LA RUE BIALIK.

 

Lorsque la ville a été construite, elle n’avait aucun plan architectural, chacun construisait sa maison selon son bon vouloir, sans se soucier de son voisin, c’était une ville construite pêle-mêle comme nous le montrent plusieurs peintures de Réouven Ruben datant de 1912. Plusieurs rues descendaient directement vers la mer comme la rue Bialik élevée sur la colline Bialik où vécurent le poète et le peintre.
 

 
En 1921 l’architecte Alexandre Lévi s’installe à Tel Aviv et dès 1927 des dizaines de maisons virent le jour grâce à lui. Il habia au 54 de la rue Allenby jusqu’à son retour en Allemagne. D’Allemagne il alla en France mais les nazis l’arrêterènt et il fut transféré dans le camp d’Auschwitz où il écrit sa biographie.

L’architecte Schlouch a détruit le premier étage de la maison d’Alexandre Lévi mais on peut voir encore les fenêtres de style espagnol et le reste de la maison qui est un mélange d’orient et d’occident.

 

La maison qui fait le coin  des rues Allenby et de Yona Anavio a la forme d’un bateau d’où son nom beit Aonya et elle a aussi été un sujet de peinture pour Ruben. De style Bauhauss elle date de 1922 et a été conçue par Alexandre Lévi.

 

Au coin de Bialik-Allenby, au numéro 1, la boutique de vêtements de Maurice Shenberg attirée toute la clientèle des environs. Le fils de Maurice se maria avec Eden qui était la fille du premier propriétaire du cinéma de Tel Aviv. Alexandre Lévi construira la maison du numéro 1 de la rue Bialik mais le deuxième étage de style bauhauss fut rajouté par la suite.

 

En 1920, le café Gan Ravé vit le jour au coin des rues Bialik et d’Allenby (à la place du café Coffy-shop où a eu lieu un attentat). Il avait la forme du pont d’un bateau et il fut le café le plus luxueux de l’époque où les serveurs étaient en habits et en gants blancs.

 
En 1930 la rue Bialik était la rue aristocratique de la nouvelle ville. Le café Restik  était le rendez-vous de tous les artistes et écrivains du quartier. Bialik, Hanna Roubina, Dizzingoff, Réouven et bien d’autres s’y retrouvaient régulièrement. Le livre d’or de ce café existe encore à ce jour et on peut y voir des desseins de Réouven comme par exemple la silhouette d’un homme avec les maisons de la ville à ses pieds ou bien encore Carméla, sa femme.  Nathan Altermann, Hanna Rubina, Slouski, chacun d’entre eux ont marqué leurs passages sur ce livre d’or.

En 1949 Ben Ozerman propose d’ouvrir à cet emplacement une cinémathèque mais le projet fut refusé.

 

 

En 1924, lors d’une cérémonie officielle et en présence de Haïm Nahum Bialik, les officiels baptiseront la rue du nom du poète. Il achètera sa maison de ses propres deniers malgré les rumeurs qui courent qu’il aurait reçu des pots de vin ; elle a été construite par l’architecte Minor.

 

C’est dans cette rue que s’installeront plusieurs médecins  comme le docteur Sinaï qui fut le grand ophtalmologue de l’époque ; Sa maison, au numéro 9 Bialik est de style renaissance italienne avec des colonnes doriques et les plans sont de l’architecte Philippe Hitt. Le docteur Sinaï adorait son quartier et il écrit un livre où il raconte la vie de chacun de ses habitants et amis dans les moindres détails.

 

Au numéro 8, on trouve la maison du docteur Krinski qui fit d’énormes économies pendant des années pour pouvoir acheter une voiture et une maison dans la  rue Bialik, malheureusement il décèdera d’une crise cardiaque sans en profiter bien longtemps.
 

La maison du numéro 10 a appartenu au professeur et savant Kahan Markous, un sexologue de renommée internationale. Si le nom de l’architecte reste inconnu on peut voir que la maison a un style mélangé d’orient et d’occident et que sur la façade se trouve le symbole de l’orient incrusté dans la pierre.

 

Au numéro 11 le studio Klinsberg de l’architecte Philippe Hitt. L’écrivain publia un livre sur la vie de Haïm Nahum Bialik.

 

La maison de Réouven Ruben a été ouverte au public en 1983. Elle a été conçue par l’architecte Bikounski. Ruben l’a habité au début de l’année 1946 jusqu’à se mort en 1974 âgé de 80 ans. Né en 1893 en Roumanie, il s’installa à Jérusalem en 1912 et étudia à Bézalel. En 1913-14, il retourna étudier à l'école des  Beaux-arts à Paris. En 1922 il revint au pays et exposa ses peintures. En 1929 lors d’un voyage en bateau il rencontrera Esther plus jeune que lui de 15 ans et il l’épousera. Elle ne savait pas très bien cuisiner, son mari lui ayant appris à faire seulement la mamaliga, plat traditionnel roumain ; mais leur maison était ouverte à tous. Ils eurent deux enfants, David et Liora mais ce n’est que leur petit-fils qui reprendra le flambeau de son grand-père en peignant. Esther à aujourd’hui 93 ans. L’œuvre de Réouven représente l’art israélien dans ses premières années.

 

 

 
Les médecins Rosenbaum et Sondak vivront également rue Bialik.

 

La maison du numéro 19 a été édifiée en 1922 par l’architecte Yoseph Berline pour Léa Shapira qui n’y habitera jamais. Elle était très luxueuse avec des peintures sur les murs,  et derrière la maison un parc, un bassin et un jet d’eau au milieu. Le docteur Shraïvmann la transforma en sanatorium car elle  se trouve près de la mer et y fera installer des salles de bains et un s.p.a.  Plus tard, la maison passera dans les mains de Madame Ismaïlov qui consentira à prêter une pièce pour que des Juifs religieux viennent y prier, lorsqu’elle déménagera, la synagogue continua de fonctionner. Aujourd’hui la maison est dans les mains de la justice car les occupants de la synagogue la revendiquent ainsi que les héritiers Ismaïlov.

 

L’architecte Tsherner construira le bâtiment qui servit de première mairie aux Télaviviers  de 1935 à 1965, face au grand rond-point où se trouvait le mémorial de Guttmann.

 

Au 17 de la rue Bialik, l’architecte Pommeron construit son immeuble en forme de cube pour préserver les appartements du soleil et leur donner un maximum d’ombre. Ce ne sont que des lignes droites de style Bauhauss.

 

Au 18 de la rue Bialik les frères Friedmann, architectes, construisent l’immeuble en forme de bateau  en 1930 et feront un jardin géométrique pour rappeler les lignes du bâtiment.

 

Au numéro 26 de Bialik une maison d’art déco est due à l’architecte Gelstein et au 21 Bialik une maison de style Bauhauss avec ses lignes droites et simples.

 

La maison de Bialik a été conçue par l’architecte Berval, elle a un dôme en forme de mosquée qui rappelle l’orient, des colonnes  corinthiennes et un style méditerranéen. De la terrasse du premier étage Bialik aimait fumer sa cigarette en regardant la mer. Il vivra dix ans dans cette maison de 1954 à 1964, mais n’écrira pas une ligne. Il se promenait dans la rue avec son chien et permettait à tous les enfants du quartier de prendre la laisse de son chien pour le promener, lui-même n’ayant jamais eu d’enfants. Chez lui, il était dérangé sans arrêt et bien qu’il essaya de donner des heures et des jours de visite tout le monde voulait le voir, lui parler, l’interroger et discuter avec lui. Bialik et Réouven formaient une bonne équipe et ils s’entendaient à merveille. Ils passaient de longues heures ensemble.

Bialik déménagea pour aller vivre à Ramat gan où il se remit au travail mais la majorité de son œuvre aura été écrite en Russie. Ses livres se vendirent très chères là-bas ce qui lui permit de venir s’installer en Israël.

Bialik disparaîtra en 1934 à l’âge de 62 ans, d’un arrêt cardiaque après avoir subi une opération des reins réussie à Vienne.
 

 
Né à Rady, en Ukraine, en 1873, le corps de Bialik fut ramené à Tel Aviv où il repose dans le cimetière de la rue Trumpeldor. Grand auteur lyrique, il interpréta les aspirations de son peuple avec les accents neufs d’un homme de lettres considéré comme l’un des grands restaurateurs de la langue hébraïque. Conteur, essayiste, traducteur, son œuvre considérable exprime surtout un grand cri de révolte contre les persécutions qui atteignent la diaspora et un appel au Retour.

 

Une petite pièce de théâtre est présentée dans son musée, elle retrace rapidement sa vie. Au premier étage la pendule qui sonnait les heures et qui jouait l’hymne nationale est d’origine française. Sa montre qui s’est arrêté à la minute de sa mort, ses documents ses manuscrits, ses traductions, sa bibliothèque nous sont présentés dans sa maison-musée.