|
 RSS
על הבלוג
Il y a plusieurs manières de découvrir Israël selon les goûts de chacun. Il est possible de faire des randonnées dans la nature, de visiter des musées ou des "Beit Arishonim" (La maison des Anciens) ou encore se recueillir devant des mémoriaux pour se rappeler continuellement que grâce aux soldats nous vivons en paix à l'intérieur du pays. Nous pouvons aussi visiter les sites archéologiques qui nous retracent l'histoire depuis les temps les plus reculés et les villes sans oublier Jérusalem qui, a elle, seule nous comble de bonheur
|
posts
23/08/2008
DAVID PALOMBO.
1966 - Un jour un photographe vint dans le studio de l’artiste pour photographier ses travaux. David proposa de raccompagner son ami avec son vélo solex. Il était tard, la nuit tombait et David Palombo en roulant se heurta de plein fouet sur une barrière de fils de fer barbelés que les religieux extrémistes des quartiers environnants déroulaient avant Shabbat pour clôturer le quartier. David connaissant le chemin par cœur de jour ne les vit pas. Il les reçut en pleine poitrine. Il resta quelques moments dans le coma et mourut en pleine force de l’âge, avec des projets plein la tête et des commandes pleins ses tiroirs.
David Palombo est né en 1920, un jour de Yom Kippour à Jérusalem
Jour de naissance et de mort des Justes-
Son père se sauva de Turquie pour ne pas être incorporé dans l’armée et s’installa en Egypte, il travailla en tant que tailleur chez un riche commerçant et grâce à celui-ci David se retrouva à Jérusalem. Les parents Palombo peu fortuné envoyèrent David étudier à l’Alliance pendant huit ans. A l’âge de quatorze ans il quitta l’école pour commencer à travailler à la poste, il y restera vingt-sept ans. Il commença comme simple employé et termina sa carrière de postier avec le grade de technicien supérieur grâce à son cerveau ingénieux. Pourtant les conditions de travail étaient très pénibles et le nombre d’heures incalculables.
En 1940, David Palombo eut vingt ans. Il prit une année Sabbatique pour aller étudier dans l’atelier de peinture de l’école Bézalel. Le travail lui plut et plus tard il demanda sa retraite anticipée à la poste. A l’école Bézazel il fit la connaissance de Zeev Ben Zvi et il devint très vite son ami, son élève et son fils spirituel.
David Palombo apprit à travailler toutes sortes de matière comme la terre, le bois, la pierre et surtout le cuivre dans l’atelier de son maître. Le travail du cuivre était la spécialité de Zeev Ben Zvi. David réalisa plusieurs sculptures dans cette matière, à cette époque il était un sculpteur réaliste. Nombreuses de ses sculptures ne furent pas exposées pour ne pas choquer les religieux. David prit en charge la galerie de peinture de son maître jusqu’à sa mort prématurée. Malheureusement sa femme ne reprit pas sa suite tout occupée à élever leur fille âgée à peine d’un an et de son père qui arrivait du Chili.
David Palombo se rendit en France à « l’école juive de Paris » où il s’adonna à l’art abstrait. Bien que séfarade et n’ayant rien connu de la Shoa il fut très sensible à l’holocauste et s’identifia intensément au peuple juif. La majorité de ses maquettes ont pour sujet la Shoa. Il enseigna également pendant trois ans à l’école des beaux-arts de Bézalel et c’est dans cet atelier qu’il mit à exécution le projet de la sculpture d’Ein Harod. Il s’avéra que le local où il travaillait fut trop petit et il se mit à la recherche d’un atelier plus grand. Il trouva une maison qui lui convint et s’y installa. Sa présence gêna les religieux du quartier qui vivaient entre eux. La sœur du directeur du ministère du grand rabbinat qui le connut personnellement fit intervenir son frère pour influencer David Palombo à quitter les lieux. Le directeur lui proposa alors de choisir une autre maison dans le même quartier et Palombo opta pour la maison qui abrite aujourd’hui son musée (prés de celle qu’il occupait, pas loin du tombeau du roi David). On est fin 1963 début 1964 et il n’y vivra qu’une seule année.
Cette belle maison date du temps des Turcs. D’après les archéologues la maison aurait 300 ans environ vue l’épaisseur de ses murs et de ses voûtes. L’étage supérieur serait plus récent à peu prés une centaine d’années. Avant d’y rentrer Palombo dut déblayer l’intérieur de cette maison qui était rempli de sable et de gravats et qui avaient envahi cette immense salle voûtée.
-David Palombo devint mondialement connu lorsqu’il obtient le prix de l’Unesco pour son œuvre de Yad Vashem : La porte de la salle du souvenir.
-L’artiste proposa au chef du parlement de faire un portail à la Knesset. Ce travail durera plusieurs mois. La porte que l’on peut admirer aujourd’hui mesure dix-huit mètres de long sur trois mètres de hauteur. Les axes centraux sont ceux de camions. Avec l’aide de sa femme Yona et de plusieurs ferronniers il souda électriquement l’ensemble, c’était alors une innovation en matière de sculpture.
-Le support de la flamme du soldat inconnu dans la cour intérieur de la Knesset fut un prêt de David Palombo. Il avait l’intention de fabriquer un nouveau modèle et de récupérer le sien mais il n’en eut pas le temps et le gouvernement dédommagea sa veuve pour pouvoir garder cette œuvre.
-A intérieur de son musée on peut admirer plusieurs de ses travaux en fer, béton et matériau de construction. L’une d’elles représente une Hannoukïa que l’on allume encore chaque année pendant la fête de Hannouka.
Il travailla le bois la pierre et le verre en fit une sculpture unique.
-Sa dernière sculpture finie se trouve au musée d’Israël. C’est une maquette qui mesure deux mètres cinquante de long sur deux mètres de haut.
-Avec l’argent de ce travail il partit au Japon en vue d’essayer de créer un monument en souvenir d’Hiroshima. Sa dernière photo le représente à l’hôtel Hilton de Tel Aviv en compagnie d’architectes où ils discutaient de son projet japonais. Ces derniers se proposèrent de trouver les fonds nécessaires pour ce travail. Il lui fallut aussi l’accord des autorités japonaises et la sculpture était déjà emballée et prête à partir d’Eilat lorsque le projet fut annulé par les Japonais ; le mémorial se trouve aujourd’hui au musée d’Israël.
-Pour le dixième anniversaire de Binyanéi Haouma (Palais de la nation) un événement fut organisé avec une exposition artistique et David Palombo exposa sa première sculpture.
-Avant ses sculptures de Yad Vashem, Monsieur et Madame Schrobber lui commandèrent une sculpture dont ils firent don à l’université de Har Atsofim à Jérusalem. On peut la voir aujourd’hui prés du bâtiment de l’Education.
-En 1964 il installa une sculpture d’environnement sur le mont Gilboa.
-Dans le parc Ein Harod se trouve une sculpture à la mémoire des parachutistes; non loin de là Yona, sa deuxième femme qui l’assista beaucoup dans ses travaux sculpta la porte de la tombe de Henkin.
-Sur la façade du bâtiment « Bikour Holim » à Jérusalem un Caducée s’impose. Encore une de ses œuvres.
-A la poste centrale il ériga un monument à la mémoire des postiers.
-Dans le complexe de Yad Vashem il plaça trois fontaines en basalte. Une seule existe encore, celle qui se trouve prés de l’entrée du musée.
-Toujours à Yad Vashem une mosaïque occupe un pan de mur. Ces petits cubes de pierre ramassés dans toutes les régions du pays sont là pour rappeler chaque pays où les juifs ont été déportés.
-Plusieurs projets de maquettes restèrent en plan à cause de sa mort subite. Elles sont toujours visibles dans son musée.
-Un autre projet qui échoua est celui des fenêtres de la synagogue Hadassa Ein Kerem. Son idée était de faire un encadrement de bois foncé pour les fenêtres et d’y placer des minuscules carreaux de verres multicolores. Le soleil jouant et passant à travers ces vitres colorées aurait empli la pièce de lumière comme un kaléidoscope. Chagall a gagné le concours.
-Il voulut embellir la ville en projetant de protéger les lampadaires ou de recouvrir les poubelles de ferronnerie. Il eut aussi l’idée de concevoir une colonne au milieu d’un amphithéâtre afin d’y installer un chauffage à gaz et de réchauffer les spectateurs. Il envisagea de créer un mobile de vingt mètres de long sur un axe, qui en tournant grâce au vent, produirait des sons musicaux.
- Un de ses plus grands rêves a été de concevoir une Hannoukïa pour la placer sur le site de Massada. Elle aurait rappelé les juifs allumant les feux pour annoncer Roch-Hodech. (Début du mois). Elle aurait mesuré douze mètres de long sur huit mètres de haut. Carmela et Igal Yadin visitèrent l’atelier de David Palombo et furent enchantés du projet surtout qu’Igal est le père de Massada. (Ses fouilles spectaculaires sur le site de Massada ont permis d’authentifier l’essentiel du récit de Flavius Joseph.) Mais hélas ce projet aussi échoua.
-Enfin son dernier projet a été celui de six sculptures pour le musée Olamé Hagétaot.
David Palombo était un homme sensible dynamique et gai mais qui rentrait dans des fureurs folles. Marié deux fois il eut une première fille qui vit en Amérique et une deuxième avec Yona.
Yona vient du chili. Elle arriva en 1954 au kibboutz Amir puis visita Jérusalem, le Mont Sion et la chambre de l’holocauste. Elle reçut un premier grand choc mais en sortant de là elle vit la vue imprenable sur la ville de Jérusalem. Là le choc fut encore plus grand.
Elle seconda beaucoup son mari dans ses travaux. Après avoir appris la soudure au gaz elle se mit à la soudure électrique. En 1966, l’année de la mort tragique de son mari elle transforma l’atelier en musée et grâce à l’aide de volontaires le musée fut ouvert régulièrement. Hélas ces derniers lui volèrent une partie des maquettes et elle les renvoya. En 1976 le ministère de l’éducation nationale et la mairie lui donnèrent une subvention pour ouvrir de nouveau ce musée mais la somme est à peine suffisante pour le salaire des employés.
Yona continue à sculpter toute seule un monument en souvenir des parachutistes morts pour Jérusalem.
Elle nous a reçus à bras ouverts et nous parla longuement de la vie passionnée de David Palombo. Elle ne dit presque rien sur elle, elle est trop discrète. Elle ne mit en valeur que son mati et ses travaux. A l’étage se trouve son petit appartement que l’on a le privilège de visiter, c’est un petit studio artistique. En 1997 lors de notre visite elle a été attaquée par la mafia russe qui lui a cassé les mains. Les religieux sont à la base de cet acte. La maison de Yona est la seule du quartier qui ne leur appartient pas. Que dire de plus…. ?xml:namespace> ?xml:namespace> ?xml:namespace>
23/08/2008
ZAHARA LEVITOV.
(1927 -1948)
?xml:namespace>
Parmi les héros qui ont combattu pour défendre Israël, une jeune fille, une jeune fille dont on ne parle pas assez mais qui a combattu pour son pays avec honneur et courage. Il s’agit de Zohara Lévitov qui a fait partie du Palmah. Héroïne, écrivain et poète, elle disparaîtra à l’âge de 21 ans.
?xml:namespace>
Arrivée en Israël
La mère de Zahara, Zoucha Golberg, en vogue vers Israël sur le bateau Roslan (qui marqua le début de la troisième Alya) décida de changer de prénom pour adopter celui symbolique de Zeita ; au cours du voyage elle rencontra son futur mari et ce fut le coup de foudre, trois jours après leur rencontre ils se marièrent sur le bateau. Venant d’Odessa ils débarquèrent à Yaffo en 1919 avec Léa (la future femme de d’Itsrak Rabbin et ses parents) ; on surnommait Léa la sorcière aux cheveux rouges. Le père de Zohara, sioniste et grand admirateur de Joseph Trumpledor et de Zeev Jabotinsky décida, avec ses compagnons, de créer une nouvelle implantation et ne pas s’intégrer dans l’une d’entre elles déjà en place. Ils fondèrent Maalé Ahamisha mais ils durent abandonner les lieux à cause des nombreuses difficultés qu’ils rencontrèrent ; ils se tournèrent vers le K.K.L. qui leur ouvrit ses portes en leur procurant du travail. Parmi eux cinq jeunes gens du groupe Gordonia : Moshé, Yéoshoua, Arié, Itsrak et Aarhon furent envoyés dans cette montagne pour casser des pierres et ouvrir une route mais ils furent assassinés par une bande d’Arabes. Une stèle a été érigée à l’endroit même où ils sont tombés.
?xml:namespace>
Dans la salle à manger de chaque kibboutz un cahier portant le nom de Cahier de la vie était à la disposition de chacun de ses membres qui y inscrivaient ses doléances. On y trouvait, pèle mêle, les problèmes de l’étable avant celui du manque de thé ou après l’absence d’une bouilloire ; ou bien encore les réclamations d’une mère qui se révoltait contre l’éducation collective des enfants. Cette femme était la mère yéménite de Zahara qui ne pouvait pas donner à sa propre fille tout l’amour et tous les soins qu’elle aurait voulus lui donner. Zahara est son véritable prénom qui se déformera avec le temps en Zohara.
?xml:namespace>
L’enfance de Zohara.
Ses parents l’appelèrent Zohara et grâce à son nom un grand rayonnement pénétra dans leur vie. Née à Tel-Aviv, Zohara n’y restera qu’un an car ses parents s’installèrent à Réhovot, plus tard ils déménagèrent pour aller vivre dans le kibboutz de Kiriat Anavim afin que Zohara reçoive une bonne éducation et qu’elle apprenne le sens de la valeur du travail. Là elle s’épanouit et son caractère se modela. Quand elle eut sept ans ses parents décidèrent de déménager et d’aller vivre à Jérusalem et dès qu’elle atteint neuf ans ils retournèrent sur Tel Aviv. Lors des évènements à Tel Aviv pendant la deuxième guerre mondiale, la famille se réfugia chez les grands parents à Réhovot. A la fin de ses études primaires, Zohara fut inscrire à l’école secondaire de Giv’at Brenner puis elle finit ses études à Tel Aviv au lycée Tihon Hadash où elle sortit brillamment avec son bac. Zohara passa sa vie à écrire. Elle commença à l’âge de trois ans et à quatre ans et demi elle notait ses impressions sur la mort de sa maîtresse d’école maternelle.
?xml:namespace>
Zohara eut deux soeurs qui décédèrent avant sa naissance. Elle en eut une troisième nommée Adassa, son aînée de six ans et un petit frère qui mourut lorsqu’il eut 6 jours. Leurs tombes se trouvent dans le cimetière de Kiriat Aanavim, dans la division des enfants; Yéhouda et Zouba sont enterrés dans la division de droite à l’entrée du cimetière, là où reposent les pionniers.
?xml:namespace>
Le Palmah
Après son bac Zohara ne savait pas trop si elle devait continuer ses études où travailler en cette période troublée en Eretz Israël. C’est dans les unités du Palmah installées à Tel Yossef et à Ein Harod que Zohara décida de s’incorporer. Les Anglais occupaient le pays, les Juifs ne voyaient guère l’avenir d’Israël, l’Ychouv était obligé de se battre pour survivre et les immigrants clandestins étaient arrêtés et incarcérés dans des prisons après la sortie du Livre Blanc. Les membres de la Haganna étaient déjà actifs et cachaient les immigrants clandestins avant que les Anglais ne les renvoient vers Chypre. A cause de tous ces évènements la Haganna décida de faire sauter les 13 ponts pour protéger la population juive du pays.
?xml:namespace>
La nuit des ponts.
Un soir de pleine lune, Le 6 juin 1946, le Palmah envoya 40 soldats en mission. Ils attendaient l’ordre de départ dans le kibboutz Métsouba pour faire sauter les deux ponts d’Arziv, celui de la route et celui de la voie de chemin de fer. Chacun soldat portait dans un sac à dos, soit de 30 kilos de matière explosive soit du matériel pour brancher les explosifs. Sur leur parcours ils ne firent pas attention à trois arabes en tenue de l’armée britannique qui les virent et qui se précipitèrent vers la base anglaise pour faire leur rapport. La réaction fut rapide : Les membres du Palmah furent attaqués par surprise par l’ennemi qui fit exploser 150 kilos de dynamite ; Yéhiam Weiss commandant du peloton fut blessé mortellement, les 14 jeunes gens de la compagnie d’avant-garde sautèrent et l’explosion fut si forte que tous les corps furent déchiquetés. Seule Zohara Lévitov, (secouriste et agent de liaison) et un soldat s’en sortirent par miracle. Zohara qui était sur les lieux au moment de l’attentat eut soudain d’atroces brûlures dans les yeux dues à l’explosion ; elle ne vit plus rien, n’entendit plus rien puis s’évanouit. Les autres membres de la Hagnna qui attendaient non loin de là pour la deuxième partie de la mission la ramenèrent au kibboutz Métsouba. Elle ne reprit connaissance que quelques heures plus tard, dans une salle commune, couchée au milieu d’enfants, dans un lit d’enfants, ses yeux bandés et son corps recouvert d’un drap.
Ce n’est qu’après les premiers soins qu’elle fut transportée dans un hôpital spécialisé en ophtalmologie et là on lui apprit la catastrophe d’Arziv. De l’hôpital, elle écrivit à Smoulik pour le tenir au courant mais de retour à la maison, avec ses lunettes noires, elle ne dit rien à sa mère qui, inquiète de ce nouveau comportement, la questionnait beaucoup. Leur voisine, la mère d’Amihal, premier copain de Zohara, était courant de la mission mais garda le secret. La confrérie funéraire mit plus d’un mois pour récupérer ce qu’il restait de ces soldats, le tout fut rapporté et enterré à Métsouba. En 2003 les restes humains qui été enterrés au cimetière du kibboutz et à Haïfa furent déterrés et rapportés au lieu dit de l’attentat où fut fondé le mémorial d’Arziv. Seul Yéhiam Weiss fut enterré au mont des oliviers.
?xml:namespace>
Zohara et Smoulik
Le grand Amour de Zohara Levitov sera Smoulik mais il fut de courte durée.
Zohara retourna au Palmah et là elle rencontra Smoulik dans la base d’Ein Harod. Depuis plus d’un an à Ein Harod le jeune homme, très grand de taille, très agile, très spirituel, possédant de multiples qualités était admiré de toutes les jeunes filles du Palmah à cause de ses beaux yeux. Pendant leur courte période de travail en commun dans le kibboutz ils trouvèrent tout de suite un intérêt partagé pour la poésie et pourtant ils n’étaient pas souvent ensemble car Smoulik était envoyé en mission et Zohara devait faire ses classes. Mais dès leur première séparation ils s’écrivirent. Ils avaient déjà trouvé un terrain d’entente. Lorsqu’ils se rencontraient entre deux missions ils apprenaient à mieux se connaître et à établir une amitié solide et pendant leurs rares moments de liberté ils rejoignaient leurs amis pour danser et chanter. Ce fut pour tous ces jeunes gens du Palmah des années d’isolement qu’ils passaient en lisant, en discutant ou en chantant. Smoulik et Zohara se retrouvèrent une nuit sous une tente pour lire selon leur habitude ; ce soir là il s’agit d’une histoire : Il était question d’une corde que deux personnes tiraient chacune par un bout jusqu’à ce qu’elle craque.
Smoulik quitta le Palmah. Il retourna dans la maison de son père à Jérusalem pour préparer ses examens éliminatoires afin de rentrer dans une des universités d’Angleterre. En réalité il avait du mal à abandonner la poésie mais son père insistait pour qu’il étudie. Il se mit au travail mais n’arriva pas à se concentrer sur des études après ses deux dernières années passées au Palmah. Le jour où il apprit la catastrophe d’Arziv, le sort des 14 victimes qui sautèrent, il décida sur le champ de laisser tout tomber et de reprendre sa place au Palmah.
?xml:namespace>
Zohara occupée une tente avec Ruthy (la capricieuse) et Léa (la sorcière) Malgré leurs divergences d’idées les trois jeunes filles finirent par s’entendre et c’est de bon coeur que les deux amies quittèrent leur tente pour permettre à Zohara et Smoulik de vivre ensemble. La tente de Zohara était la plus coquette des tentes installées à Ein Harod, la jeune fille l’entretenait avec soin et coquetterie, en la garnissant toujours de fleurs fraîches. Ce couple était admiré de tout le monde car ils étaient heureux, très beaux, très jeunes et très bien assorti ; Ils se retrouvèrent un jour à Tel Aviv pour se promener
La mort de Smoulik
Smoulik et Zohara firent de nombreux projets, tout d’abord se marier, faire un voyage aux Etats Unis, se rendre chez la soeur de Smoulik et son mari et enfin s’inscrire à l’université pour étudier mais ils devaient tout d’abord se libérer de leurs obligations militaires ce qui n’était pas si facile ; ils l’obtinrent enfin après bien des démarches administratives. Ils connurent une immense joie à la pensée de préparer leurs affaires, de quitter Ein Harod et de se rendre chez le père de Smoulik à Jérusalem au plus tard le vendredi soir de la même semaine. Smoulik ne voulait pas rester un jour de plus à Ein Harod mais Zohara n’avait pas envie de partir comme une voleuse, elle voulait partir la tête haute. Leurs amis leur organisaient une soirée d’adieu et ce n’était possible que le samedi soir, elle décida donc qu’ils partiraient le dimanche matin. Lorsque Smoulik demanda à son supérieur sa signature pour sa libération ce dernier insista pour que Smoulik remplisse une dernière fois son devoir, il devait entraîner un groupe de jeunes gens qui faisaient leur classe au lancer de grenades. Smoulik n’eut pas d’autre choix que d’accepter. Vint enfin ce dernier vendredi à Ein Harod.
?xml:namespace>
Zohara emballa leurs affaires avec une grande effervescence et Smoulik monta sur la colline voisine où avait lieu l’entraînement des recrues, ils se quittèrent avec une poignée de mains. Qui aurait pensé que ce serait la dernière ? De temps en temps Zohara sortait de la tente pour voire si Smoulik revenait, il se faisait tard et elle ne le voyait pas revenir. Elle se fit du souci mais alla quand même se laver sans faire attention au silence de la cour du kibboutz. Ce silence était inhabituel surtout pour un vendredi soir et une vive émotion s’empara d’elle en se dirigeant vers la salle à manger commune. Elle rencontra quelques uns de ses amis en route et leur comportement lui parut bizarre. A l’entrée de la salle à manger de nombreux amis étaient présents pour lui annoncer le drame : Une grenade mal lancée par une recrue arriva près de lui et pour éviter la catastrophe parmi toutes les jeunes recrues Smoulik la prit dans ses mains pour la relancer plus loin. La grenade éclata dans ses mains et il mourut avec trois autres de ses compagnons.
?xml:namespace>
Le corps de Smoulik fut transporté d’Ein Harod dans la maison de son père puis enfin au cimetière du mont des oliviers. Zohara vécut un véritable cauchemar, complètement renfermée sur elle-même, elle n’exista plus pour le monde extérieur, comme si quelqu’un eut envié son bonheur et voulut l’accabler, la douleur trop intense la rendit muette et annihilée. Face au cercueil de son ami au cimetière mont des oliviers elle réussit à lui dire « Smoulik, les gens disent que tu es parti pour toujours, que l’on met sur toi de lourdes pierres pour que tu ne puisses pas te lever et me revenir. D. dis-moi que Smoulik reviendra ! Est-ce que c’est possible qu’il ne revienne pas, qu’il me laisse seule ? Non ! non ! c’est impossible, tu reviendras, tu es obligé de revenir, Smoulik ! » Zohara avait conservé un chemisier blanc avec de la dentelle en vue de son prochain mariage, elle n’a jamais pu le porter et elle le donna à Léa qui le mit le jour de son mariage avec Itsrak Rabbin. C’est à cette période qu’elle décida de partir à l’étranger, là où ils avaient envisagé d’aller ensemble, de se marier et d’étudier. Après sa mort elle continua d’écrire de nombreuses lettres à Smoulik (leur courrier a été publié après leurs morts) La première, trois semaines après son décès en lui demandant si elle avait vécu un rêve ou si c’était bien la réalité, elle lui demanda à plusieurs reprises de revenir, espérant jusqu’au dernier moment qu’un miracle se produirait. Toujours après sa mort, elle lui racontait ses difficultés de vivre sans lui aussi bien en Israël qu’après à l’Université de Californie. De son vivant elle entretint avec Smoulik une correspondance assidue et lors d’un de ses séjours dans le petit Martesh il lui racontait tous les sensations qu’il ressentait sur la nature qui l’environnait. Ainsi fut leur Amour, profond, sincère, entier et à la mort de Smoulik la corde (de leur histoire) craqua et Zohara ne s’en remit jamais.
?xml:namespace>
Après le décès de Smoulik, elle rencontra un autre aviateur, Amnon, ami et coéquipier de Smoulik ; ils se fréquentèrent mais pas pour longtemps car Amnon tomba dans les mains des Arabes qui l’assassinèrent à Lod. Lorsque par hasard elle se promena de nouveau sur la Promenade de Tel-Aviv avec Amnon et qu’un autre photographe lui proposa de les photographier, elle refusa tout simplement, la perte de Smoulik la faisant encore trop souffrir. Le troisième ami du trio mourut sept mois après Amnon et Zohara se retrouva seul face à ses trois amis disparus en l’espace de trois ans.ner et là un photographe les vit et leur demanda la permission de les photographier gratuitement, simplement pour la beauté que formait ce couple et il eut raison car ce sera la seule et unique nuit.
Zohara et l'aviation
Quatre mois après le décès de Smoulik Zohara s’envola vers les Etats Unis et se rendit tout d’abord chez la soeur et le beau frère de Smoulik pour commencer une nouvelle tranche de vie. Elle s’inscrivit à l’université de Philadelphie pour obtenir un diplôme de chimie, études qu’envisageait de faire Smoulik, elle abandonna le rêve de faire médecine pour suivre celui de Smoulik. A la fin de ses études la soeur de Smoulik l’influença à se rendre à New York car elle n’avait que 20 ans et s’était arrêtée de vivre à la mort de son ami. Dans cette ville, elle retrouva une ambiance sioniste où les Juifs faisaient toutes sortes de projets dont celui de monter au pays. Elle se joignit à eux et coopéra au mouvement sioniste.
Zohara nous quitte.
En juin 1948 Zohara arriva à Haïfa avec son brevet de pilotage et rentra directement dans l’armée de l’air. A cette période Jérusalem était coupée du reste du pays ; Latroun était dans les mains des Jordaniens et seul un petit aérodrome primitif existait dans le quartier de Réhavia. N’atterrissaient là que de petits avions (comme le primus) qui servaient de liaisons postales importantes entre Jérusalem et Tel Aviv. Il y avait très peu d’aviateurs sur cette ligne et leur responsabilité était très grande puisqu’ils devaient garder le contact avec la population juive du désert, celle de Jérusalem assiégée, tout l’environnement des ychouvim et du reste du pays. Zohara prit quelques jours de congé et se rendit à Jérusalem, c’était la première trêve à Jérusalem ; le peu de circulation dans la ville, le manque de nourriture et d’eau tout manquait dans la ville. Elle rendit visite à Smouël, le père de Smoulik et lui parla du livre de Smoulik qui sortait dans le commerce, elle resta auprès de lui cinq jours. Le 3 août 1948 elle devait retourner au Palmah, elle prit l’avion de service le Païper pour rentrer chez elle avec Emmanuel Rotshtein le pilote. L’avion décolla du petit aérodrome (près du gan saker à Jérusalem aujourd’hui) et peu de temps après le décollage il s’écrasa (apparemment à cause d’une panne de moteur). L’aviateur Emmanuel Rotshtein et Zohara qui était assise à côté de lui furent tués sur le coup.
Un mémorial à son nom se trouve dans le gan Saker de la capitale. Enterrée tout d’abord au cimetière Sanhédrya de Jérusalem, son corps fut transféré d’abord au mont Herzl puis au mont des oliviers. Quelles ont été les dernières pensées de Zohara, nul ne le saura jamais, elle emporta son secret avec elle, peut-être sa dernière pensée a-t-elle été pour Smoulik en lui disant : Je viens vers toi après 15 longs mois d’attente j’ai pris ce vol pour essayer de me rapprocher de toi dans les airs mais je ne t’ai pas vu. Maintenant je viens à toi Smoulik ! Enfin nos rêves se réalisent et nous sommes de nouveau ensemble. Aucune force au monde ne pourra plus nous séparer.
16/09/2008
NATHAN RAPAPORT.
?xml:namespace>
Nathan Rapaport est né en 1911. Sculpteur, peintre et photographe juif c’est un enfant de la ville de Varsovie [Pologne]. Toute sa famille disparut pendant la shoah et la majorité de sa créativité se concentre autour des mémoriaux de l’holocauste ou sur ses combattants. Au cours de la première guerre mondiale les membres de l'Union soviétique l’ont obligé à travailler comme ouvrier manuel, puis ils reconnurent de suite son talent et lui procurèrent un studio où il commença à sculpter.
?xml:namespace>
Nathan Rapaport est né dans une famille religieuse, il étudia dans un Talmud Thora et à l’école juive Laur. A cause de la maladie prématurée de son père il fut obligé d’abandonner ses études afin de subvenir aux besoins familiaux. En 1927, Rapaport s’inscrivit à l’école de sculpture de sa ville et trois ans plus tard il rentra à l’académie des Beaux Arts. Grâce à son travail il reçut une bourse ce qui lui permit d’aller visiter les musées d’Italie et de France. En 1936 il gagna le premier prix pour sa sculpture « Euthanasie » En 1938 il obtint une deuxième bourse grâce à laquelle il s’inscrit à l’école des Beaux Arts de Paris. Avec la déclaration de la deuxième guerre mondiale Rapaport se sauva de Pologne vers Biliskov en Russie et à la fin de la guerre il retourna à Varsovie.
Nathan Rapaport créa "libération", un mémorial de l'holocauste. Ce mémorial a été conçu sur le site du ghetto juif qui a été détruit par les nazis avec intention pendant les fêtes de Pâques juives le 19-04-1943. The leader of the Jews was Mordechai Anielewicz, who was later portrayed in another sculpture by Rapoport. Sur ce mémorial des pierres de marbre noir sont posées et représentent les pierres tombales d’un cimetière symbolique, l’artiste a voulu rendre hommage à ceux qui sont morts dans le ghetto et dans les camps d'extermination. La face du mémorial montre quelques combattants juifs, avec Aniélewicz à l'avant tenant une grenade dans sa main. Les grenades ont été vraiment la seule arme défensive disponible des Juifs. L'arrière du monument montre une ligne de prisonniers juifs marchant vers la mort dans un camp de concentration. Bien que créé en 1984 - trois ans avant la mort de l'artiste - son style rappelle un peu celui des œuvres artistiques des années 1930 et 1940. Une copie de cette sculpture se trouve aujourd’hui au musée de Yad Vashem, elle est l’un des symboles connus du patrimoine de la shoah et des héros.
?xml:namespace>
-Le 19 avril 1988, pour le 45ème anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie, un chemin fut tracé dans l’ancien ghetto pour que les personnes puissent le parcourir en se recueillant.
?xml:namespace>
-Le deuxième mémorial est celui d’un soldat portant sur son dos un survivant d’un camp de concentration.
?xml:namespace>
-Le chef des Juifs Mordehai Aniélewicz était déterminé à ne pas abandonner sans lutter. A ce moment là, les Juifs du ghetto savaient déjà que les trains de Treblinka n’étaient pas destinés à la réinstallation des camps à l’Est du pays mais à les transporter vers un camp de la mort pour être exterminés dans les chambres à gaz. C'est parce que les résidents du ghetto ont commencé à refuser de prendre le train que les nazis ont décidé de liquider le ghetto. Mordehaï Aniélewicz a été représenté plus tard dans une autre sculpture de Rapaport qui se trouve dans le kibboutz de Yad Mordehaï.
?xml:namespace>
Nathan Rapaport immigré aux Etats Unis en 1950, il a vécu à New York jusqu’au moment de sa mort en 1987.
?xml:namespace>
Le studio de Nathan se trouve à Ramat Gan, rue Rokah et sert aujourd’hui de centre artistique, quelques unes de ses sculptures sont encore exposées dans cet atelier.
?xml:namespace>
Les rouleaux de feu-1972-
Lors de la pose des rouleaux de feux en 1970, cet impressionnant mémorial était isolé au milieu des monts de Judée complètement arides ; aujourd’hui grâce aux arbres plantés par le K.K.L, la vie a reprit le dessus à l’endroit où le souvenir de la mort régnait. Nathan Rapaport en laissant sa sculpture (Sépher-Thora) entre ouverte a voulu nous transmettre le message que l’histoire est un éternel recommencement et qu’à chaque génération nous nous retrouvons face à des événements similaires. Les rouleaux de la Thora, tout comme le livre d’Esther sont des objets qui se déroulent comme celle de la vie et celle de l’histoire qui reviennent toujours ; le cercle tourne sans arrêt, il recommence inlassablement son va et vient.
?xml:namespace>
Premier rouleau à droite face à nous.
?xml:namespace>
Dans la partie basse de la sculpture on observe des personnages qui vont vers le ghetto, au milieu l’éducateur Yanouk Korchak qui les accompagnent au camp ; devant lui quelques personnages en robes longues peuvent représenter soit les juifs à la sortie d’Egypte soit des religieux en état de prière soit des femmes ou encore des Juifs à l’époque du deuxième Temple. Au-dessus d’eux, la force allemande est représentée par des casques et des lames de couteaux dont la pointe s’élance vers le haut. L’allemand n’est pas représenté en être humain car pendant la guerre il ne s’est pas conduit en homme mais en bête. En haut les descendants de la révolte du ghetto, les nouveaux pionniers, on les voit avec des lames de couteaux, des pierres, des cocktails Molotov car ils sont maintenant forts et prêts à se défendre, ils apparaissent comme des anges. Rapaport ne fait aucune différence entre les camps de travail, les camps de concentration et les autres camps, pour lui cet ensemble constitue la Shoa et il l’exprime de plusieurs manières, comme par le feu et les flammes ou par l’étude de certains ou encore par d’autres personnes qui tombent au milieu des flammes et un visage et des mains qui se tendent vers le haut, vers le ciel, vers Dieu ou l’espoir. Les enfants des ghettos sont devenus des adultes trop tôt par la force des choses et ce sont souvent eux qui ont eu la responsabilité de leurs parents, ils s’arrangeaient pour les aider à survivre, à se nourrir, le monde était à l’envers. La menora et le drapeau expriment la liberté retrouvée des Juifs, Les 18 bateaux sortis de France qui n’ont pas eu l’autorisation d’accoster et qui ont du repartir sont aussi rappelés sur la sculpture. Ce n’est que trois mois plus tard qu’ils reviendront au pays. Sur ce même rouleau : La shoa reste à l’arrière et c’est l’espoir avec l’Alya.
?xml:namespace>
Le deuxième rouleau à gauche face à nous :
?xml:namespace>
En bas des soldats Juifs avec des casques, ils viennent conquérir le Cotel, c’est la guerre de 1967. En 1970 Nathan Rapaport change l’idée originale de cette partie de sa sculpture pour y incorporer les soldats et le Cotel. Conquérir le Cotel, c’est rentrer à la maison, être de nouveau chez soi. Plus haut tous les symboles du peuple juif avec le roi David et sa lyre, les anges, le Messie et l’échelle de Yaacov qui relie la terre au ciel. Au dos de ce rouleau le sacrifice du Temple, trois couvre-chefs différents, le casque du soldat juif, le béret du Palmah qui représente l’armée et le bob qui lui est symbole du kibboutznik. Ils rappellent l’homme qui se sépare de sa femme pour aller à la guerre, le soldat du Palmah, fort et courageux soutien le pionnier qui est encore fragile, un nouvel immigrant qui reçoit une arme pour défendre son pays et meurt épuisé au combat, un parachutiste pleurant en découvrant le Cotel.
?xml:namespace>
Le personnage qui tient la menora peut-être Herzl, le prophète Elie, Abraham, toute autre personne qui fait partie de l’histoire du peuple juif, qui a apporté quelque chose au pays et grâce auxquels aujourd’hui Jérusalem nous appartient. Le personnage tend les bras vers le haut, le ciel, Dieu !
?xml:namespace>
Le gettho à Yad Vashem
?xml:namespace>
C’est sur cette espace, face à ce mémorial que se font toutes les cérémonies à Yad Vashem. Cette sculpture représente les Juifs du ghetto de Varsovie. C’est avec intention que les cérémonies se passent devant ce mémorial car c’est le seul qui représente des Juifs qui se sont défendus. Ces Juifs ne se défendent pas pour vivre mais tout simplement pour mourir autrement….
?xml:namespace>
Mémorial Negba
Spectaculaire monument dédié à ses 24 grands héros de la guerre d’indépendance.
Sculpture de Mordéhai Aniélewicz tenant une grenade dans sa main pour défendre le kibboutz.
?xml:namespace>
18/01/2009
LA FAMILLE BENTWITCH.
Quelle est la famille juive aujourd’hui qui possède un cimetière privé? Depuis l’époque d’Abraham, notre père, qui acheta la grotte de mahpéla à Hébron et aux tombes de l’époque du Talmud à Beit-Shéarim, chaque famille juive a possédé une propriété privée avec des caveaux taillés dans la pierre. Aujourd’hui ; nous n’avons que des cimetières publics et il n’y a pas de morts qui soient enterrés dans des lieux privés. Seule, la famille Bentwitch, tellement connue, possède son propre cimetière.
Sur le mont scopus, au pied de l’université, dans un endroit enchanteur, cachés de tous, se trouvent deux cimetières. Le premier à gauche en rentrant appartient à la colonie américaine, le deuxième, à droite, fait partie de notre histoire.
Pour y accéder, on doit se rendre à l’entrée de l’université, porte numéro 3, et sur le trottoir d’en face on pénètre à l’intérieur d’une forêt où se trouve un petit chemin qui nous conduit à une enceinte murée.
A coté d’elle, une petite maison isolée où habitait le gardien arabe du cimetière. Aujourd’hui elle est occupée par une famille israélienne qui a la chance de loger dans une des maisons les plus romantiques de Jérusalem ; mais, il faut aussi penser qu’il n’est pas toujours agréable de vivre près des morts surtout lorsque les grands vents d’hiver soufflent et que tombe une pluie drue.
Légende de la famille Bentwitch.
Herbert et Suzanne Bentwitch vivaient en Angleterre à la fin du siècle dernier. Suzanne était une musicienne de grand talent et Herbert était un être noble, un puissant mélange d’anglais traditionnel et de juif conservant ses coutumes et ses traditions. Il était sioniste bien avant qu’Hertzl ne rêve de créer «Shivat Tsion ». Ils avaient une grande maison à Londres et une maison de campagne dans le Kent qu’ils appelèrent Hatzer Acarmel. Ils eurent 11 enfants qu’ils élevèrent pendant 20 ans. La mère qui a dû abandonner sa passion pour élever ses nombreux enfants leur a retransmis son art dès leur plus jeune âge. Pour cela elle réunit les enfants par groupe de trois et leur enseigne la musique. Le premier trio jouera du piano, le deuxième du violon et le troisième trio du violoncelle ; quant aux deux derniers ils formèrent un duo. Chaque groupe avait sa propre pièce de musique où ils s’entraînèrent dès l’âge de la maternelle.
I) L’aînée : Liliane
Son mari meurt lors d’un voyage en Ukraine. Il se rend là-bas pour récolter des dons pour les blessés des pogroms. Liliane fait son Alya avec ses six enfants et s’installe dans la propriété Leng. Elle hérite de la propriété et en fait don à sa mort, au K.K.L.
Son fils Daniel a été «la pomme tombée près de l'arbre ». Génie en musique, il est jeune mais pleins de problèmes mentaux. Il part aux Etats Unis pour étudier la musique mais se suicide dans le sanatorium des malades mentaux de Chicago. Il a à peine 18 ans et il est enterré dans le cimetière familial du mont scopus. Sur sa tombe est gravée une harpe et une portée de notes.
En souvenir, sa mère fonde la propriété Beit Daniel, à Zihon-Yaacov, centre musical et centre de repos des artistes. Elle est encore en activité aujourd’hui.
II) Norman.
Il étudie le droit et arrive au pays avec l’armée anglaise menée par le général Allenby. On est sous domination anglaise et c’est l’époque où se fonde l’université du mont scopus. Norman Bentwitch est sioniste et sa femme une anti-sioniste active. Norman vit six mois à Londres et six mois au pays. Il étudie le droit à l’université hébraïque de Jérusalem mais meurt à Londres. Sa femme rapatrie son corps dans la propriété mortuaire familiale.
III) Netta.
Elle épouse un juif allemand, romantique et complexé du nom de Mike LENG. Ils montent au pays en 1912 et construisent une propriété de style romantique qui prend le nom de la propriété familiale du Kent : HATZER ACARMEL. Les Leng reçoivent beaucoup, toute la haute société de l’époque est hébergée dans la propriété du couple un peu bizarre. Cette propriété ressemblait à une réserve londonienne, transportée au cœur de Zihon-Yaacov avec ses chevaux et ses carrosses. Personne ne sait de quoi et comment Netta meurt, un jour où Mike se trouve à Haïfa et elle dans sa propriété. Des bruits courts qu’elle se serait suicidée. Mike se suicide trois ans plus tard et ils n’eurent pas d’enfants. La propriété porte aujourd’hui encore le nom de «dévastée» en souvenir de la magnificence disparue.
IV) Dorothée.
C’est une histoire brève ; elle se convertit au christianisme et passe sa vie en tant que sœur dans un couvent.
V) Marjorie.
Elle a été apparemment douée mais elle reste dévouée à son père et le soigne jusqu’au dernier jour. Après sa mort, en 1932, elle se convertit au christianisme et change de logement pour habiter une maison préfabriquée dans la propriété de Zihon-Yaacov. Elle s’occupe de l’association conservatrice de Beit Daniel jusqu’au jour de sa mort.
VI) Moriel
Elle fait son Alya, peint et enseigne la peinture. Lorsqu’elle se retrouve veuve elle rejoint la propriété Leng à Zihon-Yaacov et y décède.
VII) Noémie.
Elle vit à Londres et elle est membre actif du parti communiste.
VIII) Hévi.
Mariée à un juriste en Allemagne, elle vient à Jérusalem avec la montée du nazisme. Elle vit au pays avec son mari et ses deux enfants.
IX) Talma.
La plus célèbre de la famille. Elle deviendra Talma Iline après son mariage. Eliézer Iline est le fils de David Iline, un des premiers enseignants du pays et petit-fils de Yéoshoua Iline, l’un des personnages célèbres de Jérusalem à la fin de ce siècle.
Yéoshoua Iline achète des terres à Motza et s’y installe. Il est l’un des fondateurs d’un des premiers quartiers de : Nahalat Shiva. Eliézer Iline est aussi l’un des plus grands architectes de Jérusalem. Il meurt relativement jeune après avoir fait une faillite.
Talma est une violoncelliste renommée et l’élève de grands violoncellistes du monde dont Pablo Kasllas.
Après une déprime elle fait son Alya mais reste dans le monde musical de Jérusalem. Elle fonde l’école d’art de Tel-Aviv qui porte encore son nom aujourd’hui.
Talma et Eliézer Iline construisent la première maison du quartier de Réhavia, au numéro 14 de la rue Ramban ; c’est alors le cœur d’une région désertée et isolée. Cette grande maison spacieuse a une architecture spéciale. Lorsque son mari fait faillite, ils se séparent de cette maison.
X) Carmel.
Elle est la femme d’un des présidents du mouvement conservateur juif aux U.S.A. Le soir de la Bar Mitzva de son fils aîné elle se convertit au christianisme et abandonne sa famille.
XI) Joseph.
Le dernier de la liste. Il fait son Alya et épouse Sarah la fille du docteur Hillel Yaffé.
Ce dernier est un pionnier de la première Alya, un grand médecin qui soigne la population de la malaria. Il a été le conseiller du ministre de l’éducation et directeur de l’école Ariéli à Haïfa. Plus tard il enseignera dans une école éducatrice. Il participe à l’organisation de l’éducation nationale du pays.
Pour conclure, Joseph représente la stabilité de toute la famille.
On peut trouver des livres dans la jolie bibliothèque de Marjorie sur la famille Bentwitch et sur Talma Iline. L’écrivain Benyamin Tamouz écrit également l’histoire de la famille Iline, celle de Daniel et la propriété de Zihon-Yaacov.
La propriété mortuaire du mont scopus est une grande propriété mais malheureusement peu de tombes y restent à ce jour. Au centre, celle du père et de la mère, Herbert et Suzanne Bentwitch, Herbert et Joseph, Norman et le dernier en date, Mike qui décède en 1987. Au centre, un banc pour s’asseoir, se recueillir ou lire l’histoire de cette famille.
?xml:namespace> ?xml:namespace> ?xml:namespace> ?xml:namespace> ?xml:namespace> ?xml:namespace> ?xml:namespace> ?xml:namespace> ?xml:namespace> ?xml:namespace>?xml:namespace>?xml:namespace>?xml:namespace>?xml:namespace>?xml:namespace>?xml:namespace>?xml:namespace>?xml:namespace>?xml:namespace>?xml:namespace>?xml:namespace>
27/03/2009
HILLEL YAFFE.
?xml:namespace>
Dans toutes nos villes nous retrouvons les mêmes noms de rues de personnages célèbres qui ont contribués à la création de notre Etat. Pourtant certains, comme Hillel Yafé, restent dans l'ombre sans aucune raison valable.
?xml:namespace>
Moshav Hillel en souvenir d'Hillel Yaffé
Le premier verger.
Face à un verger des pionniers de Hedera se trouve la route qu’ils tracèrent de leurs propres mains en cassant les pierres des environs. Cette route où plutôt ce chemin carrossable reliait Hedera à Zirhon Yaacov en passant par Benyamina, Zarkonya et Shouni. C’est ce chemin qu’empruntait le docteur Hillel Yaffé sur sa monture deux fois par semaine pour se rendre d’une implantation à l’autre, aucune autre route n’existant alors. Il mettait deux bonnes heures pour aller d’un point à l’autre. (Aujourd’hui, si l’envie nous prend de nous promener on peut y accéder par le chemin qui mène au parc de loisirs des enfants Shcvil Atapouz et qui se trouve près de Gan Shmouël).
?xml:namespace>
Ce sont les trois petits enfants du docteur Hillel Yaffé qui demandèrent à un guide d’organiser une conférence guidée sur les traces de leur grand-père, région où il a travaillé et qu’il a tant aimé. Ces petits enfants vivent maintenant à l’étranger mais ils ont hérité de la famille Yaffé la propriété de Zirhon Yaacov qui se trouve jointe à la propriété des Leng.
?xml:namespace>
A la mémoire d'un grand homme.
Hillel Yaffé a été un grand médecin et un grand politicien pendant plus de dix ans.
?xml:namespace>
Contrairement à beaucoup d’hommes politiques ou de personnages qui ont marqué le destin d’Israël et dont le nom est rappelé dans chaque ville nous ne trouvons aucune rue à son nom dans aucune ville ou peu d’endroits rappelant son souvenir à part l’hôpital de Hedera et un village au dessus de la vallée de Houla : Beit Hillel.
?xml:namespace>
Le docteur Hillel Yaffé n’a pas séjourné longtemps à Hedera mais son âme et son cœur ont toujours été près des pionniers de cette ville, il les a aidé matériellement, moralement et physiquement. Il a commencé à chercher une solution pour assécher les marais qui envahissaient la région, dès 1931 il entreprit d’ouvrir des réserves naturelles dans le Nord du pays et les premières maisons de la future ville virent le jour lorsque l’implantation ne comptait alors que 200 habitants.
Les marais sont le résultat d’une structure topographie et morphologique de terres particulières et aussi celui de la négligence du gouvernement ottoman, qui, pendant plusieurs centaines années a gouverné le pays en négligeant le problème. Un septième des terres de Hedera n’était composé que de marais qui entouraient la région comme une couronne mortuaire. A cette époque, les moustiques anophèle se multipliaient et furent la cause des épidémies de malaria.
?xml:namespace>
Durant les premières dizaines années de la création de l’implantation, la moitié de la population et des ouvriers moururent de la malaria ou de ses dérivés.
?xml:namespace>
Né à Krin petit village de Russie en 1864, Hillel faisait partie d’une famille de cinq enfants. Son père commerçant et cultivé permit au futur docteur de lui donner une éducation approfondie sur le judaïsme et ses traditions. Dès son adolescence il fut envoyé en Israël pour étudier au Gymnasia de Tel Aviv afin d’approfondir ses connaissances. Après de brillantess études il commença sa médecine en Suisse et se spécialisa en ophtalmologie à Paris. Dans un même laps de temps il se rapprocha du mouvement sioniste. Il commença à publier ses travaux de recherche en ophtalmologie qui lui valurent un énorme succès dans la communauté de la recherche. Le choix des études qu’Hillel Yaffé choisit et finit n’avaient qu’un seul but celui de venir professer en Eretz Israël
?xml:namespace>
A Paris il reçut le titre officiel du meilleur spécialiste mondial des soins de la malaria.
En 1890 son père décéda et il retourna dans sa famille au moment du deuil. En 1891 il décida de monter en Israël. Il fit tout d’abord une escale en Turquie pour obtenir un permis de professer au pays car Israël était gouverné par les ottomans. Arrivé au pays il décida d’abord de le visiter et pour cela il se rendit à Jérusalem et dans les premières moshavot qui voyaient le jour. De Jérusalem il sera très déçu car il n’en verra que les quartiers des religieux, pauvres, mal entretenus, enfermés dans leurs idées et leurs coutumes. Il sera agréablement surpris par les pionniers des premières moshavot qui représentaient tout le contraire des Juifs de Jérusalem, c'est-à-dire le travail avec ardeur, l’ambition, l’optimiste, le sionisme, un certain idéal et la joie de vivre.
En 1894 il commença à travailler à Haifa et ouvrit une pharmacie grâce à de généreux donateurs de la communauté russe. Il fut appelé à travailler dans la ville de Tibériade et là il découvrit une population mélangée : des Juifs ashkénazes, sépharades et des arabes qui vivaient tous côte à côte. Il s’y installa et y travailla deux ans puis il retourna à Zirhon Yaacov où il créa de toutes pièces un dispensaire où il recevait jusqu’à 180 malades par jour !
?xml:namespace>
Centre médical Hillel Yaffé à Hedera
De temps en temps il prenait le temps d’aller à la mer pour se baigner et un jour il faillit se noyer ; c’est grâce à un Arabe de la famille El Baroumi qu’il fut sauvé et il resta longtemps en relation avec lui car chez les Arabes celui qui sauve ou qui est sauvé par une personne est un « frère » mais après l’indépendance la famille El Baroumi abandonna son village et bien que ses petits enfants firent des recherches on ne retrouva jamais la famille El Baroumi.
?xml:namespace>
En 1894 Hillel Yaffé organisa le premier congrès des 18 moshavot déjà existantes pour essayer de résoudre leurs énormes problèmes des pionniers puis il fut président du groupe « Hovévéi Tsion » (les amoureux de Sion) tout cela bien avant que le premier congrès d’Herzl à Bâle n’eut lieu.
?xml:namespace>
En 1895 l’implantation de Hedera lui offrit un terrain de 2 ares pour qu’il se sente chez lui parmi la population de cette moshava, c’est dire à quel point les relations entre le docteur et les pionniers étaient chaleureuses et amicales ; il y construit une maison qu’il n’occupa presque jamais car ses obligations professionnelles le faisaient voyager sans arrêt un peu partout dans le pays.
?xml:namespace>
En 1896 le Baron Edmond de Rothschild avec lequel il était en rapport constant débloqua des fonds pour l’achat d’eucalyptus afin d’en planter près des marécages. A l’époque ils pensaient que ces arbres absorberaient les eaux marécageuses et que les marais disparaitraient, erreur qui leur coutât très chère.
?xml:namespace>
Hillel Yaffé fut plus qu’un docteur, il fut aussi un grand politicien, il soutint les moshavot et créa une école de garçons à Yaffo. Dans le but d’accompagner Herzl qui devait se rendre à Jérusalem pour rencontrer Guillaume II, Hillel Yaffé réussit à trouver à Hedera la seule diligence disponible qui restait dans le pays car toutes les autres avaient été réquisitionnées pour l’Empereur. Herzl et Hillel Yaffé espéraient l’appui de l’empereur en faveur des Juifs, la déception fut grande car Herzl resta neutre pour soutenir une Alya renforcée et l’établissement agricole sur les terres d’Israël.
En 1902 une épidémie de choléra se déclara en Israël et Hillel Yaffé réussit à l’enrayer, il interdit à la population de sortir des implantations et mit en quarantaine les malades et leur famille afin d’arrêter l’épidémie.
Hillel Yaffé participa en 1903 à la délégation du mouvement sioniste qui se rendit dans la région d’El Arish pour voir s’il y avait une possibilité de créer un Etat Juif dans cette région, idée soumise par Herzl au congrès sioniste. Il se déclara contre le projet de l’Ouganda et dirigera le syndicat des instituteurs.
?xml:namespace>
Zarkonya
Les pionniers donnèrent ce nom à leur ferme car ils habitaient non loin du village de Jis El Zarka et choisirent ce nom rapprochant. Cette grâce à cette ferme que Benyamina vit le jour dès 1921. Ce bel ensemble architectural comprend plusieurs pièces voutées relativement grandes qui entourent une très grande cour, là des femmes dont celle d'Hillel Yaffé s’occupaient des vergers qu’ils plantèrent. Pour les arroser ils creusèrent un puits et firent un bassin attenant pour l’arrosage des arbres, la société de conservations de bâtiments a restauré dernièrement le caravansérail, le puits et le bassin.
Dans une des lettres qu’écrivit Aaron Aronshon à sa fiancée Rivka, il mentionne son passage dans cette ferme et parle aussi de ce puits et de son bassin attenant.
?xml:namespace>
Propriété Leng.
En 1927 Hillel Yaffé revint s’installer à Zirhon Yaacov et fonda un hôpital régional où il lutta contre la malaria. Le docteur Lévita et sa femme était le seul couple d’amis de la famille Yaffé, leur fille se maria avec Herbert Bentwitch un être noble, un puissant mélange d’anglais traditionnel et de juif conservant ses coutumes et ses traditions.
?xml:namespace>
Cimetière.
Mémorial d'Aharon Aronshon
Tombe d'Hillel Yaffé
Tombe de Sarah
Hillel Yaffé et Aaronshon étaient deux bons amis mais leur amitié fut interrompu par un grave conflit, Hillel accusa Aharon de lui avoir volé ses recherches sur la malaria et les avoir fait publier à son nom.
En 1912 Hillel Yaffé fonda l’école Réali à Haifa
En 1934 une grande fête fut organisée en l’honneur des 70 ans d’Hillel Yaffé
En 1936 Hillel Yaffé nous a quitté
?xml:namespace>
17/01/2011
Taïko – Une véritable maison de thé japonaise en Galilée
Au-dessus de la ville de Carmiel le village de Nichmanim est sur le mont Camoun qui domine à 600 mètres d'altitude, c'est dans ce cadre magnifique que s'est ouvert la maison de thé de Taïko.
Taiko, japonaise mariée à un Juif ashkénaze vit depuis 27 ans en Israël. Elle nous reçoit chez elle pour que nous assistions à la préparation d’un thé. Le sujet principal de sa conférence est sur la préparation du thé. Elle nous parlera des coutumes japonaises et surtout de cette cérémonie sur le thé. Il faut poursuivre des études spéciales pour pouvoir y participer, trois ans d’études pour pouvoir organiser une préparation de thé mais il faudra cinq ans d’études pour le servir et 10 ans pour l’enseigner. Ces études comportent en effet un savoir vivre et une philosophie de la vie, sans oublier le principal, la méditation.
Taïko nous explique qu’au Japon dès leurs naissances on apprend aux enfants à dissimuler leurs sentiments, absolument tous, unanimement tels qui soient, les Japonais doivent présenter en toute occasion un visage neutre. Le père est souvent absent et toute la responsabilité de la maison est dans les mains de la mère qui, en majorité, ne doit pas travailler mais entretenir sa maison en s’occupant de ses enfants. Ce sont les parents qui cherchent et trouvent le conjoint de leurs enfants, seules les jeunes filles qui étudient la cérémonie du thé ont la liberté de choisir leur futur conjoint car elles sont plus évoluées intellectuellement et acquièrent des capacités qui les rendent plus indépendantes.
La cérémonie du thé ne se fait pas tous les jours mais sur invitation, elle peut s’organiser après un deuil, lorsque la famille invite des amis ou des parents ou pour toute autre occasion de la vie. Elle dure un minimum de trois heures, tous les invités sont assis à terre autour de la maîtresse de maison qui dispose tous les ustensiles utilisaient pour le thé d’avance sur un long tapis. De tous petits gâteaux sont servis avec le thé, ils sont à basse de soya, sans sucre, sans huile et sans graisse mais très colorés et de formes diverses. L’invité n’en mange qu’un seul et tout comme la nourriture chez les Japonais on doit la porter à sa bouche et non pas se pencher (comme des bêtes) pour la déguster (autre forme de philosophie). Pendant un repas on ne mange pas jusqu’à satiété mais seulement à 80% des capacités de notre estomac, on doit toujours rester sur sa faim. La cérémonie du Thé se passe en général à cinq heures du matin, d’une part car se sont des séances de méditation et qu’à cette heure là tout repose en paix et d’autres parts parce que la chaleur atteint 35° et l’humidité est importante.
Le kimono.
Le port du kimono est aussi un cérémonial, la Japonaise ne doit en aucun cas montrer les formes de son corps, le seul coté féminin qu’elle peut mettre en valeur est son cou, aussi porte-t-elle souvent les cheveux relevés ou très courts et le kimono rejeté en arrière. Elle mettra une heure pour s’habiller le matin car elle doit mettre successivement cinq couches de vêtements et onze ceintures avant le kimono, il faut une certaine minutie pour ce travail car autrement elle ne pourrait pas marcher. La Japonaise porte des sandales en bois, relativement étroites, sans cambrure, avec un petit talon plat et large sans forme pour le pied gauche ou le pied droit, ces sandales sont très inconfortables pour marcher et provoquent de nombreux inconvénients.
Le jardin japonais.
Le k.k.l. à crée un jardin japonais mitoyen de la maison de Taïko, sur les hauteurs du mont Camoun, face à la ville de Carmiel. Il a fait venir de la terre du japon pour une meilleure adaptation des arbres. Ce n’est pas un jardin miniature selon la coutume mais des arbres et des plantes qui courent sur les pentes de la montagne.
Un restaurant japonais, une galerie d'art et un salon de thé sont à la disposition des visiteurs.
Adresse : Mitspé Nichmanim
Téléphone : 04-988 49 89
12/10/2011
|
Hanna Orlof 1888-1968 : Elle a fait partie de l'Ecole de Paris. Elle a travaillé le bois, la pierre, le marbre, ou le bronze. Ses thèmes principaux sont des groupes mère-enfant des nus ou des animaux. Sculpteur israélienne sa sensibilité se retrouve surtout dans ses œuvres "les maternités" | |
Une femme sculpteur
Femme sculpteur Hanna Orloff est né en 1888 en Ukraine, période où les Juifs ont subi de graves persécutions et des pogroms ce qui rappel la fragilité de leur situation. Sa famille émigre en Israël en 1905 lorsque l'artiste à 18 ans. Familiarisée avec l'hébreu car elle étudie en "Heder" en Ukraine dans son pays, elle trouve un emploi de couturière chez un tailleur à Yaffo pour soutenir financièrement sa famille. Hanna se joint également au Mouvement Hapoèl Hatzaïr : "Les jeunes travailleurs" et là elle guide et instruit les jeunes filles qui viennent d'arriver en Palestine. Hanna Orloff est juive, israélienne, née en Ukraine. Sculpteur figuratif c'est l'une des nombreuses artistes juives qui affluent à Paris au début du 20ème siècle, elle fit également partie des membres de la communauté artistique pionnier en Israël sous mandat britannique. Hanna sculpte; elle a une prédilection pour le bois mais elle expérimente tous les métaux. D'abord le bois (au début récupéré sur les chantiers), puis la pierre, le marbre, la terre cuite ou le ciment. Mais dès qu'elle l'a pu, elle a repris pratiquement toutes ses œuvres pour les faire couler en bronze en les adaptant parfois à ce matériau unique. Hanna Orloff est surtout connue pour ses portraits sculptés de personnages célèbres, et plus particulièrement ceux du monde de l'art à Paris au début du 20ème siècle. Ses sujets inclus les peintres, Picasso, Matisse, Modigliani, les poètes, Fleg et Mac Orlan, les architectes, Chareau et Auguste Perret, l'avenir et le Premier Ministre israélien, Levy Eshkol. Elle sculpte également les animaux, en particulier les oiseaux, les hommes et les femmes ordinaires, et avec beaucoup de sensibilité les maternités. Après avoir été couturière elle trouve un travail d'enseignante comme couturière au lycée Herzliya mais elle décide d'aller à Paris pour obtenir des diplômes en la matière. Une fois à Paris en 1910, Hanna découvre sa passion pour l'art et ne revient jamais enseigner la coupe et la couture. A l'époque, Paris est considéré comme la capitale artistique du monde et la ville attire de nombreux artistes étrangers, dont de nombreux juifs, et Hanna les retrouve à Montparnasse. Elle étudie la sculpture à l'Académie russe de Montparnasse et devint l'amie de Modigliani, Soutine, Pascin, Zadkine, Lipchitz, et Chagall. En 1913, fortement influencée par le cubisme, Hanna prend part au Salon d'Automne et elle expose son travail à plusieurs reprises à Paris. La même année, elle revient en Israël pour une brève visite à sa famille, mais retourne bien vite à Paris.
|
Hanna se marie
Hanna mûrit rapidement au cours des années suivantes, elle se fait connaître dans la capitale parisienne et son travail est bientôt exposé aux principales expositions d'art de Paris ainsi qu'à d'Amsterdam et à New York. Hanna se marie avec Ary Justman, un jeune homme né à Varsovie, écrivain et poète. Ensemble, ils publient un livre de poésie avec la photographie de la première sculpture de Hanna. Justman meurt après la Première Guerre mondiale d'une épidémie de grippe à peine trois ans après son mariage avec Hanna, puis elle démissionne de toutes ses activités pour se consacrer entièrement à l'art et à l'éducation de son fils.
Hanna Horlof s'installe alors dans un bâtiment qui va rentrer dans l'histoire sous le nom de "La Ruche" qui héberge, en cette période, de nombreux artistes souvent juifs et expatriés : Modigliani, Soutine, Jules Pascin, Moïse Kisling, Georges Kars et d'autres, aux côtés du Néerlandais Van Dongen et du Japonais Foujita. Hanna Orloff fréquente aussi le cercle qui se réunit à la nuit tombante dans les fameuses brasseries parisiennes comme "La Rotonde" ou "au Dôme". Un soir, en 1912, Modigliani, croque rapidement le portrait de Hanna Orloff, assise en face de lui, sur une enveloppe sortie de sa poche. Il écrit en hébreu, sur le coin supérieur : Hanna bat Raphaël (Hanna, fille de Raphaël) De nombreux artistes, parmi lesquels Chagall, Picasso et Archipenko, fréquentent l'Académie russe créée à Montparnasse par Marie Vassilieff, artiste et critique de talent arrivée à Paris en 1905. Hanna Orloff, expose deux bustes en bois au Salon d'Automne de 1913, crée également une Amazone en bois, œuvre la plus représentative de cette période (1916). Orloff réalise ensuite de nombreuses sculptures de son fils. L'Homme à la pipe (1924), exposé à l'extérieur de l'aile pour enfants du Musée d'Israël, représente l'autre pôle de l'art de portraitiste de l'artiste. Hanna Orloff, réfugiée en Suisse au cours de la Deuxième Guerre mondiale, réintégrera son studio parisien après la Libération. Ses meilleures sculptures, fruit de 35 ans de travail, ont disparu. L'indépendance de l'État d'Israël donnera une impulsion nouvelle à sa carrière. En 1949, après des expositions à succès en Europe et en Amérique, ses travaux sont présentés à Tel-Aviv, Jérusalem et Haïfa.
|
ses sculptures sont exposées aux États-Unis
La réputation de Hanna est bien établie dès 1920 surtout grâce à ses portraits. Dès 1928 ses sculptures sont exposées aux États-Unis et en 1937 une salle entière lui est consacrée à ses œuvres au Petit Palais à Paris. Le 20ème siècle voit le début de la sculpture en Israël. Les artistes en Israël luttent dans une région dépourvue de conditions adéquates pour les arts et une culture locale des arts est encore à se matérialiser. Pour pleins de raisons, les artistes israéliens sont très mobiles, ils voyagent souvent dans les centres d'art du monde. À ce titre, ces artistes ont non seulement leur propre identité d'artiste israélien, mais aussi une identité avec tous les artistes juifs du monde entier, ce qui leur permet de faire partie également du centre d'art mondial. Bien que Hanna s'installe à Paris, elle a un lien constant avec la terre d'Israël. Entre les années 1920 et 1930, Hanna reçoit beaucoup dans sa maison de Paris, des visites d'artistes israéliens, des dirigeants sionistes, des étudiants et des amateurs d'art israélien. Le printemps de 1935 voit s a première exposition en Israël au Musée de Tel-Aviv dans la maison de Dizengoff qui vient d'ouvrir ses portes. C'est dans la maison de Hanna à Paris, que le maire Monsieur Dizengoff et son épouse en visite chez elle, ont l'idée de convertir leur maison en musée. L'exposition comprend des portraits de Hava Chabor, Reuven Rubin, le peintre juif Reisin, Shalom Asch, Bialik, ainsi que plusieurs autres. Après l'exposition, il est décidé que la sculpture de Bialik resterait en Israël et par ce fait beaucoup de sculptures de Hanna sont sauvées des mains des Allemands qui détruisirent ses travaux dans son atelier pendant l'occupation allemande de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Quand les Allemands envahissent Paris pendant la Seconde Guerre mondiale Hanna Orloff fuit la ville pour la Suisse avec son fils et le peintre juif Georges Kars En 1945, Hanna retourne dans son appartement de Paris avec son fils. Sa maison est saccagée et les sculptures de son atelier détruites. Après la fin de son travail sur la sculpture "Le Retour" et de nombreux dessins Hanna part aux Etats-Unis où elle sculpte et fait des expositions dans tout le pays. Elle retourne à Paris en 1948. Avec l’indépendance d'Israël, Hanna passe de plus en plus de temps au pays En 1949, le Musée de Tel-Aviv organise une exposition de 37 de ses sculptures. Elle reste en Israël cette année-là pour achever une sculpture de David Ben-Gourion. Hanna achève également le portrait de "The Hero", un monument à la résurgence et décide de concevoir un monument pour les défenseurs d'Ein Gev-, la sculpture de la "maternité" un monument à la mémoire de Hanna Tuckman qui fut blessée au cours de la Guerre de l'Indépendance.
|
Hanna Orloff crée des versions du visage
En 1935, Hanna Orloff reçoit une autre commission officielle pour créer une œuvre sur la femme israélienne qui travaille ; elle se trouve aujourd’hui en face du bâtiment de la Histadrout à Tel-Aviv. Hanna Orloff crée de nombreuses versions différentes du visage, y compris le « porteur » « le semeur » « le producteur » et la « tondeuse » pour la commission de choix, et finalement « la femme avec un panier » est choisie. Au cours de la décennie suivante, Hanna Orloff expose ses œuvres à maintes reprises en Israël. En 1968, elle tombe malade et à son retour en Israël une exposition rétrospective est organisée au Musée de Tel-Aviv. Elle est hospitalisée à l'hôpital de Tel-Hashomer où elle disparait le 16 Décembre. Hanna Orloff est enterrée en Israël au cimetière de Giv’at Shaoul.
|
|
Elle raconte :
Je suis tout d'abord attirée par le côté décoratif- plastique si vous préférez- et le caractère…Je voudrais que mes œuvres soient aussi vivantes que la vie… " " Je commence par faire plusieurs dessins, très poussés, du modèle. Puis je passe à la sculpture, et alors j'envoie promener le modèle dont je n'ai plus besoin… " " Pensez-vous que l'art soit affaire aussi individuelle qu'on veut bien le supposer ? " "Je crois aux grands courants irrésistibles et à la fatalité. Il y a des choses qui doivent être dites. Par moi ou un autre, cela n'a aucune importance… " De 1912 (première sculpture présentée) en 1968, date de sa mort, Hanna Orloff n'a jamais cessé de sculpter. Presque 500 sculptures répertoriées.
| | |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Copyright 2009 - www.terredisrael.com
Le site est édité par la Sté Terredisrael Ltd. Israel (Sté Num 513928770) - Contact : Yossi TAIEB Email: contact@terredisrael.com
 | | |
|
|
|
| |
15/11/2011
Naissance d'une femme exceptionnelle
Le 21 décembre 1860 une petite fille qu’on prénomme Henriette voit le jour à Baltimore dans le foyer du rabbin Benjamin Szold. Très jeune, elle se passionne de livres religieux et de Thora, devenant l’assistante et la confidente de son père. Le rabbin et son épouse ont cinq filles, mais c’est Henriette qui, très vite, devient la seconde maman de la famille. Ce qui ne l’empêche pas de travailler comme institutrice. A l'âge de 20 ans, elle est journaliste et se passionne pour les Juifs de Russie, victimes de l’antisémitisme et qui commencent à se réfugier en Amérique. La maison de la famille Szold se transforme peu à peu en auberge d’accueil pour tous les damnés juifs de la terre. On leur sert des repas, on les héberge, on leur trouve du travail et Henriette se charge de leur apprendre l’anglais afin qu’ils s’intègrent plus rapidement dans leur nouveau pays. Parallèlement, Henriette fait ses premiers pas de militante sioniste.
De 1893 à 1913, elle occupe le poste de secrétaire générale de la "Jewish Publication Society," un organisme culturel juif. Entre-temps sa famille s’installe à Philadelphie puis à New York. En 1909, c’est la grande aventure. En compagnie de sa mère, Henriette visite la Palestine. Elle est horrifiée par ce qu’elle découvre : le pays est pauvre et infesté par les maladies endémiques les plus graves : malaria, tuberculose, rachitisme, trachome…Henriette Szold se promet de revenir au plus vite pour participer à la construction d’Eretz Israël et pour lutter contre les fléaux qui rongent le pays. En 1912, elle est de nouveau au pays et réunit une douzaine de femmes pour tenter d’améliorer la situation sanitaire du pays. Elle fonda l'Organisation des Femmes sionistes d'Amérique Hadassa. Peu à peu, le nombre d’amies qui veulent s’investir dans cette mission croît : quatre mille en 1917, cent mille en 1927. L’association Hadassah vient de naître officiellement. Henriette Szold en est naturellement la présidente. Élue à l’Exécutif palestinien de l’Organisation Sioniste Mondiale, elle fut la première femme à occuper une telle position et on lui confia la direction du Département de Santé publique et de l'Assistance sociale. Elle démissionna en 1931 et devint membre du Vaad Léoumi ("Conseil National Juif"), qui la chargea des œuvres d'assistance sociale, qu'elle avait très efficacement organisées comme membre de l'Exécutif, Henriette Szold est en charge de l’Éducation et elle a 71 ans quand elle devient " ministre " de la Santé sous le pré-gouvernement juif d’avant l’Indépendance d’Israël.
L’Hôpital Hadassah
La devise d'Henrietta Szold, "ayez de grands rêves et par des actions concrètes faites qu'ils deviennent réalité" . Elle sillonne les États-Unis pour collecter des fonds grâce auxquels, en 1939, est inauguré, sur le Mont Scopus de Jérusalem, l’Hôpital Hadassah. L’Hôpital Hadassah à Jérusalem est l’un des meilleurs hôpitaux du pays et probablement du monde entier. Hadassah, c’est aussi le nom d’une plante qui, en français, se nomme le myrte. C’est encore le deuxième prénom de la reine d’Esther qui se rattache à la fête de Pourim. (Esther sauva le peuple juif de la destruction promise par le méchant Amman). Et c’est parce qu’il fut inauguré un jour de Pourim en 1939 que l’Hôpital Hadassah porte ce nom. Un hôpital qui est aussi tout un réseau d’aide aux défavorisés et aux malades. Henriette Szold, la fondatrice de cet hôpital et devient directrice du mouvement jusqu’en 1944. Le CHU Hadassah comporte deux hôpitaux : Hadassah Ein Kerem et Hadassah Mont Scopus, ainsi que cinq Ecoles médicales universitaires. Institution médico-universitaire de renommée mondiale, Hadassah s'est fait une réputation pour l'excellent niveau de ses soins et son taux de guérison. Hadassah se distingue par sa démarche novatrice face à des problèmes médicaux complexes et par le travail d'équipe réalisé par ses médecins et ses chercheurs. Le CHU Hadassah qui inclut toutes les spécialités chirurgicales est un centre de médecine de pointe connu pour ses techniques médicales d'avant-garde. Ce centre médical est l'un des meilleurs hôpitaux universitaires et centre de recherche du monde. Il est doté des équipements les plus perfectionnés en matière de diagnostic, de traitement et de recherche si bien que ses équipes mondialement réputées peuvent dispenser les traitements les plus novateurs. Les gens de tous les pays de la région viennent à Hadassah en quête d'espoir et de soins. Ils sont soignés au même titre que les autres patients venus du Bassin méditerranéen, d'Europe, d'Amérique du Sud et des Etats-Unis.
|
L’Alyat Hanoar L’immigration de la jeunesse
A 73 ans, alors que des bruits de botte inquiétants viennent d’Allemagne, elle crée l’Alyah des Jeunes pour arracher les enfants juifs des griffes nazies. Elle négociera avec les autorités allemandes le transfert en Palestine de plusieurs dizaines d’enfants juifs habitant Berlin. Elle fera de même avec l’Autriche, les Balkans et l’Iran. L'Aliyath Hanoar fut le couronnement de la vie d'Henrietta Szold ; elle lui consacra généreusement toutes ses forces jusqu'à sa mort. Le 30 janvier 1933 en Allemagne, le jour de la montée d’Hitler au pouvoir, Recha Freir enregistre officiellement le Comité de soutien à l’Alyah des Jeunes. Arrivés en Israël, ils reçoivent une formation scolaire très orientée vers le travail agricole dans des écoles, dans des villages de jeunes ou dans des kibboutzim. Des centres de l’Alyat Hanoar sont créés à Mikvé Israël, Kadouri, Nahalal. En 1939, l’organisation a sauvé 22,000 enfants juifs en les aidants à sortir de l’Allemagne nazie pour Israël avant l’établissement de l’Etat d’ Israël. Après la guerre, l’Alyat Hanoar se charge des enfants rescapés de la Shoah. L’écrivain Aharon Appelfeld arrivera ainsi en Israël. Après la création de l’Etat, en 1948, l’Alyah des jeunes devint l’un des départements de l’Agence juive. En 1958, le département a reçut le Prix Israël Aujourd’hui les villages de l’Alyat Hanoar continuent de jouer un rôle vital dans l’intégration des jeunes nouveaux immigrants et à la jeunesse défavorisée d’Israël. Henriette Szold demeure un écrivain de mérite. On lui doit aussi la traduction en anglais de divers ouvrages d'inspiration juive.
|
Henriette Szold nous quitte
Henriette Szold s’est éteinte et elle est entérrée au mont des oliviers à Jérusalem le 18 février 1945. Le kibboutz Kfar Szold et la "colline de la mère" (‘Guiv’at ha-Em’) situés en Haute-Galilée, l’Institut Szold de recherche des sciences du comportement, le village de la jeunesse ‘Ramat Hadassa Szold’, ainsi que de nombreuses rues de villes d’Israël portent son nom. Plusieurs lycées ont également porté à un moment son nom, à Haïfa et à Tel-Aviv. Des rues de Jérusalem –Tel Aviv- Haiffa – Lod –Ramat Ahsaron – Pétah Tikva – Afula – Akko- Naharya-Kfar Saba portent le nom d'Henriette Szold L’organisation juive de combat, le Palmah donnera son nom, ‘Henriette Szold’, à un célèbre bateau d’immigrants clandestins (à bord duquel se trouvaient plus de cinq cents personnes, dont près de cent quatre-vingt bébés, enfants et adolescents réfugiés de la Shoa) qui sera arrêté par les Anglais. Un banc situé sur le boulevard de Jérusalem à Lod, où elle avait l’habitude de se reposer dans ses voyages entre Tel-Aviv et Jérusalem porte également son nom. En 1976, un billet de 5 lires israéliennes fut imprimé à son effigie. C’est le jour de la mort d'Henriette Szold, selon le calendrier hébreu, qu’est fêtée en Israël la "fête des mères", en signe de reconnaissance pour avoir été une "mère" pour de nombreux jeunes Juifs dont elle s’occupa.
|
19/11/2011
Kibboutz Beth-El est un groupe de personnes d'une population d'environ 800 membres adultes et enfants, situé près de Zikhron Yaacov. Beth-El possède des usines et autres entreprises et il est le deuxième employeur en importance à Zichron Yaacov après le conseil local . | |
Les débuts de la Congrégation de Beit- El -Israël
Les débuts de la Congrégation de Beit- El -Israël a été crée dans le début des années soixante. Des habitants de Pardes Hanna, Binyamina et Zichron Yaacov ont vendus des centaines d'hectares de terres agricoles et certains terrains constructibles au bénéfice d'une femme anonyme appelée Emma Berger. Une courte enquête a révélé que les comptes bancaires de Berger en Israël couvraient des dizaines de millions de dollars. Une communauté de 400 allemands chrétiens s'est installée il y a 50 ans sur les terres de Benyamina et Zichron Yaacov. Près de leurs maisons, les terres agricoles leur permettent de vivre. Ils ont promis au gouvernement qu'ils n'étaient pas missionnaires et de ne pas construire d'églises dans l'enceinte de leur village. Ils se contentent de prier à l'intérieur d'un bâtiment. Ils ont ouvert deux usines à Zihon Yaacov dont une qui fabrique des duvets et une deuxième un système de filtration pour les chambres ou encore pour les tanks. Ils sont en contact avec Tsahal à qui ils vendent leurs filtres. Près de l'usine se trouve un magasin qu'ils appellent " Carmel produits naturels" et où ils vendent les produits de leur fabrication. On y trouve des pains frais, des biscuits, des gâteaux, des confitures, des sauces, des serviettes de toilettes, des duvets et des coussins.
|
Beth-El Zikhron Yaaqov Industries Ltd
Beth-El Zikhron Yaaqov Industries Ltd est un développeur et fabricant, leader de la protection ABC Systèmes, équipement de protection Blast, assemblement de Filtre à air pour les véhicules avec toutes les composantes connexes et autres produits connexes. Beth-El Zikhron Yaaqov Industries Ltd est devenu le fournisseur de nombreux OTAN-Forces, le PPP-Forces armées et de nombreux autres en Europe, le Moyen-Orient et l'Extrême-Orient. Beth-El Zikhron Yaaqov Industries Ltd a l'excellente conception, les essais, la fabrication et des capacités d'installation et des installations pour tous les aspects des systèmes de protection NBC. Leurs systèmes ont été testés intensivement dans les climats dans le monde entier et ont fait leurs preuves pour des performances maximales, la convivialité et la conception robuste. Beth-El-Zikhron Ya'aqov Industries Ltd est une société multi-facettes. La Société a gagné sa réputation par le contrôle de qualité rigoureux et un équipement de pointe. Les principaux domaines d'activité de la Société sont des systèmes de filtration NBC-pour des applications civiles et militaires: systèmes de véhicules militaires d'urgence et / conteneurs / abris mobiles, systèmes de banque de filtres pour la protection collective NBC, résistant à la NBC chambres, les systèmes de filtration pour les maisons privées, des tentes NBC-durcis pour des camps militaires. Les systèmes sont certifiés par la Défense civile De commandement et de l'Institut de normalisation d'Israël, testé par l'armée et adapté pour les environnements tropicaux et subtropicaux.
|
Fournisseur par l’OTAN
Beth-El fabrique des injections plastiques et aluminium coulé dans des moules, outils et services de fabrication de produits métalliques d'usinage de précision selon les exigences de client. Beth-El a également une branche supplémentaire de la conception et la fabrication de machines spéciales de production. C’est en 1963 qu’a débuté la remarquable histoire du kibboutz Beth-El à Zichron Yaacov. Ce groupe d’allemands protestants s’y est en effet installé en communauté pour participer à la protection de la population israélienne. Lors de la première Guerre du Golfe ils participent à l’élaboration des standards israéliens qui tiennent compte des conditions tropicales et subtropicales du pays. En 2001 l’entreprise qui fournit régulièrement Tsahal est acceptée comme fournisseur par l’OTAN et livre à l’organisation ses premières tentes NBC. Depuis lors plus de 30 armées dans le monde ont acquis des équipements de Beth-El. A Eurosatory 2006, l’entreprise a présenté sa nouvelle chambre de protection qui peut être installée en 20 minutes et repliée après usage pour être stockée aisément une fois l’alerte biologique ou chimique passée. Les équipements d’un kibboutz allemand chrétien fournissent une protection antinucléaire, biologique et chimique aux israéliens Le volume de production en 2009 était en hausse de 23 millions de dollars, dont plus de 13 millions de dollars en exportations. "House Industries de" investit environ 10% de son chiffre d'affaires dans la promotion de ses produits et de nouvelles technologies. La société s'est fixé comme objectif d'aider l'Etat d'Israël. La société emploie environ 400 travailleurs d'usine dans ses usines de Zichron Yaacov Israël, Shahak parc industriel et la zone industrielle à Bnei Yehuda. Ils jouissent du niveau de vie le plus élevé du Proche et Moyen-Orient. Ils disposent et jouissent aussi des mêmes droits civils et politiques que les 80 % de Juifs d’Israël.
|
Bethel Boulangerie à Zikhron Ya'aqov
Une boulangerie appartenant à des membres de la congrégation Beth-El a ouvert ses portes à Zikhron Yaacov. La boulangerie se trouve dans la rue principale, dans une maison de style, elle est fortifiée et les vendeuses portent des robes traditionnelles allemandes et leurs pains et produits de boulangerie sont emballés. Le pain qui porte la marque «Caramel», est un pain de seigle fait à base de farine de blé et de seigle de tradition allemande. On y trouve aussi des craquelins et de toutes sortes de biscuits divers, des confitures faites maison : Heures d'ouverture: Dimanche - jeudi: 9h00-13h00, 14h00-18h00 vendredi: 09h00-14h00 -vendredi (arrivez tôt). Téléphone: 04-6299986
| |
07/01/2012
|
S. Yizhar, de son vrai nom Yizhar Smilansky, est sans conteste le plus grand écrivain israélien de sa génération. Né en 1916 dans la moshava de Rehovot encore sous mandat britannique, il est issu d’une famille d’écrivains juifs d’origine russe, dont Moshé Smilansky, son père, qui contribua d’une manière décisive au développement de la presse en Israël.
| |
Réhovot
Yizhar a vécu ici dans la ville de Réhovot. Du haut de la ville le regard embrassait des étendues de vergers, une vue très dégagée sur des champs cultivés, des eucalyptus qui servaient de barrière protectrice et du mimosa qui parfumait l’environnement. Yizhar était très solitaire, il n’eut que peu d’amis, pourtant à Réhovot il lui arrivait de se promener au milieu des vergers avec l’un d’eux sur un des chevaux appartenant à son oncle Moshé. Chaque verger qui avait un minimum de 12 ares possédait son usine d’emballage et souvent le long des routes nous voyons aujourd'hui un bâtiment délabré, esseulé au milieu d’un champ qui est le vestige d’une ancienne usine d’emballage d’un propriétaire. Yizhar a écrit un livre retraçant sa vie dans les vergers de Réhovot sous le nom de "La baignade dans le bassin" (Réhasta Ba Briha) les péripéties qu’il faisait avec son compagnon, ses baignades dans le bassin du verger avec celui qui faillit s’y noyer, la manière dont ils escaladaient sur les éphédras pour rentrer dans les champs, etc.… Son oncle Moshé habitait aussi à Réhovot. C’est dans cette ville qu’Yizhar arriva à l’âge de 13ans et c’est l’école juste en face la maison de son oncle qui l’accepta en plein milieu d’année scolaire et lui permit de continuer sa scolarité. Son maître d'école Yaacov n’avait que 12 élèves dont trois filles. Yizhar enseigna plus tard dans cette même école qui porte encore son nom aujourd’hui. L’oncle Moshé était en fait l’oncle de son père qui était plus jeune que lui d’un an car ils faisaient partie de ces grandes familles qui avaient de nombreux enfants. Tout le monde reconnaissait la maison de l’oncle Moshé grâce à ses eucalyptus qui dominaient l’environnement. A ce jour la maison a disparu pour faire place à un immeuble mais il reste encore un bel eucalyptus. L’oncle Moshé, écrivain lui aussi s’installa tout d’abord à Hedera puis à Rishon Lesion avant de s’établir à Réhovot, une toute petite ville à l’époque entourée de Bédouins. Il fut l’élève d'Ahad Ha'am ou Asher Hirsch Ginsberg l'un des pères de la littérature hébraïque moderne. Zeev Smilansky, le père d'Yizhar fit parti du Bataillon Juif "Gdoud Aïvri" puis de la Haganah mais pendant la crise américaine de 1929 il fut ruiné et c’est l’oncle Moshé qui hébergea toute la famille. Zeev Smilansky était socialise et rêvait de créer une moshava (un village), il commença à travailler à Houlda mais sa maladie et sa femme qui était très dominatrice l’empêchèrent de réaliser ses rêves. Ils s’installèrent d’abord à Tel Aviv une dizaine d’années et Zeev fonda le service de statistique de la ville mais il fut licencié économique à cause de la crise et, démuni de tout, il se réfugia chez l’oncle Moshé qui lui proposa de travailler comme surveillant dans les vergers de la ville.
|
Beit Ha’am à Réhovot La maison du peuple.
Ce majestueux bâtiment servait aussi de salle de cinéma à l’époque des Smilansky. Yizhar et son cousin montaient sur les branches des arbres face aux bâtiments pour regarder gratuitement le film qui passait à l’intérieur mais Yizhar était surtout un rêveur et bien souvent son regard voguait vers le ciel, les étoiles et son propre film se déroulait dans sa tête. Rue Des Millionaires ou rue Ménouha et Nahala. C’est grâce à la famille Miller que l’eau courante fut installée dans les appartements de la ville ainsi que dans le quartier des Yéménites La famille Miller s'était installée à Réhovot avant de repartir à l’étranger où ils firent fortune. Quand ils revinrent en Israël ils construisirent leur superbe maison avec une impressionnante bibliothèque. Rue Broïdé et la maison Broïdé En 1908 Yaacov Broïdé construit une magnifique demeure dans la rue Ménouha et Nahala (Tranquilité et propriété) qui était la plus belle de tout le village. Yaacov Broïdé a été le président de la société Ménouha et Nahala (Tranquilité et propriété) et a habité cette demeure lorsqu'il arriva au pays. Rachel la poète loua une chambre avec ses deux sœurs dans cette demeure lorsqu'à son tour elle vint au pays. C'est la raison pour laquelle on appelle la maison "La tour des trois sœurs" Yizhar écrit une histoire pour enfants (Tapouz et Pouza) C'est l'histoire d'une orange qui se retrouve enfermée dans un cageot pour être expédiée loin de son arbre, il y décrit les misères que cette orange subie depuis que la cueillette jusqu'à son départ dans sa caisse. Cette histoire retrace simplement l’histoire de la Shoa qu’ Yizhar a vécut.
|
Houlda
Yizhar a vécut aussi à Houlda avec ses parents. Ils habitèrent une maison du nom d’Herzl qui n’était pas la même que le musée restauré dans la forêt du même nom, ses parents travaillaient dans une ferme agricole.
|
Givat Brenner
C’est dans ce kibboutz qu’Yizhar aimait se retrouver seul, sur ces hauteurs, face à un splendide panorama entouré de cette nature qu’il aimait tant, mais était-il vraiment seul ? Yizhar a toujours été triste car il perdit son père jeune et il rêvait d’une belle bibliothèque pour pouvoir y écrire ses livres. La pièce où il écrivait faisait face aux espaces, aux vergers, au soleil, à des étendues ouvertes et l’emplacement de sa tombe est également face au soleil et domine un de ces panoramas qu'il a toujours aimé. Le nom du moshav de Nir Moshé dans le Néguev a été donné en souvenir de son oncle Moshé Smilansky. Tous les livres de sa bibliothèque ont été regroupés là bas.
|
Yizhar Smilansky (21-9-1916 – 21-10-2006)
Ecrivain hébreu, il renouvelle en grand la nouvelle littérature hébraïque, il est également membre du parlement et reçoit le prix d’Israël pour la belle littérature. Yizhar Smilansky finit ses études d’enseignant à Jérusalem et enseigna à Yavnéel, à Ben Shemen, à Houlda et à Réhovot. Dans ce laps de temps il continua d’étudier à l’université pour obtenir sa troisième licence et obtint le poste de professeur d’éducation à l’université du mont Scopus jusqu’à ce qu’il démissionne. Son nom de plume S. Yizhar lui a été donné par le poète et le rédacteur Yitzhak Lamdan, quand en 1938 il édita la première histoire d'Yizhar : Ephraim va de nouveau à la luzerne dans son journal littéraire Galleons. Depuis, Yizhar signa ses travaux avec son nom de plume. Il a été député dans le cadre du Mapaï dès le commencement du premier parlement. Il a été élu membre du jeune écrivain promis contre les autres jeunes écrivains du Mapam et l’union du travail des ouvriers de Tsion. Plus tard il fera parti du groupe Raphi et ses publications seront pour la plupart des activités d’enquêtes pour protéger la nature. Smilansky a fait parti du parlement entre les années 1949 et 1967 avec une seule pose d’une quinzaine de mois au début du troisième parlement et il y retourna que vers la fin de 1956. Il a été un membre du comité d’enseignant, de la culture et du sport, du comité extérieur et de la sécurité, et du comité de la constitution des lois et de la justice.
|
Prix d’Israël
En 1959, il reçut le prix d’Israël, il avait seulement 43 ans, il était le plus jeune des candidats de ce prix pour son œuvre : Les jours de Ziglag,. Il a été l’auteur de récits et nouvelles sur la guerre d'indépendance, qui avaient pour toile de fond les conflits Israélo arabes. Dénonçant les horreurs de la guerre, certaines de ses parutions ont fait sensation et provoquèrent quelques débats. Convoi de nuit (publié en 2000 chez Actes Sud) était sans doute son ouvrage le plus célèbre, Hirbet Hiza et Le prisonnier hormis sa saga, Les jours de Ziglag, qui lui vaudra le prix d’Israël. A la fin des années 30 et jusqu’en dans les années 50, Yizhar publia quelques brèves nouvelles comme Les cendres reviennent. Ces récits sans concessions, publiés entre 1948 et 1950 firent scandale à l'époque, déclenchant des débats virulents qui perdurent. En 1982, il fut professeur de littérature hébraïque à l’université de Tel Aviv. Au cœur de ses écrits sont les paysages du pays, les liens entre l’homme, la nature et l’écologie. Son écriture complexe en a fait un écrivain à l’audience étroite. Il a aussi écrit des livres pour enfants. Après une longue période d’absence, il est revenu à la littérature dans les années quatre-vingt-dix; Beaucoup de personnes soutiennent que la prose hébraïque de Smilansky est l’un des plus grands succès de la nouvelle prose hébraïque. Yizhar Smilansky décède le 21 octobre 2006, juste un mois avant son 90ème anniversaire.
| |
22/02/2012
Joseph Bau : sa maison de Tel Aviv est gérée par ses deux filles C'est par une chaude journée d'été que nous pénétrons dans le studio de Joseph Bau. Personnage connu de tous sauf de nous jusqu'à cette minute, ce n'est que la recherche d'une découverte exceptionnelle qui nous a conduit à ce rendez vous au 9 de la rue Berdychiwski. Ce n'est pas une petite surprise qui nous attend mais plutôt un voyage envoûtant raconté par Adassa une des deux filles de Joseph Bau, un personnage qui a marqué son temps grâce à l'amour qu'il a porté aux autres et à son pays, grâce à son humour et à sa joie de vivre. Le musée de Joseph Bau est le studio authentique de la créativité de cet artiste qui révèle sous les yeux des visiteurs l'histoire de sa prodigieuse vie, la manière dont il la voyait à travers toutes ses activités artistiques, la Shoa, la narration et ses recherches sur la langue hébraïque, le tout avec son humour, sa joie de vivre et sa vision du monde par le rire. Qui était Joseph Bau : Un narrateur?Un Graphiste ? Un Peintre? Un Dessinateur? Un Caricaturiste? Un Poète? Un Cinéaste ? Un Créateur de dessins animés? Un Faussaire? Un homme des services secrets israéliens? Eh oui ! Joseph Bau a pratiqué tous ces métiers! Avec sa femme ils s'étonnaient tous les jours du miracle de la vie et de la joie d'être en vie, même dans les ghettos il garda toujours son optimisme et son humour. Le rire faisait parti intégrante de sa personne, c'était sa deuxième nature, il riait du fond du cœur, faisait rire les autres et ce rire l'a accompagné toute sa vie. Joseph est né en 1920 dans la ville de Krakow en Pologne. En 1938 il commença ses études à l'université d'arts plastiques de sa ville jusqu'au début de la deuxième guerre mondiale. C'est dans cette université qu'il apprit la calligraphie des lettres gothiques germaniques, ce qui le sauva plus tard. Pendant la guerre il fut arrêté et envoyé dans des ghettos et dans des camps de travail. Il commença dans celui de Krakow puis il fut transféré dans le camp de concentration de Plachov. De là il passa au camp de Gross Rozen pour finir dans le camp d'Oscar Schindler à Brinnlitz en Tchécoslovaquie. Dans le ghetto et dans les camps de travail ses qualités de calligraphe furent notées dans son dossier et il reçut l'ordre des allemands de travailler comme graphiste et dessinateur. Le problème c'est qu'à l'époque il n'écrivait que le polonais et les textes qu'il calligraphia furent en lettres allemandes mais en phonétique polonaise, n'est ce pas un des miracles de sa vie? Son aptitude et son art sauvèrent la vie de plusieurs prisonniers juifs dans les camps car il réussit à fabriquer des faux papiers qui permirent à un bon nombre de Juifs de s'enfuirent. Ce fut un autre miracle s'il ne se fit pas attrapé. Jamais il ne se vanta des bienfaits de son entreprise. A cette époque certains journalistes qui apprirent l'histoire des faux papiers l'interrogèrent sur le sujet et lui demandèrent pourquoi il ne s'était pas fait de faux papiers pour lui-même, il leur répondit " Si j'étais sorti qui leur aurait fabriqué ces papiers?" et l'un d'eux insista en lui disant " ce n'est pas dommage? Si tu étais sorti tu n'aurais pas souffert cinq longues années! Et sa réponse fut simple "Si j'étais sorti comment aurais-je connu ma femme?" Toujours dans les camps il confectionna de ses propres mains un jeu de cartes pour distraire les prisonniers. Ce jeu de cartes il l'a donné plus tard au musée de Yad Vashem. Pourquoi un jeu de cartes ? Car il était persuadé qu'en jouant les prisonniers se détourneraient de leur misère un moment et reprendraient goût à la vie. Il réussit ainsi à en sauver quelques uns en les obligeant à venir jouer avec lui. Il a toujours une approche très facile des personnes, ils savaient leur parler et les aider lorsqu'il les sentait en danger. Sur la demande express des Allemands, Bau conçu le schéma exact du camp Plachov où il se trouvait, il y mit tous les détails et toute la minutie qui lui été connue pour exécuter ce travail pointilleux. Après la guerre ce camp a été complètement détruit, tout a été rasé et aujourd'hui il n'y a aucune trace de ce camp nulle part sinon dans le livre de Bau qu'il a édité après sa libération sous le nom "dans les années 38" Il fit connaissance de sa femme dans le camp de concentration de Plachov en 1944. Leur code de rencontre était un sifflement très court. Ils se marièrent en cachette dans le camp des femmes. Pour avoir deux alliances Bau s'abstint de manger du pain pendant une semaine afin d'obtenir en échange deux petites cuillères à café. Il recommença une deuxième fois pour faire fondre ses petites cuillères et en faire deux anneaux. Puis un soir il se déguisa en femme et rentra clandestinement dans le camp des femmes en escaladant un fil de fer barbelé de trois mètres de hauteur. Ce fut un exploit incroyable, un des miracles comme il le dit qui se reproduisit à plusieurs reprises pendant ses séjours d'internements.Là au milieu de toutes ses femmes ils se marièrent symboliquement et il rentra discrètement dans son camp. 2377.jpg) Dans le film de Steven Spilberk, "la liste de Schindler" on assiste au mariage de Rebecca et de Joseph, des artistes jouent le rôle de la famille Bau mais eux deux apparaissent dans le fond en tant que figurants. Toujours dans son camp de concentration il écrivit des poèmes sur un petit carnet de gros papier marron qu'il appela : "le monde et moi" Face à chaque poème écrit dans sa langue natale le polonais, il fit un dessin se rapportant à la Shoa. Curieusement la majorité de ces poèmes sont pleins d'espoir et d'humour. Comme Addassa nous le répètera tout au long de ses explications, Joseph était un homme qui riait sans arrêt, qui voyait la vie qu'à travers le rire et l'humour. En 1946, il se maria officiellement avec Rebecca et lui voua un grand amour tout au long de sa vie. Ils élevèrent leurs deux filles dans la joie, l'amour et le rire, jamais de problèmes, jamais de tristesse. Contrairement à la majorité des personnes sorties des camps de concentration ils racontèrent à leurs filles leur expérience à l'intérieur des ghettos. Bau mettait toujours sa femme en valeur, comme toutes les autres femmes d'ailleurs et lorsqu'il la vit laver le sol, il lui ordonna d'arrêter ce travail sous peine de séparation définitive car pour lui, les mains d'une femme étaient belles et ne devaient pas servir aux travaux ménagers. Depuis, il mit un tablier et jusqu'à la fin de ses jours s'occupa des travaux ménagers. Rebecca était esthéticienne, manucure, pédicure des métiers qui mettaient les femmes en valeur. Elle tomba malade et décéda en 1997. Il l'assista jusqu'à son dernier souffle. Rebecca tout comme Joseph a sauvé de la Shoa un bon nombre de personnes, elle a passé sa vie à aider son prochain avec toute la discrétion dû à son grand cœur. Tout le long de leur vie cette qualité ne les a jamais quittés. Lorsqu'il fut libéré des camps Joseph Bau retourna dans sa ville natale, à Krakow, pour continuer ses études à l'université. C'est dans ces locaux qu'il exposa, dès qu'il fut prêt, une série de peintures sur les camps. Ce fut le maire de Krakow qui inaugura cette exposition, événement qui à l'époque était de grande importance. Il travailla aussi comme façonneur, graphiste, caricaturiste dans trois journaux différents de la ville. C'est à cette époque que son livre de poèmes et d'illustrations fut édité sous le nom de " l'ombre fugitive du passant" En 1950, après la fin de ses études, Joseph, Rebecca et Adassa leur petite fille de trois ans montèrent en Israël. Joseph fut engagé dans une brigade secrète du service de renseignements qui s'occupait d'activités techniques secrètes. Grâce à ses capacités et son habileté en graphisme et dans les ébauches, Bau fut incorporé dans leurs services. Plus tard, il fut transféré avec plusieurs de ses collègues dans un autre département ressemblant qui forma et s'activa dans un des groupes de l'assemblée des services de renseignements qui font partie aujourd'hui du bureau du premier ministre (Le Mossad). Joseph Bau jusqu'à l'âge de la retraite resta le plus longtemps possible discret sur sa vie professionnelle. Toujours dans les années 50, Joseph Bau ouvrit un studio de graphisme et de dessins animés à Tel Aviv. Il acheta, fabriqua, aménagea de ses propres mains tout un matériel d'animation ainsi qu'une salle de projection et un petit écran. Dans son studio il créa des publicités, des dessins animés, des pancartes où il inscrit des titres de films qui sortaient à l'époque dans le pays. Ainsi il participa et pas pour le moindre à la mise en pieds de l'industrie du cinéma israélien qui commençait à peine à voir le jour. Exemple des titres des films :"Huit sur les pas d'un seul" "Casablan" "Salah Sabati" "La tête du pilier" "ils étaient dix" dont une partie devinrent les classiques du cinéma israélien sans compter de nombreux autres titres de films qu'il créa dans son humble studio. Plusieurs de ses communiqués radiotélévisés de publicités qui sortirent passèrent aussi bien à la télévision qu'au cinéma. Sa grande passion de l'animation en fit le premier plus grand animateur israélien ainsi que ses travaux de graphisme. Parmi ses travaux nombreux travaux sur le graphisme sur lesquels il était très assidu on trouve celui des rouleaux de parchemin fait en l'honneur d'un docteur de l'université de Tel Aviv. Son studio cinéma Sa table de dessin Joseph Bau écrivit, illustra, disposa et édita huit livre en hébreu et en polonais et l'un d'entre eux fut même traduit en chinois. Les autres sont encore à ce jour traduit en anglais, en espagnol et dans un proche avenir en français. Son amour de la langue hébraïque était très grand, il aimait aussi bien les lettres que la globalité de la langue et rentrait dans les moindres détails des mots. Il créa, modela et façonna une quantité de lettres hébraïques grâce à ses mains habiles et à son don de manier les lettres. Bau était tout simplement un passionné de la langue hébraïque. Malgré ses nombreuses occupations Joseph Bau n'a jamais abandonné son amour pour la peinture. Il peignait entre ses voyages quand il n'allait pas présenter ses travaux dans les différents pays qui l'accueillaient. Joseph Bau est décédé en 2002 Ses travaux sont connus dans le monde entier. Plusieurs de ses créations se trouvent dans différents pays. Nombreux de ses livres et de ses articles ont été retenus dans les archives de la Shoa. Joseph Bau est l'histoire d'un homme et d'un artiste qui n'a jamais perdu l'amour de ses prochains, sa joie de vivre et son humour. Adassa et sa sœur essaient de conserver la mémoire de leur père en gardant ce studio où il a travaillé 40 ans. Dans la première pièce du studio, se trouve une télévision pour passer des films de l'artiste, des portraits du couple, ses propres portraits, plusieurs de ses publicités et ses livres. Dans la seconde pièce, les objets authentiques dont s'est servi l'artiste, sa table de travail de peinture, sa petite salle de projection avec son écran et ses projecteurs, tout son matériel pour l'écriture, quelques plaques de titres de films et un lavabo… Adassa chante et mime plusieurs chansons, à l'aide d'un disque et selon la demande du visiteur. La première chanson qu'on entendra est celle du rire que son père aimait tant, la deuxième est une chanson sur le bénévolat. Joseh Bau ayant travaillé pour le Mossad plusieurs années ne pouvait signer ses œuvres. Il les marqua d'une seule lettre dans le sens de la hauteur ; Un grand S souligné et avec un point dans la partie supérieure mais si on retourne la feuille pour la mettre dans le sens de la largeur on distingue clairement le ב B de Bau, le א alef et le ו vav qui forme le O. Signature de Bau Sa fille Adassa Il louait ce studio pour la modique somme de 100Sh par mois. Lors de la maladie de sa femme, il abandonna le studio pour rester près d'elle. Lorsqu'il revint pour ouvrir le studio, les propriétaires avaient changé et les nouveaux propriétaires augmentèrent considérablement le loyer. Ils voulaient le mettre à la porte. Après bien des discussions et des arrangements il resta dans ce studio et ses filles aujourd'hui doivent payer la somme de 800 dollars pour ces deux pièces plus que modestes. Pour conserver la mémoire de leur père, elles se démènent, font des conférences à des groupes de visiteurs, se déplacent dans les écoles pour faire connaître cet artiste, elles éditent plusieurs de ces livres pour les vendre ainsi que des posters, des tricots avec certaines publicités de Bau. Elles arrivent à peine à couvrir leurs frais mais s'accrochent car le souvenir de leur père, pour elles, vaut tous les sacrifices. Pour conclure Adassah nous dira : Faites savoir à tous les promeneurs du boulevard Rothschild qui viennent pour admirer l'architecture de l'école Bauhaus, qu'ils tournent dans la petite rue Berdychiwski et qu'ils viennent admirer les merveilles de BAU House, (un petit jeu de mots ) qui en vérité en vaut bien le détour! |
04/08/2012
Taïko – Une véritable maison de thé japonaise en Galilée
Au-dessus de la ville de Carmiel le village de Nichmanim est sur le mont Camoun qui domine à 600 mètres d'altitude, c'est dans ce cadre magnifique que s'est ouvert la maison de thé de Taïko.
Taiko, japonaise mariée à un Juif ashkénaze vit depuis 27 ans en Israël. Elle nous reçoit chez elle pour que nous assistions à la préparation d’un thé. Le sujet principal de sa conférence est sur la préparation du thé. Elle nous parlera des coutumes japonaises et surtout de cette cérémonie sur le thé. Il faut poursuivre des études spéciales pour pouvoir y participer, trois ans d’études pour pouvoir organiser une préparation de thé mais il faudra cinq ans d’études pour le servir et 10 ans pour l’enseigner. Ces études comportent en effet un savoir vivre et une philosophie de la vie, sans oublier le principal, la méditation.
Taïko nous explique qu’au Japon dès leurs naissances on apprend aux enfants à dissimuler leurs sentiments, absolument tous, unanimement tels qui soient, les Japonais doivent présenter en toute occasion un visage neutre. Le père est souvent absent et toute la responsabilité de la maison est dans les mains de la mère qui, en majorité, ne doit pas travailler mais entretenir sa maison en s’occupant de ses enfants. Ce sont les parents qui cherchent et trouvent le conjoint de leurs enfants, seules les jeunes filles qui étudient la cérémonie du thé ont la liberté de choisir leur futur conjoint car elles sont plus évoluées intellectuellement et acquièrent des capacités qui les rendent plus indépendantes.
La cérémonie du thé ne se fait pas tous les jours mais sur invitation, elle peut s’organiser après un deuil, lorsque la famille invite des amis ou des parents ou pour toute autre occasion de la vie. Elle dure un minimum de trois heures, tous les invités sont assis à terre autour de la maîtresse de maison qui dispose tous les ustensiles utilisaient pour le thé d’avance sur un long tapis. De tous petits gâteaux sont servis avec le thé, ils sont à basse de soya, sans sucre, sans huile et sans graisse mais très colorés et de formes diverses. L’invité n’en mange qu’un seul et tout comme la nourriture chez les Japonais on doit la porter à sa bouche et non pas se pencher (comme des bêtes) pour la déguster (autre forme de philosophie). Pendant un repas on ne mange pas jusqu’à satiété mais seulement à 80% des capacités de notre estomac, on doit toujours rester sur sa faim. La cérémonie du Thé se passe en général à cinq heures du matin, d’une part car se sont des séances de méditation et qu’à cette heure là tout repose en paix et d’autres parts parce que la chaleur atteint 35° et l’humidité est importante.
Le kimono.
Le port du kimono est aussi un cérémonial, la Japonaise ne doit en aucun cas montrer les formes de son corps, le seul coté féminin qu’elle peut mettre en valeur est son cou, aussi porte-t-elle souvent les cheveux relevés ou très courts et le kimono rejeté en arrière. Elle mettra une heure pour s’habiller le matin car elle doit mettre successivement cinq couches de vêtements et onze ceintures avant le kimono, il faut une certaine minutie pour ce travail car autrement elle ne pourrait pas marcher. La Japonaise porte des sandales en bois, relativement étroites, sans cambrure, avec un petit talon plat et large sans forme pour le pied gauche ou le pied droit, ces sandales sont très inconfortables pour marcher et provoquent de nombreux inconvénients.
Le jardin japonais.
Le k.k.l. à crée un jardin japonais mitoyen de la maison de Taïko, sur les hauteurs du mont Camoun, face à la ville de Carmiel. Il a fait venir de la terre du japon pour une meilleure adaptation des arbres. Ce n’est pas un jardin miniature selon la coutume mais des arbres et des plantes qui courent sur les pentes de la montagne.
Un restaurant japonais, une galerie d'art et un salon de thé sont à la disposition des visiteurs.
Adresse : Mitspé Nichmanim
Téléphone : 04-988 49 89
09/05/2013
Marie Alphonse Rastibonne. (1814-1842-1884).Le développement de Jérusalem a eu lieu entre les années 1860 et 1880 et là apparaissent et plusieurs bâtiments et entres autres, le monastère de Ratisbonne ou L’institut saint Pierre de Sion qui a vu le jour entre 1876-1877, en dehors de la vieille ville (rue Hanigid) par les frères Ratisbonne. Ils aménagèrent également la Via Dolorosa et construisent le Couvent Notre-Dame-De-Sion dans la vieille ville à l'intérieur duquel se trouve un musée archéologique et l'emplacement du site de "l'Ecce-Homo" qui donne sur la ruelle du couvent.

Alphonse Ratisbonne fils d’une famille juive et riche est né en 1814 à Strasbourg (France) qui rejeta son judaïsme et consentit à s'assimiler. Lorsqu’il eut 4 ans il perdit sa mère et à l'âge de 13 ans son frère Théodore se convertit au christianisme et devint prêtre. Bien qu’Alphonse ne fut pas religieux, il coupa ses relations avec son frère. Quand Alphonse eut 16 ans, il perdit son père qui lui laissa un très grand héritage. David, son oncle, très riche et sans enfants, l’adopta et le destina à diriger sa propre banque. Alphonse travailla dans la banque mais il s’aperçut très vite qu’il n’était pas fait pour ce genre de travail. Il préféra quitter la sécurité pour se rendre à Paris, sur les Champs-Elysées. Il était alors un homme choyé, riche, et doué.
Lorsqu’il atteint l'âge de 26 ans, il eut l’occasion de se rendre à Rome. Là, dans l’une des églises, il eut une vision et la Sainte Vierge lui apparut. C’est grâce à ce phénomène qu’il se convertit. Il se nomma lui-même le père Marie et il rejoint les moines Jésuites. Après quelques années, Théodore Ratisbonne, le frère d’Alphonse, fonda le couvent des Sœurs de Sion et invita le prête Marie Alphonse à se joindre à lui pour fonder une annexe du couvent à Jérusalem. Le père-Marie arriva à Jérusalem en 1855 et fonda un couvent et un orphelinat sur la via Dolorosa, à l’emplacement de l’arche de l’Ecce Homo, dans la vieille ville.
En 1860, il fonda un autre couvent à Ein Kerem. Là un orphelinat fut ouvert pour les enfants libanais, victimes du même massacre qu’ont subi les Druzes chrétiens maronites, à la même période.
En 1873, il fonda un troisième couvent, c’est le couvent Ratisbonne au cœur de Jérusalem. Alphonse Ratisbonne, le père-Marie, mourut à Jérusalem en 1884 et il fut enterré dans le petit cimetière du couvent d’Ein Kerem.
Le couvent des sœurs de Sion à Ein Kerem
Jusqu’en 1948, le couvent d’Ein-Kerem servit d’orphelinat pour les enfants de nationalité arabe. Lors de la guerre d’indépendance les Arabes abandonnèrent le village d'Ein Kerem et avec eux les orphelins. Depuis le couvent sert de centre de recueillement et de maison d’hôtes.
Lorsque l’on ouvre la grande porte qui fait partie de l’enceinte du bâtiment, nous rentrons dans un jardin magnifique, la fierté du couvent.
Dans les allées ratissées entre les arbres, s’épanouissent des fleurs et des plantes. Il y a dans ce jardin beaucoup de coins où l’on peut s’isoler et plusieurs points de vue sur Ein-Kerem et les monts de Judée, paysages troublants au coucher du soleil. Des écrivains, des intellectuels, des musiciens et des peintres se retrouvent ici. De temps en temps des groupes qui pratiquent le Yoga se réunissent dans cette maison d’hôtes, d’autre fois, ce sont des amis viennent peindre ensemble. Le petit bâtiment près du jardin était la maison du prête Marie et elle a été conservée en souvenir de ce philanthrope, selon la volonté des hommes. Dans le coin du jardin un petit cimetière où sont enterrés Alphonse-Marie Ratisbonne et des bonnes-sœurs.
Dans le grand bâtiment se trouvent l’entrée du couvent, les bureaux, la salle à manger et les chambres des sœurs. Certaines chambres à la location sont celles où ont vécu les orphelins. Les dallages sont en pierres anciennes, les plafonds sont hauts et les murs badigeonnés à la chaux. Le mobilier est grec ancien adapté à l’endroit et les toilettes sont communes. Le tout, un peu sommaire mais propre et brillant. Le seul luxe est l’environnement paisible et plein de charme de ce couvent. Les bâtiments sont caractéristiques du style renaissance italienne avec des détails romanesques. L'rchitecte est le Père Daumat.
L’institut pontifical Rastibonne
Ou Institut saint Pierre de Sion dit : Ratisbonne dans la ville nouvelle.
Il a été fondé à Jérusalem au 19ème siècle. A la suite du deuxième consul du Vatican, il est devenu un centre d’études juives pour chrétiens, animé par les religieux de Notre Dame de Sion, avec la collaboration des religieuses de Notre Dame de Sion et d’autres enseignants juifs et chrétiens.
En 1985, les religieux de Sion ont fait don au Saint-Siège du domaine Ratisbonne tandis que le Centre d’études passait sous la responsabilité académique de l’Université Catholique de Paris.
Depuis le début de l’année 1997-1998, Ratisbonne fonctionne comme un institut académique placé sous l’autorité du Cardinal Préfet de la congrégation pour l’éducation catholique. L’institut Ratisbonne est appelé à manifester l’intérêt de l’Eglise catholique pour le judaïsme et le soutien actif qu’elle apporte aux études juives. L’institut est ouvert aux chrétiens désireux de connaître le judaïsme pour lui-même. Comme l’ont souligné à maintes reprises les autorités de l’Eglise la connaissance du judaïsme est une des conditions fondamentales d’une meilleure compréhension de l’identité chrétienne elle-même.
Aujourd’hui une cinquantaine d’élèves étudient dans cette école et le couvent possède 30 chambres. Le cycle d’études dure deux ans. La première année d’études est générale et permet d’acquérir une première formation dans le domaine des études juives et de parvenir au niveau 3 en hébreu moderne.
L’expérience de milliers d’étudiants en Israël montre que l’étude de l’hébreu ne présente pas de difficultés insurmontables. Des pères et des professeurs israéliens enseignent côte à côte.
Le programme de première année comporte des cours en français et en anglais, dès le second semestre de la première année et pendant toute la seconde année l’essentiel du travail consiste en l’étude des textes hébraïques.
Ce programme comprend : La prière juive, le Talmud, le Midrash, Rachi, le Judaïsme dans l’enseignement chrétien, les rapports entre le judaïsme et christianisme, la lecture de la "parasha" de la semaine, tradition juive et nouveau testament, tradition et histoire du Judaïsme, aspects de la vie en Israël et visites guidées.

Avant 1948, les locaux servirent d’école professionnelle pour les arabes chrétiens, musulmans et les juifs. Ils avaient ouvert plusieurs sections dont une boulangerie et une menuiserie.
Au moment de la guerre d’indépendance, le Goush Etzion et le kibboutz de Maalé-Ahamisha eurent des problèmes avec les Arabes, les enfants furent envoyés au couvent de Ratisbonne à Jérusalem ou ils trouvèrent refuge dans les abris.
La vieille tour qui se trouve sur la droite du bâtiment est une tour qui date de l’époque ottomane. Comme on se trouve sur une colline, les Ottomans avaient construit cette tour pour envoyer des messages vers la colline du campus russe de nos jours. Comme du temps de Babylone et des Asmonéens (où les juifs annonçaient la nouvelle lune du haut des collines en faisant de grands feux), les Turcs employaient les mêmes moyens pour correspondre avec leurs concitoyens.
Couvent Notre Dame de Sion ou Couvent de l’Ecce Homo dans la vieille ville.
Lors de la construction d’une maison d’éducation par le père Ratisbonne en 1857, des vestiges importants de l’époque romaine ont été découverts. A partir des Croisades, la tradition chrétienne a vu dans ce quartier le point de départ de la Via Dolorosa ; ici a été commémoré les souffrances de Jésus, d’où le nom de Ecce Homo : Voici l’homme. (Selon la phrase de Ponce Pilate.)
Le couvent offre aux pèlerins un lieu historique et archéologique, une vue unique sur les terrasses de la vieille ville et les collines qui l’entourent. Une hôtellerie de style simple, familiale et accueillante propose ses services.
|