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Une fois n’est pas coutume : A l’occasion du 27 janvier (Journée internationale des victimes du nazisme) un enseignant tunisien , Mr Habib Kazdaghli ( en photo 1 ) professeur d'Histoire contemporaine à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de Tunis-Manouba , a publié un article dans un journal tunisien intitulé : « Le souvenir est le meilleur moyen de prévenir d’autres crimes » .
« Le souvenir est le meilleur moyen de prévenir d’autres crimes » : par Habib Kazdaghli
« Votée le 1er novembre 2005, par l’Assemblée générale de Nations-Unies, la résolution 60/7, intitulée « Mémoire de l’holocauste », a décrété le 27 janvier de chaque année « journée internationale de commémoration des victimes du régime nazi pendant la seconde guerre mondiale ».
Le choix de la date du 27 janvier est dû au fait que, ce jour là, en 1945, l’armée rouge avait libéré le camp d’Auschwitz (Pologne), le plus célèbre parmi les camps de concentration mis sur pied par les nazis dans divers pays d’Europe qui étaient sous leur domination.
A l’instar des autres journées instituées par l’ONU, telles que la journée internationale des Droits de l’Homme, la journée internationale de la femme etc…, au cours de cette journée du 27 janvier, l’Humanité entière - Gouvernements, partis politiques, syndicats, société civile et peuples- sont conviés à prendre une part active à des cérémonies de commémoration et de souvenir de la Shoah, qui ont eu désormais un peu partout dans le monde et plus particulièrement en Europe, lieu de déroulement de ces crimes abominables.
En ce qui concerne la Tunisie,. Il faut rappeler que les Nazis sont passés chez nous, qu’ils y sont restés pendant six longs mois, au cours desquels ils ont organisé des rafles sauvages contre nos concitoyens juifs (en particulier à partir du 9 décembre 1942), qu’ils ont mené de force et sous la menace plus de 4000 personnes, réparties dans plus de trente camps de travail obligatoire. Ces camps étaient ouverts dans presque toutes les régions du pays, où périrent plus de 50 travailleurs sous les bombardements ou suite à des exécutions sommaires effectuées par leurs gardiens allemands.
Même s’il n’y a aucune comparaison entre ce qui s’est passé en Tunisie et le sort subi par des millions de juifs et d’autres minorités en Europe, il faut rappeler à cette occasion que dix-sept déportés juifs, originaires de Tunisie, ne sont jamais rentrés chez eux ; que les communautés juives de Tunis, Djerba, Sfax, Gabès ont été contraintes, sous la menace de liquidation collective, de payer de fortes amendes en argent liquide et en or.
Il faut aussi évoquer avec fierté, l’échec des tentatives des Nazis pour pousser la population musulmane à organiser des pogroms contre leurs concitoyens juifs. Il faut évoquer avec fierté que ces mises en échec ont été rendues possible grâce à la position ferme de Moncef Bey et à l’action d’hommes clairvoyants comme M’hamed Chenik, Mahmoud El Materi et Aziz Jallouli.
Il faut évoquer avec fierté que des dirigeants politiques tunisiens comme Habib Bourguiba ont appelé, du fond de leurs cellules, leurs compatriotes à entrer en contact avec les représentants des alliés en Tunisie et de s’abstenir de toute collaboration avec les Allemands. Il faut, enfin, rappeler avec fierté que des réseaux de résistants, animés par des communistes, socialistes et gaullistes, ont été constitués en Tunisie pour saboter la présence allemande et favoriser la victoire des alliés qui avançaient, venant d’Algérie.
La Tunisie est donc bien impliquée dans cette page de l’histoire de l’Humanité.
Le 27 janvier est ainsi une journée du souvenir, pour saluer la mémoire de millions de victimes du régime nazi : hommes, femmes, enfants, dont une grande majorité étaient des juifs, mais auxquels il faut ajouter des centaines de milliers de communistes, de prisonniers soviétiques, de résistants, des populations du voyage (les Gitans), des homosexuels… en somme, les catégories, considérées comme dangereuses ou « impures » par le régime nazi.
Sa commémoration a été décidée par l’organisation des Nations Unies. Même avec ses imperfections, cette institution, constitue toujours, l’ultime recours des peuples et des Etats pour dénoncer les injustices et les crimes perpétrés ici et là, pour décider des enquêtes sur des agressions injustifiables, comme ce fut le cas de la commission Goldstone sur l’agression israélienne à Gaza.
Le devoir de mémoire nous oblige à nous joindre à toutes les forces vives de l’Humanité pour saluer ces morts innocentes victimes de la barbarie nazie, pour s’associer au recueillement à la mémoire de ces millions de victimes innocentes, de bien inscrire ces événements dans le cursus de formation de nos jeunes en leur consacrant la place qui se doit dans nos manuels scolaires, dans nos médias, dans notre mémoire collective. Le souvenir est un garde-fou pour l’avenir, il est le meilleur moyen de prévenir à l’avenir d’autres crimes, d’autres barbaries. »
Note Ftouh Souhail : Cet article a été publié le samedi 6 févier 2010 dans les pages de la partie française du Journal Attariq Aljadid, par Habib Kazdaghli, professeur d'Histoire contemporaine. Il est inséré dans le site Internet depuis le mercredi 3 février 2010 : http://attariq.org/spip.php?article861
A part l’inutile allusion au rapport Goldstone, cet article reste en avance par rapport à la tendance négationniste habituelle dans les journaux tunisiens. Attariq Al Jadid, signifiant La Voie nouvelle en français, est un hebdomadaire tunisien. Fondé le 7 octobre 1981, il est l'organe du Parti communiste tunisien, devenu le mouvement Ettajdid en avril 1993.
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Version arabe du journal : Aladin en Tunisie (voir photo 2)
Le journal tunisien Attariq Aljadid du samedi 06 février 2010 a aussi rapportait dans sa version arabe le débat sur l’holocauste qui a eu lieu le 02 Février 2010 à Tunis en présence de M’hamed Fantar et de Serge Klarsfeld qui a à cœur de combattre le négationnisme dans les pays arabo-musulmans.
Le projet Aladin mené sous la férule de l’UNESCO ainsi que Jacques Chirac et de la Fondation de la Mémoire de la Shoah (FMS) de Simone Veil se présente comme un projet éducatif et culturel indépendant. Il est soutenu dans le monde arabo-musulman par des personnalités politiques telles que le prince Hassan Ben Tallal de Jordanie, Ely Ould Mohamed Vall de Mauritanie, Abdurrahman Wahid d’Indonésie, ainsi que des intellectuels et historiens dont Hélé Béji, M’hamed Hassine Fantar (Tunisie), Mohamed Akroun, Ghaleb Bencheikh, Ali Ben Makhlouf, Lafif LaKhdar, Abdelwaheb Meddeb, Mustafa Ceric, Malek Chebel, Adel Darwish, Kenan Gursoy, Tarek Heggy, Driss Khrouz, Tareq Oubrou, Boualem Sansal et Emile Shoufani.
La FMS a adopté une stratégie dynamique progressive. Elle entend lutter contre le négationnisme, qui nourrit l’antisionisme et l’antisémitisme, en obtenant le soutien des dirigeants musulmans de manière à présenter ses livres dans les Salons du livre du monde islamique et introduire l’histoire de la Shoah dans les manuels scolaires musulmans.
Ftouh Souhail, Tunis |