthrope Edmond de Rothschild que les 17 familles venues de Russie ont pu créer la moshava de Beit Gan en 1904. Ce fut une implantation « Tours et Enceinte  » construite en pierre  de basalte et en craie. Avec eux s’installèrent des "Sobotnikim" Les chrétiens observant les commandements du judaïsme. Ils avaient un grand amour pour la terre d’Israël et étaient très sionistes à tel point qu'Igorov, le forgeron Sobotnikim incrusta sur son portail une étoile de David et des Tables de la Loi.  Puis les moshavot de Mishmar A Shlosha (1934) et Smadar (1956) virent le jour. Au début des années 50, grâce à la grande vague d’immigration en Israël, de nouveaux quartiers pour nouveaux immigrants se créèrent tout autour des deux premières moshavot et l’ensemble prit le nom de Yavnéel.
 
 

 

Le mont Apro'kator.

En 1936, la Haganah a installé ici une position, sur la  petite hauteur du mont Apro'kator pour protéger la population de la moshava de Beit Gan. Près d’elle se trouvait le poste de transmission (morse) qui était reliait au commandement de la ville de Safed. Ce poste a été construit sur le site archéologique de Hirvat Beit Jan. Des fouilles ont été entreprises sur place par l’université du Texas et il  y a été découvert des vestiges depuis l’époque de bronze jusqu’à l’âge de fer.

C’est ici, à Yavnéel, sous un superbe et énorme mûrier que l'organisation militaire de la Haganah vit le jour.

 

Un bâtiment de deux étages construit en 1904 servait aux membres du village. Au premier étage la salle commune et la synagogue au rez-de-chaussée. Dans les années 90, ce bâtiment a été restauré par la Société de Conservation des Monuments Historiques et il est occupé aujourd’hui par un artiste de la moshava et sa famille.

Jusqu’à la première guerre mondiale un noyau de paysans russes se joignit aux membres de Beit Gan ainsi que le groupe Kadima.  Des pionniers Yéménites et 50 membres du Mouvement Shomer Atsaïr arrivèrent de Galaxie avec le bateau Karnolïa et s'installèrent ici.

Il faut se promener dans le village pour s'imprégner de l'ambiance et devant chaque bâtiment un panneau d'information en hébreu et anglais décrit son utilisation.

Gan Yavnéel.

C’est une maison qui date de 1904. Elle servait de bureau administratif au personnel du Baron. Après la première guerre mondiale les locaux ont été occupés par la police britannique, puis en 1934 ce fut les Noterim qui les remplacèrent et c’est seulement après la guerre d’indépendance que l’école maternelle fut ouverte à cet emplacement. Dans les années 80, la maison fut restaurée dans un mélange de style ancien et nouveau.
 
  

 

L’école Naphtali.

Construite en 1908 l’école provoqua de nombreuses discussions quant aux futures études qu’il y serait pratiqué bien avant la fin de sa réalisation. A ses cotés une salle d’études traditionnelles existait déjà pour les enfants des paysans. Elle est construite en forme de H - ח - et après on lui rajouta un toit. Plus tard l’ancienne cour de récréation fut transformée en entrée principale.

 

Beit Aham

Ce bâtiment construit au début des années 30 servit de maison populaire et de refuge en cas de nécessité. Au moment de la déclaration de l’indépendance, la population regroupée autour du poste de radio dans cette pièce se mit à danser une Hora de folie. Au moment de la guerre d’indépendance les locaux furent occupés par les officiers de la brigade  « Golani »  et  celle de « l’aviateur de Galilée » qui combattaient dans le nord.

 

La maison des Anciens.

Ce bâtiment construit en 1904 servit tout d’abord de dispensaire puis d’école, plus tard les enseignants logèrent sur place. Pendant les événements de 1936-39 les Yéménites du quartier se joignirent aux membres de la Haganah pour combattre les agitateurs.
 

 

Partie de l'enceinte de la muraille.

Une petite partie du mur d’enceinte qui entourait la moshava de Yavnéel reste encore visible. Les membres de la moshava décidèrent que les ouvertures (Pich-Pach) de la muraille seraient très étroites et très basses pour que seul, un homme puisse y passer ce qui éviterait le vol des animaux et du matériel par les bédouins.  En 1920, les pionniers cassèrent le mur d’enceinte pour agrandir la moshava.

 

Le Hamam ou les anciens bains.

Construit en 1925, les bains étaient utilisés par tous les paysans de la moshava. Ce bâtiment a été classé monument historique et il est utilisé aujourd’hui comme salle d’archives de Yavnéel. Sur la façade on peut apercevoir le chauffe-eau d’origine du Hamman.

 

La synagogue.

Fondée par le baron Edmond de Rothschild dans les années 30, elle se trouve près de l’école Naphtali dans la rue principale. Comme toutes les synagogues des villages créent par les Rothschild, elle est de pur style européen.

 

A l’époque ottomane un des bâtiments de Yavnéel était réservé à l’administration qui s’était installé là pour taxer la population de la région. Lorsque les Anglais occupèrent le pays, ils y installèrent un poste de police.

 

-Lévy Eschol est le fondateur de tous les châteaux d’eau du pays.
 

 

Le sculpteur Simon Drori.

Nous visitons l’atelier de Drori au sein de sa maison où se trouve une quantité de sculptures en tout genre, toute matière et toute grandeur.

Drori Shimon, membre de la Société des artistes et des sculpteurs est né dans la vieille ville de Jérusalem. En 1935 il finit ses études artistiques à l’université de Haiffa et suit un séminaire d’enseignants à l’université hébraïque de Jérusalem. Il participe à un travail communautaire dans une école sociologique. En Italie il suit des cours dans un atelier de marbre carrare.

C’est un grand sculpteur qui a crée plus de onze mémoriaux dans le pays dont plusieurs à Jérusalem, Haiffa et Kiriat Tivon. Il a exposé plus de 40 sculptures dans le centre commercial Castra. Chaque année il participe au concours des sculpteurs dans la forêt de Maalot. Il a présenté plus de vingt expositions en Israël et dans le monde.

Il sculpte beaucoup de formes d’hommes ou d’animaux, des sculptures d’environnements en marbre de Carrare, en coulée de béton, en bois ou encore en métal Devant son portail un mémorial de l’Intifada représentant une énorme main qui s’accroche à deux rochers superposés. (Béton sur basalte)

La sculpture du cheval et la charrue a été sculptée par Drori en souvenir d’Emmanuel Kramer.

 

La maison abandonnée.

Cette maison qui est dans un état lamentable a connue des jours plus glorieux puisqu’elle abritait un des plus grands poètes de l’époque : Yémima Tsernovitch. Il y avait un grand hall et deux chambres et selon le système russe la cuisine et les toilettes étaient à l’extérieur car il était impensable à l’époque que les toilettes fussent à l’intérieur d’une habitation.