La célébration de cette Journée le 8 mars  de chaque année  est l’occasion de méditer les acquis et les attentes de la femme en Tunisie. C’est aussi une bonne opportunité pour réaffirmer la conscience profonde quant au fait que la promotion de la condition de la femme est la condition fondamentale du développement social, économique et humain dans ce pays.

 


La place de la femme dans la société tunisienne est tout a fait évoluée, commencée par le président Bourguiba (adoré et vénéré par les tunisiennes) et poursuivies et renforcées par le président Ben - Ali, la libération de la femme et la libération de son statut dans la société ne cessent de s'accentuer. La Tunisie était sans aucun doute prédestinée pour devenir le pionner des pays musulmans en matière de promotion de la femme. C’est le  premier pays musulman qui a légiféré  en matière de mariage et le seul  pays arabe qui interdit la polygamie.

 

 

Les premières femmes qui se dévoilent le font en Egypte, puis en Tunisie. Lorsque Bourguiba arrive au pouvoir en 1957, il a pris la mesure des attentes de sa société et fait évoluer le droit (ce que ne fera pas l’Algérie voisine). Ce sont des mesures de leader politique, mais aussi de pédagogue, qui n’auraient peut-être pas été possibles vingt ans plus tard. Mais Bourguiba ne peut modifier les institutions de son pays que parce que la société y est prête.

 


Dès son accession au pouvoir le Président Bourguiba avait fait de la promotion de la femme un cheval de bataille. C’est ce qui fait qu’en Tunisie la polygamie est interdite même si le pays se réclame de l’héritage arabo – musulman. Le Statut personnel a ouvert la voie de la participation efficiente à la femme en tant que citoyenne disposant de la plénitude de ses droits et devoirs.

 

 

Habib Bourguiba restera comme le libérateur de la femme tunisienne. Mais Zine el-Abidine Ben Ali, son successeur, au pouvoir depuis le 7 novembre 1987  a approfondi par la poursuite de l'élan réformateur et l'accumulation des acquis de la femme tunisienne.

 


Les acquis de la femme ont été renforcés dans le Code du Statut Personnel, grâce aux mesures avant-gardistes et révolutionnaires décidées en date du 13 août 1992 et visant à parachever ces acquis et à élever la femme au rang de partenaire à part entière tant au niveau de l’exercice des responsabilités, qu’en matière d’égalité en droits et devoirs.

 


Ben Ali a œuvré depuis maintenant une vingtaine d'années pour que le «le miracle tunisien», comme disait Chirac, se base sur la contribution de la femme. La femme tunisienne représente aujourd’hui un symbole lumineux de la modernité de notre société et e un bouclier invulnérable face à l’extrémisme, le fanatisme et le repli sur soi sous toutes ses formes.

 


Face a une société tunisienne en mutation les femmes tunisiennes ont créé depuis le début du siècle une dynamique féminisme. Véritable mouvement facteur de changements notables au sein de leur société, les femmes tunisiennes sont pleinement devenue un objet important de l’histoire de la Tunisie. La Tunisie est le seul pays du monde arabo-musulman à avoir aboli la polygamie voici 51 ans, elle se prévaut d’un statut privilégié en matière d’émancipation de la femme, reconnu dans le monde entier. Par exemple, la femme tunisienne majeure n’a plus depuis besoin d’un tuteur pour se marier. Une loi donne droit à la femme tunisienne à l’enseignement et au marché du travail avec le même salaire que les hommes
 
 
 
La Première Dame de Tunisie ( en photo) , Madame Leila Ben Ali, épouse du Président de la République, ne cesse, depuis qu’elle est présidente de l’Organisation de la Femme arabe, de consentir des efforts considérables au profit de la femme, ainsi que pour le raffermissement de son statut, l’accroissement de ses aptitudes, le renforcement de sa compétence et l’impulsion de l’action arabe commune au service des causes de la femme, de la promotion de sa condition et de l’affirmation de son statut en tant que partenaire à part entière dans l’édification de sociétés arabes évoluées.

 


Elle a souligné  récemment que les droits de l’Homme demeurent menacés, imparfaits et inachevés tant que le phénomène de la violence à l’égard de la femme n’aura pas été éradiqué.

 


Dans la préface d’un ouvrage intitulé «la violence à l’égard des femmes, entre le poids de la réalité et la consécration des valeurs universelles», publié par les éditions «La voix de la femme arabe, depuis la Tunisie», Madame Leïla Ben Ali souligne que bien que le phénomène de la violence à l’égard de la femme soit un phénomène universel qui ne concerne pas une culture ou une société particulière, la lutte contre ce phénomène dans les sociétés arabes revêt une dimension supplémentaire et constitue un défi de civilisation et un enjeu qu’il est impératif de gagner.

 


L’épouse du Président de la république souligne, dans cette même préface, que l’éradication de ce phénomène n’est pas seulement une consécration des droits de l’Homme et de leur culture, mais aussi une éradication de l’un des facteurs qui entravent le développement des sociétés arabes, en ce sens que la violence à l’égard de la femme paralyse la moitié de la société, l’empêche d’accomplir pleinement son rôle dans l’impulsion du processus de développement et la prive de la moitié de ses capacités et de ses forces vives.

 


Madame Leïla Ben Ali affirme que la violence à l’égard de la femme est l’un des phénomènes qui portent le plus atteinte à l’essence de l’humanité et à ses acquis, un phénomène qui atteste que la communauté humaine a encore beaucoup de chemin à faire pour parfaire l’humanité de l’homme, sans distinction de genre, de race ou de culture et afin que les droits humains deviennent un bien commun dont les bienfaits seront partagés équitablement entre l’homme et la femme.
Evoquant les moyens de lutter contre les milieux favorisant la violence à l’égard des femmes, Madame Leïla Ben Ali a indiqué que la femme arabe est appelée à rompre le mur du silence qui entoure ce phénomène et qui l’empêche d’exprimer ses souffrances, soulignant que le silence de la femme est une participation indirecte à la pérennisation du phénomène et une acceptation tacite de ce fléau. (1)

 


Aujourd’hui   malgré  les avancées qui font de la femme tunisienne une véritable exception dans le monde arabe, les femmes sont peu  représentées dans les instances politiques et ce malgré tous les efforts .Aucune femme n’a réussi à accéder à un poste clé dans un grand ministère (Défense, Intérieur, Affaires Etrangères, Enseignement).

 

 

Toutefois les indicateurs relatifs à la présence de la femme se sont améliorés dans les différents domaines après qu’elle eut démontré son aptitude à la distinction et à l’excellence dans tous les domaines de l’éducation et de la formation. La femme tunisienne représente aujourd’hui 26% de la population active, 29% des magistrats, 31% des avocats et 24% du personnel diplomatique. La Cour des comptes a une présidente et une femme a été nommée il y a près d’un an gouverneur (préfet) pour la première fois dans les annales du pays.
 
Les femmes occupent en outre 27% des postes de décision dans les cabinets ministériels et  21,6% des conseils municipaux. Outre sa présence notable dans les institutions constitutionnelles comme la Chambre des Députés où elle représente 22,7%, la Chambre des Conseillers où sa présence atteint 15,2% ou le Conseil Constitutionnel où elle est de 25% sans compter sa présence à des postes de premier plan dans de nombreux organismes étatiques, ou sa participation à la vie politique et associative, où elle représente le tiers des membres actifs et des adhérents du tissu associatif. Elles sont souvent considérées comme un rempart contre les courants extrémistes et fanatiques et les mouvements rétrogrades. D’autre part, les étudiantes ont supplanté les étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur tunisiens (55% de femmes).

 

 


La République de demain est une oeuvre nationale et un édifice civilisationnel grandiose qui ne peut se concevoir sans une contribution active de la femme. Il s’agit en effet de la république de l’égalité et du partenariat. Il faut souhaiter que ça reste ainsi pour toujours et que la Tunisie ne subisse pas l'influence de ses voisins mais qu'elle-même les influence. Il y avait aussi en Turquie de Mustapha Kamal Atatürk qui était particulièrement évolué malheureusement la Turquie à cause des extrémistes religieux est aujourd'hui déjà retournée  100 ans en arrière !

 

 


Ftouh Souhail, Tunis

 


Note : voire notre article sur Drzz.info : Journée internationale de la femme et APARTHEID féminin http://www.drzz.info/article-journee-internationale-de-la-femme-et-apartheid-feminin-46203285-comments.html#anchorComment