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Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva se rendra en visite officielle en Israël à la mi-mars --une première du genre--les 16 et 17 mars 2010.
Il faut ici rappeler que le président israélien Shimon Pères a effectué une visite au Brésil du 10 au 15 novembre dernier (une première depuis 1966) il a rencontré durant le président brésilien Lula da Silva pour une visite historique de cinq jours.
Cette visite à Jérusalem s'inscrit dans les efforts du Brésil pour s'imposer comme interlocuteur dans le difficile processus de paix au Proche-Orient.
En juillet dernier, le chef de la diplomatie israélienne, Mr Avigdor Liebermann, était aussi au Brésil et avait suggéré que le pays sud-américain contribue à persuader l’Iran de mettre fin à son programme nucléaire controversé et avait estimé que les bonnes relations du Brésil avec les pays arabes pourraient favoriser le dialogue au Proche-Orient.
Le Brésil, une puissance établie en Amérique latine et un aspirant à un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, a décidé de s'engager dans le processus de paix au Moyen-Orient en tant que médiateur.
Le Brésil a exprimé à plusieurs occasions sa volonté d'assumer le rôle d'intermédiaire dans les négociations de paix au Moyen-Orient depuis sa participation à la conférence d'Annapolis en 2008 aux Etats-Unis, qui a réuni un groupe de pays et de représentants des parties belligérantes.
La médiation dans ce conflit devient un signe de puissance sur la scène internationale. Dans cette optique, le Brésil qui se pose en pays émergent tente de s’imposer comme un nouveau médiateur du conflit israélo-palestinien.
Selon des analystes, les discours et les actions du président brésilien rentrent dans le cadre d'une politique étrangère proactive basée sur la puissance économique du pays dans le contexte de la crise financière internationale, son influence régionale en croissance en Amérique latine et son aspiration à un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.
L'annonce de sa visite intervient alors que la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, en visite à Brasilia, s'est déclarée "très contente" du soutien des pays arabes aux négociations indirectes entre Israéliens et Palestiniens en vue d'une relance du processus de paix. Ce soutien a été annoncé mercredi dernier au Caire à l'occasion d'une réunion des chefs de la diplomatie des pays arabes.
De plus, les efforts du Brésil dans le cadre du processus de paix au Moyen-Orient signifient la présence d'un nouvel intermédiaire sur fonds de tensions accumulées entre les Etats-Unis et l'Iran.
Dans les années 1970, le Brésil a procédé à une pénétration importante dans le golfe en matière d'investissement et d'exportation. Mais la situation a changé après que les Etats-Unis eurent obligé le Brésil à se retirer de la région entre les années 80 et 90.
L’intérêt de la visite du président du Brésil en Israël n’est pas uniquement politique, elle est aussi économique. Pour renforcer sa position économique, Israël a depuis quelques temps déjà, passé un accord de libre-échange avec le Mercosur. La zone Mercosur (marché commun rassemblant l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay, le Venezuela et le Brésil) est un des marchés qui se développent le plus rapidement dans le monde. "Les exportations israéliennes vers ce marché sont assez importantes puisqu’elles représentent environ 800 millions de dollars en 2006. Il reste quand même les principaux marchés mondiaux pour Israël …À lui seul le Brésil est le troisième marché d’exportation israélien.
En 2005, Ehud Olmert, à l’époque ministre du commerce, s’est rendu au Brésil pour obtenir l’appui du Président Lula en faveur de l’accord du Mercosur. En mars 2007, Israël et le Brésil ont signé un accord de coopération bilatérale dans le domaine de la R&D industrielle privée. L’objectif de cet accord était de promouvoir le travail commun entre les industries des deux pays.
Cet accord permet ainsi à l’état hébreu et faire jouer sa force dans la recherche privée afin d’intensifier ses contacts avec le poids lourd de l’Amérique latine. Le Brésil est actuellement le deuxième partenaire d’Israël sur le continent américain avec un commerce bilatéral en forte hausse puisqu’il est passé de 449 millions de Dollars en 2002 à 746 millions en 2006. À Sao Paulo où à eu lieu un forum économique israélo brésilien cela a été l’occasion pour Israël de renforcer sa présence au Brésil, principale économie de Mercosur dont il est le plus puissant acteur politique".
Après qu’Elbit et l’IAI ont remporté tour à tour d’importants contrats, le groupe Rafael souhaite s’implanter durablement dans le poumon économique de l’Amérique du sud. Selon la presse israélienne, « Rafael Advanced Defense Systems » serait sur le point d’acquérir l’une des plus prestigieuses industries de défense brésilienne dont le nom n’a pas été révélé. Le montant du rachat devrait s’élever à 50 millions de dollars et constituerait un préambule à d’autres acquisitions similaires dans un futur proche. Interrogés sur ce dossier, des responsables de Rafael ont confirmé vouloir élargir les opérations du groupe israélien au Brésil. Ces transactions en cours et à venir ont figuré hier au coeur des discussions entre le ministre de la Défense brésilien Nelson Jobim et Shimon Pères.
Preuve de l’intérêt que l’industrie militaire israélienne porte au marché brésilien, Itzhak Nissan et Joseph Ackerman, respectivement PDG des groupes IAI (Israel Aerospace Industries) et Elbit, figurent parmi les membres de la délégation de chefs d’entreprise qui accompagnent Shimon Pères dans son voyage officiel. Elbit est jusqu’ici l’entreprise israélienne d’armements la mieux implantée au Brésil. En dix ans d’activités, elle totalise 750 millions de dollars de contrats locaux. La firme gère actuellement quatre projets qui nécessitent l’emploi de plusieurs centaines d’ingénieurs brésiliens dont certains ont été préalablement formés en Israël.
De son côté, l’IAI a intensifié depuis un an ses activités au Brésil. Il y a six mois, le leader de l’aéronautique israélien a établi une « joint venture » avec Synergy Group, propriété de l’homme d’affaires brésilo-colombien German Efromovitch. La collaboration entre les deux géants porte sur le développement d’avions sans pilote, de radars et de systèmes anti-missiles. Dernièrement, l’IAI a fourni à la police brésilienne des drones « Heron » pour la lutte anti-drogue et la surveillance des ressources naturelles du pays.
Ftouh Souhail, Tunis
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