Sans doute,  le  président iranien, a réussi   à  provoquer un esclandre international grâce à son discours anti-sémite et anti-israélien, la semaine dernière, à la conférence onusienne à Genève. Mais ce qui est moins connu c’est  que son discours a aussi  fait l’objet de vives  critiques  auprès de certains  intellectuels  arabes modérés  mais  aussi des personnalités iraniennes  qui n’ont pas  hésité à  manifester  leur colère contre Ahmadinejad.
 

Les protestations arabes  contre  les propos funestes  du  dirigeant  iranien  se sont manifestées surtout dans la presse arabophone en  «  exil », qui bénéficie certainement d’un vaste  champ de liberté.
 
Ainsi nous pouvons lire,  par exemple, dans un quotidien arabophone  Londonien,  cet  article qui est mis en ligne car il porte représentatif de l’état  d’esprit de certains intellectuels, dans la région,  face au nain persillé qui rêve de se nucléariser.
 
 
(..)  "A quoi peuvent donc bien servir les paroles du président iranien pour la question palestinienne ou le retour des territoires arabes conquis?" s'interroge le 21 Avril 2009, Tarek el-Hamid, le rédacteur en chef du grand quotidien arabe, Asharq al-Awsat, qui reproche également à Ahmadinedjad de n'avoir réussi qu'à "unifier la communauté internationale autour d'Israël".
 

Tarek el-Hamid précise  "Lorsque le président iranien, Mahmoud Ahmadinedjad, a discouru hier, en attaquant Israël et décrivant l'Etat hébreu comme raciste - au cours du Sommet contre le racisme dénommé "Durban II" - il s'est plus adressé à nous-mêmes qu'à la communauté internationale (…) Ce qu'il a dit hier constitue une version allégée des paroles qu'il prononce régulièrement.
 
(...)  Le président iranien a déjà promis par le passé d'effacer Israël de la carte, l'a décrit comme illégitime, a affirmé qu'il ne pourrait subsister, et que la Shoah n'était qu'une fable
 
(…) Les arabes ont fait six guerres à Israël, en dehors des dernières opérations qui doivent également être considérées comme des conflits armés. Nous avons compté des centaines de milliers de morts et de blessés. Nos villes et nos terres ont été conquises et nous avons perdu des trésors extraordinaires.
 
Est-ce que des paroles nous servent à quoique ce soit aujourd'hui ?
 
Est-ce que l'Iran a perdu ne serait-ce qu'un seul arbre dans la lutte pour la Palestine ?
 
Téhéran a-t-il sacrifié ne serait-ce qu'un seul mort au front contre Israël ?
 
Notre mémoire à court terme nous rappelle que les Iraniens n'ont pas participé à la dernière guerre à Gaza, sur instruction des plus hautes autorités de l'Iran" accuse encore Tarek el-Hamid, qui conclut son éditorial sur l'affirmation : "Nous avons besoin d'actes et non de paroles".
 
Signalant enfin que l’écrivain d’origine égyptienne, Magdi Khalil,  avait déjà critiqué,  avant même la tenue de cette conférence, le 19 avril dernier,  l'invitation d'Ahmadinejad à Durban II en déplorant qu’un président raciste soit invité à participer à une conférence contre le racisme :
 
« Tout d'abord, il me semble évident que les délibérations se focalisent sur Israël, sur la base de ce qui s'est passé en Afrique du Sud en 2001.  La deuxième chose qui est très claire est la présence du président iranien.  Ce président raciste va participer [à une conférence] contre le racisme.
 
(…) Permettez-moi de déclarer très simplement que la conférence d'Afrique du Sud s'est focalisée sur la question du sionisme, de savoir si sionisme équivaut à racisme. Mais nombreux sont ceux dans le monde qui estiment que la loi religieuse islamique telle qu'elle est appliquée en Somalie,  en Afghanistan,  au Soudan  et  en Arabie saoudite,  est pire que le racisme ».
 
Extraits d'une interview de l'écrivain américano-égyptien Magdi Khalil, diffusée sur Al-Jazeera le 19 avril 2009.
 
 
 
Pour les critiques iraniennes  contre  Ahmadinejad ; elles émanent surtout des personnalités politiques opposantes qui se demandent aujourd’hui qu’a fait Ahmadinejad de positif qui pourrait amener la communauté internationale à laisser entrevoir un dialogue avec l’Iran et lui  tendre la main ? C’est la question que pose aujourd’hui certains nombres d’iraniens, en l’occurrence, les milieux réformateurs à l’instar de Mohammad Khatami, qui a ouvertement critiqué l’actuel président Mahmoud Ahmadinejad et parlant de l’isolement du pays sur le plan international.
 
Depuis son élection, le président iranien n’a jamais été invité dans un pays occidental. Il n’a pu se rendre qu’à quelques  réunions internationales: une session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, une réunion de la FAO à Rome… et récemment à  la Conférence sur le racisme à Genève. Cette personne s'est de nouveau discréditée elle-même par l'incitation à la haine.
 
 
Le Président iranien Ahmadinejad, qui a été autorisé à parler à la Conférence Mondiale contre le Racisme,  n’a pas échappé aux critiques de ses  propres compatriotes.
 
 
Le 20 avril 2009, le Conseil National de la Résistance iranienne a fermement condamné la présence à la conférence contre le Racisme, d'Ahmadinejad, le président du régime fasciste religieux au pouvoir en Iran. « Ceci est une insulte au combat du peuple iranien pour la démocratie, un affront à l'ONU et à tous ceux qui luttent contre la ségrégation raciale » a affirmé le Conseil National de la Résistance iranienne.
 
 
 
Mme Farideh Karimi, membre du CNRI a déclaré lors de cette conférence : "il est ridicule et écœurant qu'un des seuls "présidents" hôtes de la conférence contre le racisme soit Ahmadinejad. C'est désolant de voir qu'une dictature terrible qui impose à une nation un apartheid religieux et sexuel instrumentalise l'ONU et ses instances. Pourtant ce régime a été condamné plus de 55 fois par les instances de l'ONU pour ses pratiques systématiques de la torture et ses châtiments cruels".
 


M. Farideh a expliqué qu'Ahmadinejad a été lui-même un tortionnaire et un interrogateur à la prison d'Evine pendant les années 80 sous la fausse identité de Mirzaï. Il a déclaré qu'  Ahmadinejad venait constamment dans la section d'Evine, pour emmener des prisonniers sous la torture. M. Naderi qui a passé cinq années et demi en isolement a déclaré qu' Ahmadinejad, son guide suprême, Ali Khameneï et les autres dirigeants du régime devraient être jugés par un tribunal international pour crime contre l'humanité pour avoir participé au massacre des dizaines de milliers de prisonniers politiques en Iran, au lieu d'être reçu à une tribune à l'ONU pour justifier les graves violations des droits de l'Homme et l'exportation du terrorisme et de l'intégrisme. En continuant la complaisance avec ce régime intégriste, on lui permet de transformer la conférence contre le racisme à l'ONU en un instrument de propagande aux mains d'une des dictatures les plus terribles" a-t-il ajouté.
 
 
A propos du discours très controversé, aux tonalités violemment anti-israéliennes, du président iranien Ahmadinejad lors d'une conférence de l'ONU à Genève, L'avocate iranienne et Prix Nobel de la paix Shirin Ebadi a  elle aussi commenté: "J'aimerais qu'ils s'occupent des problèmes de leurs concitoyens, plutôt que de prêcher la haine." Maître Ebadi a raison puisque l'Iran est considérablement plus faible qu'il y a six mois à cause de la crise économique et de la chute du prix du pétrole.
 
 
 
 

Selon la presse modérée de Téhéran, un rival modéré de Mahmoud Ahmadinejad à l’élection présidentielle de juin prochain en Iran, Mirahossein Moussavi, s’est élevé contre la participation du chef de l’Etat sortant à "Durban II". Moussavi est partisan d’une ligne plus conciliante en matière de politique étrangère, y compris envers les Occidentaux, contrairement à Mahmoud Ahmadinejad.



Mehdi Karroubi, qui est  un autre candidat aux prochaines élections présidentielles, a accusé lui aussi Ahmadinejad d'avoir causé une grave détérioration aux relations de l'Iran avec la communauté internationale, suite à ses propos extrémistes.

 

Ce soir nous pensons à tous les opposants du régime iranien, hommes et femmes qui, par leurs courages , veulent  changer les choses dans leur pays et qui méritent notre respect. Un jour viendra où les Iraniens, eux mêmes, balayeront les ayatollahs sectaires et racistes.

 

 

Ftouh Souhail, Tunis