CADOURIE.
Au début du 19ème siècle deux moshavot seulement existaient en basse Galilée, Mezra (1916) et Sédjéra, elles étaient éloignées l’une de l’autre et avaient beaucoup de mal à se protéger des gangs arabes qui les attaquaient sans arrêt.
A l’époque ottomane, un caravansérail (Hanout Tougarim) a été construit pour héberger les voyageurs qui venaient d’Egypte et qui se rendaient à Damas ; Un grand marché qui a fonctionné jusqu’en 1920 avait lieu tous les lundis et les jeudis. Les pionniers de Sédjéra ont essayé de s’installer à cet emplacement mais de nombreuses difficultés les en ont empêchés et ils durent abandonner les lieux.
Les Anglais ont acheté 2000 ares de terre aux pieds du mont Thabor aux propriétaires de l’Ordre des religieux du Thabor de manière à expulser les Arabes qui habitaient sur les pentes de la montagne.

Elie Cadourie, Juif naît à Bagdad et résidant à Hong Kong était un membre très actif dans les communautés de sa ville et il s’occupait de récolter des dons pour les Juifs d’Israël. Il décida de léguer 1/3 de sa fortune pour l’enseignement en Israël, cette fortune répartie pour tous les élèves du pays, aussi bien Juifs que musulmans. Il légua cent mille lirot israéliennes en 1922 ce qui représentait une véritable fortune. Deux centres d’études agricoles furent crées grâce à ses dons; le premier à Tulkarem, le deuxième à Cadourie et les Anglais sous la direction d’Herbert Samuël, décidèrent de construire une des écoles entre les deux moshavot existantes en basse Galilée près du mont Thabor, sur les terrains leur appartenant, près d’un village arabe qui a pris aujourd’hui le nom de Sibli. (Herbert Samuël, ancien ministre dans le Cabinet de Guerre britannique, Juif de surcroît, Haut commissaire, gouverneur de Palestine de 1920 à 1925, premier Juif depuis 2.000 ans à pouvoir exercer le pouvoir politique en Israël, Il luttera contre le décret du Livre Blanc en 1939)
Il y eut de nombreuses discussions entre les membres de la Histadrout (syndicat) Sioniste et le gouvernement anglais pour décider de toute l’organisation de ces futurs centres d’études agricoles. Il fut question d’ouvrir une école à Jérusalem mais le Gymnasia de Jérusalem existant déjà la proposition fut refusée. La Histardrout obtint que les cours soient donnés en hébreu, que les enseignants et le directeur soient Israéliens, que les élèves étudient aussi les coutumes et traditions juives, que des mézouzot soient posées sur le montant des portes et que 80% des ouvriers pour la construction du bâtiment soient Juifs. Le premier directeur de l’école fut Shlomo Tsémah qui, comme David Ben Gourion, Itsrak Ben Tsvi ou encore Berl Katznelson vinrent de la ferme modèle de Sédjéra pour y travailler. Agronome, Shlomo compléta ses études à Paris avant de revenir enseigner à l’école de Cadourie en 1933. Il démissionna en 1938 car la bureaucratie entre le Yichouv et les Anglais devint insupportable.
Cette école était très prisée car les prix étaient beaucoup plus abordables que dans les autres établissements. Seuls 25 élèves par section étaient acceptés sur les 200 qui se présentaient, c’était une école de garçons, uniquement, qui prit à cause de cela le surnom de couvent ; les seules filles que les étudiants rencontraient étaient celles de l’école de Nahallal et les seuls garçons ceux des compétitions de Foot contre les étudiants de Tulkarem.
1.400 élèves vinrent de tous les villages de la région étudiaient ici 8 ans (de la classe de 5ème jusqu’en terminal et deux ans après le bac). L’internat recueillit les enfants de familles nécéssiteuses, des immigrants d’Etiopie, des Circassiens, des Druzes, des Bédouins et des Arabes chrétiens et musulmans.
L’école de Cadourie comprend aujourd’hui encore trois sections : Une école, un internat et un secteur agricole. On y trouve un centre sportif, un centre musical, un terrain de Football un amphithéâtre contenant 1400 places.
Houstin Berk Harrison architecte, représentatif du style colonial à cette époque (1917-48) a construit le musée Rockefeller, la résidence du Haut Commissaire à Jérusalem, les stations de police à travers le pays et les écoles de Tulkarem et de Cadourie. Les bâtiments sont discrets et monumentaux, construits dans les matériaux du pays, certains détails de l’architecture locale islamique sont subitement incorporés dans des détails techniques de construction hautement élaborés. Leur style est solide, ancré dans le pays et ses traditions.
Dans l’enceinte de Cadourie le bâtiment des Noterim (policiers) est d’origine ainsi que l’étable un peu plus loin, le silo et une cachette d’armes.
Si l’école de Cadourie est encore en fonction de nos jours, celle de Tulkarem ferma ses portes pendant la deuxième guerre mondiale, le bâtiment est à l’abandon.
Sur de nombreuses plaques, on lit de nom de Catsourie et non Cadourie, cela vient de la langue arabe qui transforma le dour en tsour.