Ein Kounïa dans le Golan
Village druze ou nous sommes reçus par l’un des villageois qui nous fait une conférence sur son peuple et ses coutumes. « ירוח בםיגנון דרווי »
La base de leur vie se tient à trois principes fondamentaux : La religion, l’honneur et la terre. Ils vivent principalement d’agriculture, surtout de la production des vergers.
La cuisine.
Les achats se font une fois l’an après la vente des fruits et des produits agricoles du village. Toute la cuisine est traditionnelle et ils préparent tout à la maison pour l’année à venir. Des vignes, ils font le jus de raisin, les femmes roulent le bourgoule plat traditionnel druze qui est une sorte de semoule qu’elles mettent dans de grands bidons sur leurs terrasses pour qu’elle sèche au soleil ; Le lébéné et l’huile sont également préparés artisanalement. Chaque maîtresse de maison pétrit et cuit ses pitots, chaque pita met I/2 minute à cuire. Les Druzes ont le sens de l’hospitalité très développé et celui qui rentre reçoit le gîte et le couvert.
Le deuil.
Le Druze croit en la réincarnation, donc le corps est matériel et on enterre les morts dans une grande pièce où se trouvent une trentaine de niches grillagées. Le jugement se fait sur toutes les âmes, bonnes ou mauvaises puisqu’elles reviennent sur terre.
Plus tard les squelettes seront ressortis des tombes et se retrouveront tous ensembles dans un même bâtiment en forme de mausolée. Il arrive que des enfants naissent et après quelques années, lors d’une visite chez des personnes étrangères sentent qu’ils sont chez eux. Les Druzes ne font rien pour empêcher ces enfants d’essayer de retrouver leur monde antérieur et il s’avère souvent qu’ils soient adoptés par leur nouvelle (ou ancienne) famille. Dans ce cas l’enfant se partage entre ses deux familles.

Giv'at Atsaakot. « Le mont des cris »
Les Druzes vivent aussi bien en Israël qu’en Syrie. Avec les frontières actuelles des deux pays les familles druzes se sont trouvées séparées avec impossibilité de se rendre visites. Il arrive souvent que des parents ou autres membres proches d’une même famille n’arrivent plus à se voir. Aussi, il existe un sommet nommé « Giv’at Atsaakot » qui se trouve non loin de Ein Kouniya où les Druzes se rendent régulièrement. Là, ils aperçoivent au loin, leurs compatriotes et peuvent converser un peu avec eux. La distance doit atteindre 300 mètres environ à vol d’oiseau (100 mètres, côté syrien, 200 mètres côté israélien) et les Druzes font parvenir ainsi leurs messages à leurs proches.
Le mariage.
Il arrive même que des jeunes gens tombent amoureux d’un sommet à l’autre et finissent par se marier ; dans ce cas, un des deux conjoints doit venir vivre dans l'un des deux pays et abandonner tout le reste de sa famille définitivement. Pour un mariage, il n’y a pas d’invitation, tout le village y vient et participe à la fête. Il est de coutume de jeter du riz, des fleurs et des pâtes aux jeunes mariés. Le jeune homme doit apporter en dot la maison et la jeune fille le trousseau.
Le drapeau. Il a cinq couleurs qui représentent des symboles. On retrouve ses couleurs à l’intérieur des appartements. Chaque couleur appartient à un des cinq prophètes druzes. Le principal est Jétro, le beau-père de Moïse.
Beit Jan en haute Galilée
En Syrie, les Druzes ont eu pour "guide" Baha’ al-din al-Muktana, qui a posé les bases de l’orthodoxie druze, contenue dans ses Lettres de la Sagesse (Rasa’il al-hikma). Mais après Muktana, tout prosélytisme a cessé, les Druzes n’ont plus accepté aucune conversion et sont devenus une communauté fermée, à la doctrine secrète, interdisant les mariages avec des membres d’autres communautés. Les Druzes ont alors formé un peuple homogène, placé sous l’autorité d’une aristocratie dirigeante. Certaines théories occidentales du XIXe siècle, attribuant aux Druzes une origine iranienne ou franque, sont dénuées de tout fondement
Panorama de Beit Jan
Il faut monter en voiture jusqu'au sommet de la montagne qui nous offre une vue impressionnante sur la Galilée. Près de là se trouve la tombe d'un jeune druze tombé pour le pays avec une aire de repos que ses parents ont aménagé pour garder sa mémoire.

Le village de Hurfeish en haute Galilée
Le Calif Yossef Nisradin est l’un des chefs honorables de la religion druze. Ce chef a œuvré toute sa vie pour le resserrement des liens entre les Druzes et les Juifs avant et après la création de l’état. En souvenir de son travail et de sa conduite son fils a décidé d’ouvrir un musée en son nom dans le cadre de sa propre demeure.
Il n'y a pas de jour de jeun obligatoire, seulement lorsque la personne le ressent. Avant de dormir notre Cheikh pense à trois choses : Ce qu'il a bien fait il doit le continuer, ce qu'il a mal fait il doit le retirer et ce qu'il n'a pas fait il doit le faire. Sage pensée philosophique.
Grâce à notre guide Igal Granot le cheikh Kasem Bader nous reçoit dans une salle de réception druze dans l'enceinte du tombeau du prophète Sabalan au sommet du mont Zabulon.
Contrairement à tous les villages druzes qui se trouvent sur des hauteurs le village se trouve dans la vallée. Les Druzes étaient toujours en hauteur pour voir venir leurs ennemis et pouvoir se protéger et se défendre. Dans le cas du village de Hurfeish c'est différent car ils se sont installés sur l'ancien village arabe au creux de la vallée. Au moment de la guerre d'indépendance la population musulmane de ce village a préférée abandonner les lieux plutôt que de vivre sous gouvernement israélien.
Les Druzes vivaient entre eux en Galilée mais avec l'ouverture des routes israéliennes le trafic s'est facilité et avec lui certains problèmes se sont développés. Les Israéliens ont commencé à visiter les villes druzes, se sont intéressés à leurs coutumes et à leurs traditions et le côté touristique s'est développé très vite. Seulement au niveau de la religion druze cela leur pose des problèmes car ils ne peuvent ni ne veulent s'assimiler et ils ne veulent faire rentrer aucun membre étranger au sein de leur communauté religieuse.
Les Druzes de Galilée sont considérés par les autres Druzes comme "Ashkénaze" nous dit notre guide car d'après eux ils ont subi l'influence de ces derniers à tous les niveaux. Ils sont moins religieux et plus assimilés.
Le village de Hurfeish se trouve en haute Galilée entre le fleuve Naria et le fleuve Moran face au mont Méron et au mont Adir où se trouve une forteresse de la période israélite.
Leur pèlerinage à lieu le 10 septembre à la tombe de Sabalan, prophète druze ou Zabulon de notre bible. Nebi Sabalan est l’un des cinq principaux prophètes de la foi druze. Le grand sanctuaire est élevé autour d’une grotte où, dit-on, le prophète s’est caché pour échapper à ses persécuteurs.
Le corps du prophète n'est pas ici, tout comme les autres tombes des prophètes ou de nos rabbins ce sont les hommes qui de bouche à oreilles ont transmis les noms de ces sages sur les tombes de la région.

Le prophète Nébi Sabalan aurait vécu dans cette grotte car il se cachait des islamistes qui le poursuivaient et il y aurait écrit son Livre. Ce fait est réel mais avec le temps ils en ont fait un lieu de culte, les pèlerins sont arrivés ici pour prier et se recueillir et petit à petit les Druzes ont construit un bâtiment immense avec quatre pièces, chacune avec son dôme extérieur ; ils y ont mis des photos et des textes sacrés et au fil du temps ce lieu s'est transformé en lieu où se trouve le tombeau du prophète. Il en est de même sur le tombeau du prophète Bhaa Alden à Beit Jan.
Les cornes de Hittim près du lac de Tibériade
Tombe de Jétro – Nabi Shueb
Jétro : Couleur du drapeau : VERT : couleur de la verdure et de la nature.
Enterré aux Cornes de Hittim (Vallée d’Izréel)
C’est sur la tombe de Jéthro, beau-père de Moïse, que les Druzes considèrent comme leur prophète qu’ils se rendent tous les printemps, le 25 avril.
Les Druzes ont toujours été une minorité persécutée au Moyen-Orient depuis leur rupture avec le courant principal de l’Islam au 11ème siècle et leur reconnaissance de la divinité du calife égyptien El-Hakim Abou El Mansour. C’est pourquoi ils ont tendance à vivre dans des régions montagneuses inaccessibles d’où ils peuvent se défendre contre les attaques de leurs ennemis. La plupart des Druzes vivent dans la montagne du Liban, dans le Djebel en Syrie et, pour 70.000 d’entre eux, dans les collines de Galilée ou sur les hauteurs du Carmel en Israël. On trouve des traces de communautés druzes en Galilée dès le début du 13ème siècle, mais la première colonie du mont Carmel fut établie en 1590, lorsque les Druzes syriens durent fuir leur patrie, près une révolution avortée contre le Sultan de Turquie.
Il y a quelques 600.000 Druzes en Syrie, 500.000 au Liban et à peu près 110.000 en Israël
Pki'in en haute Galilée
Le village druze de Pki'in, est peuplé de musulmans, de chrétiens, de druzes et de Juifs. Aujourd'hui, il ne reste qu'une seule famille juive, issue d'une longue dynastie, arrivée dans le village à l'époque du second Temple, il y a près de 2000 ans. Au centre du village, se dresse la synagogue dont la construction remonte à l’an 1873 et qui renferme dans ses murs deux pierres dont la tradition locale raconte qu'elles ont été prises au Temple après sa destruction. Le cœur de Pki'in est constitué de belles ruelles étroites pavées de pierres qui mènent à la source du village autour de laquelle s'organisait la vie comme autrefois.
Sur place se dresse aussi une église grecque orthodoxe, la deuxième au monde en importance, qui fut construite en 1894 sur les ruines d'une église plus ancienne. Elle est ouverte les dimanches et jours de fêtes chrétiennes. Peki'in propose aux visiteurs un hébergement en chambres d'hôtes, divers restaurants caractéristiques, des magasins multicolores, une usine de fabrication de savons à l'huile d'olive et surtout des gens chaleureux qui seront heureux de vous faire partager des histoires vraies.
Dalyat El Carmel dans le Carmel
Situé au sud de Haïfa, le plus grand marché d’artisanat druze à Dalyat El Carmel est un pôle d’attraction important pour les touristes et les Israéliens. Avec Osséfya le village druze mitoyen, ils se trouvent dans la réserve du Carmel.
Le muse de Dalyat El Carmel
Située dans la rue principale, le petit-fils d'un marchand de falafel qui débite ses pitots toutes chaudes nous sert de guide. Il nous entraîne derrière son stand de pitots dans une pièce qui sert de musée au village druze. Il nous commente tous les objets, photos et documents qui se trouvent à l’intérieur de cette pièce- musée. Il nous apprend que les Druzes n’ont pas le droit de nous dévoiler les secrets de leur religion mais nous dit seulement qu’ils ne sont pas musulmans qu’ils ne fument pas, qu’ils ne boivent pas d’alcool, ne mange pas de cochon et qu’ils sont monogames.
Ils atteignent la majorité religieuse à quinze ans. Là, ils sont dans l’obligation de choisir, soit d’être initiés à la religion et rentrer dans son secret, soit de respecter les coutumes et traditions que leurs parents leur ont transmises.
Ils prient deux fois par semaine; le jeudi et le dimanche de 17 heures à 20 heures. Ils n'ont pas de temple. Leur lieu de culte est une simple maison avec la photo de leurs Sages. Pas d’idolâtres ni en sculptures, ni en peintures. Ils ont une tenue obligatoire pour prier.
Pour les hommes : Un caftan violet avec une chéchia blanche.
Pour les femmes : Une robe longue de couleur violette avec un voile beige sur la tête.
L’hospitalité est très importante pour ce peuple. Ils nous reçoivent en nous offrant du café. Ce café est préparé devant nous, le chef moue des grains de café dans un pilon en bois, en suivant une certaine cadence pour rompre la monotonie. Il en ressort des airs de musique différents.
Beit Yad Lévanim : C'est le mémorial des soldats Druzes tombés pour le pays.
Laurence Oliphant précurseur du sionisme a résidé à Dalyat El Carmel de 1882 à 1887. Sa première femme y morte. Le sujet britannique est l’instigateur de la voie de chemin de fer de Haïfa à Damas.