 RSS
על הבלוג
|
posts
28/02/2009
|
Nous avons bien tous les yeux rivés sur ce qu'il se passe au Proche Orient et nous sommes toujours préoccupés à voir que les mauvaises nouvelles. Mais ici, au moins, nous allons faire exception, histoire de montrer que le tourisme par exemple peut rapprocher entre les Peuples.
Aujourd’hui, le tourisme « musulman » en Israël est en hausse. De plus en plus de musulmans viennent visiter Israël, découvrir un pays merveilleux où toutes les nations sont représentées.
Début décembre 2008, ce sont les musulmans londoniens qui ont sillonné le pays. D’autres sont venus même de pays qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec Israël, de Malaisie, d’Indonésie… Une délégation de 15 musulmans français est arrivée aussi en Israël entre le 14 au 19 décembre 2008 .Leur but de ces visites : confronter l’opinion musulmane avec la réalité israélienne.
Au programme, les visiteurs sont passés au mémorial de la Shoah à Yad Vashem (beaucoup ont pleuré), une école de Kfar Kara, où des enfants juifs et musulmans étudient ensemble, Bethléem et bien sure à la vieille ville de Jérusalem.
Ces groupes des musulmans européens et asiatiques, en visite à la ville Sainte, ont pu découvrir comment les autorités israéliennes n’empêchent pas les visiteurs pacifistes à accéder dans tous les lieux saints. Aucun de ces musulmans n’a été interdit d'accès aux lieux de culte y compris dans l’esplanade du Temple.
Les visiteurs musulmans ont remarqué par eux même que tous les lieux de cultes juifs, musulmans ou chrétiens ont été préservés, protégés et sont totalement libres d'accès pour toutes les religions. Ils ont aussi constaté que les travaux entrepris par le bureau des Antiquités d’Israël sont à l’extérieur de l’enceinte du parvis des mosquées.
L’émotion de voir Jérusalem (en hébreu Yerushalaïm, synonyme de paix) était très forte chez les touristes musulmans .La ville brille par ses monuments et la chaleurs de ses habitants. Les visiteurs ont constaté aussi une activité commerciale intense dans les vieux quartiers de la ville sainte et que les arabes et les juifs y travaillent conjointement dans une harmonie que les médias arabo-musulmans ne rapportent jamais (1). |
|
|
 |
Le groupe des visiteurs musulmans venu de France eu la possibilité rare de faire des rencontres, avec monsieur Shimon Pères, Président de l’Etat d’Israël ainsi qu’avec monsieur Abou Mazen le chef de l’autorité palestinienne. En dépit de leurs occupations, ils ont accordé un temps plus long que prévu à ce petit groupe de musulmans français. « Votre présence ici nous met du baume sur le cur », lance monsieur Pères après leur avoir parlé du douloureux quotidien des Palestiniens et des Israéliens. |
|
|
A Ramallah, ils étaient reçus dans la moukata par Mahmoud Abbas. Là, ils parlent de l’influence du conflit israélo-palestinien sur la réalité judéo-arabe en France. « Quel serait votre message pour la communauté musulmane française ? » lui demandent-ils. « Dites leur que nous voulons vivre en paix avec les Israéliens, et que nous ne cautionnons aucun acte de violence au nom de la Palestine », répond monsieur Abbas.
Au terme de ces 5 jours de voyage, les visiteurs musulmans ont pu découvrir sur le terrain qu’ils n’avaient jusque là rien compris au conflit et qu’ils portaient beaucoup de préjugés. Même ceux qui avaient de la peine à prononcer le mot Israël (l’entité sioniste pour eux) appellent aujourd’hui à la nécessité de mettre en place des actions communes. « Personne n’est sorti indemne de ce voyage » conclut Valérie Hoffenberg (2) en entendant de la bouche des uns du et des autres : « Nous ne serons plus jamais les mêmes ».
Aujourd’hui de telles initiatives sont de plus en plus légion .Étincelle d’espoir dans la nuit ? Y aura-t-il d’autres voyages de musulmans des pays arabes comme celui-là, pour que l’étincelle grandisse ?
Ftouh Souhail, Tunis
Citoyen du Monde
(1) Depuis 1967, la population arabe de Jérusalem a augmenté au total de 257% en passant de 68.000 à 245.000 .L’ancien maire de Jérusalem Uri Lupolianski a entreprit plusieurs projets pour l’intégration de la population arabe de la ville. Les responsables municipaux israéliens ainsi que la commission de la planification urbaine de Jérusalem améliorent constamment les conditions de vie des citoyens arabes de la ville sainte.
(2) Pour le groupe français c’était Valérie Hoffenberg, directrice du bureau parisien de l’American Jewish Comite (AJC) qui a préparé ce voyage. Depuis plusieurs années cette femme courageuse travaille à créer des ponts entre les responsables et représentants de la communauté musulmane et juive de France.
|
26/02/2009
|
L’année 2008 restera comme une année record pour le tourisme en Israël. Malgré la crise, le secteur vient d’afficher une excellente forme lorsqu’il a battu tous les records avec plus de 3 millions de visiteurs selon les informations du Bureau Central des Statistiques.
Les chiffres du Central Bureau of Statistics montrent une augmentation d’activité de +32% par rapport à l'année 2007 et +13% par rapport au dernier record en l'an 2000, soit plus de 3 millions de visiteurs qui ont rapporté à l'économie 40 milliards Sh et font travailler 160 000 personnes (1)
De sa part, le ministre du Tourisme, Rouhama Avraham-Balila (Kadima), a présenté le 21 /12 /2008 un document au gouvernement faisant état d’une hausse de 30 % des visites de touristes étrangers en Israël. Le rapport a montré que près de trois millions de touristes ont effectué un séjour en Israël durant l’année 2008, contre 2.29 millions de touristes en 2007. “L’année 2008 s’achève par un record jamais vu de touristes étrangers en Israël”, s’est félicitée le ministre du Tourisme.
L’association des hôteliers israéliens a indiqué aussi que l’année 2008 constituait un record en termes de réservation. 2,15 millions de nuitées ont été enregistrées depuis le début de l’année 2008 dans les hôtels de la seule ville de Tel-Aviv.
Cette augmentation a été expliquée par le développent des visiteurs en provenance de Russie où l’obligation de visa a été abrogée récemment. Au cours de l’année 2008, 11 millions de passagers ont transité par l’aéroport international Ben Gourion, soit une augmentation de 11 % par rapport à l’année 2007.L’activité des vols internationaux pour cet hiver est estimée à 900 vols directs prévus en provenance d’Europe.
Pour les aéroports d’Eilat et Ovda, ils devraient conduire 90. 000 passagers d’octobre 2008 à fin mars 2009, venant de toute l’Europe dont les pays traditionnels comme l’Angleterre, la France, l’Italie et la Russie mais aussi de nouveaux pays comme la Finlande ou la Pologne.
La crise économique n’a donc pas encore touché Israël pour l’instant. Le tourisme reste un secteur en forte progression. D’Eilat à Jérusalem et en passant par la Mer morte, les groupes hôteliers israéliens affichent une pleine activité (2).
|
|
Les excellents résultats du tourisme israélien, qui réalise les meilleures progressions parmi les pays du Moyen Orient, montre qu’Israël est un pays sûr pour les touristes. L'exemple d'Israël est particulièrement significatif à cet égard. Le nombre de touristes y arrivant chaque année, malgré les guerres et, en tout cas, les menaces de guerre, y est impressionnant et explique, au moins en partie, le développement économique de ce pays. |
 |
|
|
Un autre signe de la confiance que portent les spécialistes du domaine dans le cas d’Israël ; c’est le retour de Costa Croisières, le spécialiste européen des croisière qui vient d’annoncer son grand retour en Israël dans le cadre d’une croisière justement intitulée “Retour en Terre Sainte”.Cela fait plus de dix ans qu’Israël n’était plus au programme des destinations de Costa Croisières. (3)
Signalant enfin qu’Israël a accueillit il y’a quelques jours la Foire internationale du Tourisme, l’IMTM (International Mediterranean Tourism Market). Elle a lieu, pour la quinzième fois consécutive, le 11 et 12 février, au Parc des Expositions de Tel Aviv. La Foire était organisée par la compagnie Arta et Israel Travel News, sous les auspices du ministère du Tourisme israélien, l’union hôtelière israélienne, l’union des Agences de Voyages, et l’Association pour le Tourisme à Tel Aviv-Yaffo.
Israël a sacrifié des milliards de dollars pour en arriver à être un pays à visiter ; cela prouve l’amour que les juifs éprouvent pour leur patrie. On oublie qu’Israël c'était des déserts ou poussaient à peines des cactus, que les arbres étaient des jujubiers et des caroubiers, qu'il y avait la malaria et que les moustiques pullulaient l’environnement. Les pays bordant le Sud et l’Est du bassin méditerranéen peuvent aussi s’inspirer de cet exemple pour faire fleurir leurs déserts et les transformer en des villes visitables.
Ftouh Souhail, Tunis
Citoyen du Monde
(1) En 2008 le nombre de touristes vient de battre le record du millénaire en dépassant le nombre de 3 millions. En 2007, il y eut 2,29 millions de touristes et en 2000 – le record- 2,67 millions.
(2) Parmi les principaux groupes du troisième israélien, on note le groupe Isrotelle et groupe Fattal (3.500 salariés). Flying Carpet Tourism est aussi le leader israélien des destinations européennes et fournit ses services à plus de 80 tours opérateurs en Israël.
(3) Croisières, en italien Costa Crociere, est une compagnie italienne de croisière qui appartient au groupe Carnival, lequel regroupe d’autres compagnies dont Cunard, Holland America Line et Princess Cruises, entre autres. Fondé en 1854, Costa Croisières compte aujourd’hui plus de 13 000 salariés. Sa flotte de 12 navires est la plus importante d’Europe. En 2007, plus de 1,1 million de vacanciers ont choisi une croisière Costa. Le groupe Carnival Cruise Lines a été fondé par le milliardaire israélo-américain Ted Arison. Après son décès en 1999, il est aujourd’hui la propriété de la famille israélienne Arison, et son PDG est Mickey Arison, le frère de Shari Arison, principal actionnaire de la 1ère banque israélienne : Bank HaPoalim |
23/02/2009
|
El Al, la compagnie nationale israélienne pour le transport aérien (1) vient d’être classée quatrième au classement des compagnies aériennes les plus sûres à travers le monde. Cette place des plus honorables a été désignée par le Bureau allemand d'investigation des accidents aériens. L’information a été publiée dans le magazine de l'aviation allemande Aero.
L’étude a protée sur 60 des plus grandes compagnies internationales d’aviation qui traite notamment des accidents aériens. Les cinq premières compagnies de ce classement sont ; Qantas Airways, Cathay Pacific, ANA (All Nippon Airways), ElAl et Finair.
Si la compagnie nationale israélienne figure aujourd’hui en 4e place du classement des transporteurs les plus sûrs de la planète ce n’est pas hasard. Il s’agit en effet du fruit d’un énorme effort consacré pour la sécurité de ses passagers. El Al est considérée comme la compagnie aérienne la plus vigilante en termes de sécurité pour avoir notamment empêché des attentats terroristes.
Fondée en 1948, année de l’indépendance de l'État d'Israël, El Al s'est développée pour devenir une compagnie aérienne de renommée. El Al a été déjà classée depuis une dizaine d’années par l'IATA comme un des transporteurs aériens les plus efficaces du monde en matière de sécurité (2).
En 2006, El Al avait reçu une accréditation auprès de L’I.O.S.A (Iata Operational Safety Audit) qui est la première norme mondiale pour la vérification de la sécurité des procédures d’exploitations des transporteurs aériens (3). |
|
|
|
De nouveau cette année El Al vient d’être certifié I.O.S.A. L’accréditation I.O.S.A est une des plus difficile à obtenir en vue des normes de sûreté. El Al est la première compagnie mondiale à recevoir cette accréditation deux fois consécutives. Son nouveau classement en tête des compagnies les plus sures par Bureau allemand d'investigation vient donc conforter son label de sécurité. El Al est au premier rang des compagnies avec la sûreté la plus importante au monde (4).
Il faut féliciter de cette prestigieuse compagnie, pour sa politique de sécurité maximale. Effectivement, alors que tous les avions de grandes compagnies ont subi déjà un jour ou l'autre, détournement, sabotage, etc... toujours du fait de ces fumiers de terroristes que le monde entier admire tout en recevant leurs bombes sur la tronche, El Al, par sa politique sécuritaire, est toujours passée au travers . Qui dira encore que la politique d'anticipation de la violence n'est pas payante?
Ftouh Souhail ,
Citoyen du Monde
(1) La compagnie appartenait à l’État d'Israël jusqu'en 2002. La compagnie a été privatisée et appartient aujourd'hui à Knafaim Holdings Ltd. (42%), et à l'Etat d'Israël (13%).
(2) I.A.T.A est l’Association créée en 1945 regroupant la majorité des compagnies aériennes du monde, elle a pour but de favoriser le développement du transport aérien en unifiant et en coordonnant les normes et les règlements internationaux.
(3) Créer en 2003 ce programme est conçu pour évaluer la gestion de l’exploitation et les systèmes de contrôle des compagnies aériennes. Les compagnies sont inscrites au registre IOSA pour une durée de 2 ans suite à un audit effectué par un organisme accrédité par l'IATA.
(4) Beaucoup d’épisodes ont animé les vols d’El Al. Sur un trajet, à mi-chemin vers Tel-Aviv, une femme originaire d’un pays d’Amérique latine fonce vers un membre d’équipage : “Je veux Shamir !”, lui crie-t-elle, faisant référence à l’ancien Premier ministre, Itzhak Shamir. Son attitude reste aujourd’hui encore un mystère pour le personnel navigant israélien. Une autre fois, au beau milieu d’un vol, un passager se dirige à l’avant de l’appareil et cherche ardemment à ouvrir la porte du cockpit. Au chef de cabine venu le raisonner, il explique vouloir simplement “respirer de l’air frais”. |
18/02/2009
|
Une découverte archéologique importante est faite à Kélibia en Tunisie à 110 km au sud de la ville de Tunis sur le littoral nord-est de la Méditerranée.
Une mosaïque évoquant un lieu sacré du judaïsme remontant à la fin de l'antiquité, a été mise au jour à Kélibia, en Tunisie, a-t-on appris à l'Institut National du Patrimoine (INP).
Selon les premières informations ces vestiges représentent une synagogue antique. La découverte est réalisée lors de travaux de voirie menés au pied de la forteresse surplombant le port de Kélibia, sur le littoral nord-est de la Méditerranée. Il s'agirait d'une première, des vestiges constituant la première preuve d'une présence antique du judaïsme dans cette région du Cap Bon.
La représentation de chandeliers à sept branches, symboles du judaïsme, ne laisse aucun doute sur la présence d'un lieu sacré juif. Le monument, daté à priori du 5e siècle avant JC, est constitué d'une mosaïque en parfaite conservation représentant douze chandeliers à sept branches.
Dès sa découverte, un périmètre de sécurité a été installé autour du site en attendant des fouilles dirigées par monsieur Mounir Fantar, responsable des monuments de la province de Nabeul. Ce monument date du premier exil, suite à la destruction du premier Temple de Jérusalem.
Cette découverte, sans aucun doute de première importance, témoignerait d'une présence juive qui dépasse les limites de la ville de Carthage (1).Les sous sols nombreux de ruines archéologiques ne font que prouver une riche présence juive en Tunisie. Les fouilles archéologiques vont continuer à révéler des secrets.
Il y en a encore pour croire à des pays musulmans modérés comme la Tunisie ou les découvertes archéologiques ne suscitent pas des grincements de dents ou des actes de vandalismes.
En Israël, dès qu'une découverte archéologique vient contre dire les croyances de certains groupes extrémistes palestiniens, ils la cachent ou la détruisent. La barbarie dans toute sa" splendeur". Ils ont même détruit sous le Temple des milliers de poteries, de pierres inscrites en hébreu ancien etc. En Judée Samarie, beaucoup de sites saints aux juifs ont été souillés et pillés (2).Et le plus triste c'est que l'on trouve des intellectuels qui les aident à nous ramener au Moyen age !
Ftouh Souhail
Citoyen du Monde
(1) Voir au sujet de la présence antique des juifs en Tunisie, les travaux du Révérend Père Delattre sur la Nécropole juive de Gammarth de l’époque Punique ainsi que les tombeaux des Ravs Juifs et des prêtres de Tanit de la Synagogue de Néro (Hamam lif).
(2) L’ancien grand rabbin de France Youssef Haïm Sitruk, qui s’est rendu pour la première fois en 2007 sur le site du tombeau de Yossef à Shekhem (Naplouse), a constaté les dégâts sur le lieu saint. Le gouvernement français est intervenu auprès de l’Autorité palestinienne pour qu'elle se charge de réparer et d'assurer la protection du caveau du patriarche biblique. Les visites des juifs sur ce site ne sont pas autorisées, pourtant elles sont stipulées dans les accords d’Oslo ! |
16/02/2009
|
Contrairement aux manuels d’instruction religieuse de certains Etats arabes, les manuels tunisiens d’instruction religieuse sont des compilations d’articles et d’extraits d’ouvrages divers et variés. A titre d’exemple, le Livre de pensée islamique de Première [1] est une compilation d’articles de vingt-neuf auteurs. Il inclut des extraits d’ouvrages de savants renommés comme le grand historien nord-africain du 14ème siècle Ibn Khaldun, le théologien irakien des 9-10ème siècle Abou Al Hassan Al-Ash’ari, et le grand théologien Abou Hamid Al-Ghazali, ainsi que des extraits d’ouvrages modernes signés par des réformistes musulmans comme Rifa’a Al-Tahtawi, Jamal Aldin Al Afghani, Muhammad Abdou’, Ali Abdel Razeq, Abdel Rahman Al-Kawakibi, Muhammad Rachid Rida et Saadeddine Ibrahim [2].
Un examen attentif des manuels scolaires tunisiens d’instruction religieuse des classes de Première et de Terminale révèle le rôle déterminant que joue l’Etat tunisien dans trois domaines : la séparation des pouvoirs, la liberté individuelle et la tolérance vis-à-vis d’autrui. En outre, ces manuels ne se limitent pas à un seul courant religieux, mais prennent en considération les différents courants de l’islam. Ainsi, bien que la Tunisie soit majoritairement sunnite, elle accorde une place au chiisme dans ses manuels religieux.
Dans les manuels d’instruction religieuse des classes de Première et de Terminale et plus particulièrement sur certains de leurs grands thèmes de prédilection on trouve facilement les grands chantiers de la modernité : la laïcité au regard de la religion, la nécessité d’éviter les conflits d’ordre religieux, l’éducation comme facteur de liberté et d’harmonisation entre religion et modernité, le siècle des Lumières en Europe, l’importance de la concertation, de la tolérance et du dialogue.
Il s’avère aussi que le programme des manuels scolaires tunisiens d’éducation religieuse est fidèle à l’esprit du courant réformiste musulman. Bien qu’aujourd’hui le salafisme fait un retour inquiétant dans les médias avec le flux des chaînes satellitaires extrémistes, les manuels tunisiens encouragent, de leur part, un islam modéré tourné vers l’ouverture et la modernité. Malgré que les idées extrémistes soient aujourd’hui récupérées par quelques courants anti-modernistes, le progressisme musulman en Tunisie a toutefois échappé à cette tendance, ainsi que le révèle la lecture des manuels scolaires.
La majorité des chapitres qui sont en contradiction avec la réalité politique de la Tunisie contemporaine de Ben Ali, comme, par exemple, celui du despotisme musulman, la violence islamique et l’infériorité de la femme sont disparus des manuels tunisiens. Il convient aussi de noter que les anciens manuels (avant 1995) ont été rédigés sous le règne de Habib Bourguiba, fondateur de la Tunisie moderne, dont le gouvernement n’était pas tout à fait démocratique malgré son orientation réformiste .
Dans un chapitre intitulé "Le renouveau et les mouvements de réforme", le manuel de Première souligne la nécessité d’institutions étatiques laïques pour un bon fonctionnement de la société arabe : "L’une des causes de l’anarchie, des complots et de l’effritement dans les rangs de la nation [arabe], ainsi que de la faiblesse et de la colonisation qui s’ensuivent, est l’absence d’institutions constitutionnelles (...), de pouvoir législatif représentant le peuple et promulguant des lois qui le protègent et assurent la stabilité [de la nation arabe]." [3]
Le manuel d’instruction religieuse de la classe de Première va jusqu’à présenter la religion comme une source possible de conflits. Un article [4] évoque le conflit qui a jadis opposé les mutazilites [5] à l’orthodoxie islamique, notamment hanbalite [6], au sujet de la "création du Coran". Pour les mutazilites, le Coran aurait été "créé" au moment de l’avènement de Mahomet, tandis que, pour les théologiens officiels, le Coran aurait été rédigé par Allah avant la création du monde. Il serait "descendu" au moment de l’avènement du Prophète de l’islam.
"Cette controverse est à l’origine d’une épreuve cruelle (...) qui équivaut à l’Inquisition pour l’Europe chrétienne.A notre époque, les différences d’opinions sur ce sujet purement théorique peuvent surprendre (...) ainsi que la violence, l’amertume, la jalousie, voire les meurtres qu’elles peuvent entraîner. Ces répercussions sont la meilleure preuve que le conflit entre les mutazilites affirmant que le Coran est une création humaine d’une part, et les hanbalites et les autres [musulmans] pour qui il est antérieur [à la création du monde], n’était pas un conflit purement théorique, mais (...) religieux." [7]
En outre, un article du cheikh réformiste Mohammad ’Abdu [8] dénonce ce qu’il qualifie d’"immobilisme des théologiens" : "Quelqu’un peut-il nier l’immobilisme des docteurs de la charia et demeurer avec les expressions des auteurs, malgré leurs divergences d’opinions et leurs incompréhensions ? Dans les cas où nulle opinion n’a été exprimée, ils évitent de trancher et cherchent à pervertir le sens [du texte] afin de le rendre conforme aux affirmations de tel ou tel ouvrage. [9]
Dans un texte intitulé "Le lien entre la science et la religion, et la contagion du fanatisme chez les musulmans" [10], le manuel s’attaque aussi aux pratiques obsolètes attribuées à l’islam : "D’où vient ce grand nombre de religieux que nous trouvons aujourd’hui dans les pays de l’islam, chargés de veiller sur l’observance de cérémonies religieuses que le Coran n’a jamais mentionnées, comme les enterrements et autres cérémonies liés aux différents aspects de la vie publique -les naissances, les mariages, les intronisations, etc. ?
Et comment voyons-nous aujourd’hui chez les musulmans -et c’est une chose qui peut être associée à l’idolâtrie- le grand nombre de saints, de justes et de chefs religieux qui ont fondé des courants diffusés aux quatre coins du monde musulman ? Et comment est-il possible que les croyants implorent ces saints, ces justes et ces chefs religieux sans doute plus qu’ils n’implorent Dieu ? [11] "
Le manuel explique, dans un passage extrait d’un ouvrage intitulé "La parole utile dans la démonstration de l’effort et de l’imitation" [12], que toute tentative de réforme dans le monde arabe provoque des réactions négatives, la population étant très attachée aux traditions locales.
Cet état de fait est si fort que si une tradition venait à être présentée comme une innovation (condamnable dans l’islam), la population se rebellerait : "Tout [homme] raisonnable sait que si un docteur de l’islam déclarait dans une ville musulmane, en n’importe quelle circonstance, que l’imitation est une innovation interdite [sans fondement dans l’islam] (...), il serait attaqué par la majorité de ses habitants, soit par des injures, soit par la violation de ses biens, de son corps et de son honneur." [13]
Un article présente l’instruction comme l’ennemi de la dictature. Sous le thème "Le despotisme et la science" [14] : "La liberté politique responsable et organisée garantit le dialogue entre la nation et le pouvoir", l’auteur pose la question : "Qu’est-ce qui ressemble plus au despotisme que la tutelle d’un traître puissant et infidèle sur les orphelins de riches, qui utilise leurs biens et leurs âmes comme bon lui semble tant qu’ils sont mineurs ? De même que le tuteur n’a pas intérêt à ce que les orphelins atteignent leur majorité, le despote n’a pas intérêt à ce que le peuple soit éclairé par la connaissance. Ce n’est pas un secret pour l’autocrate qu’il ne peut y avoir de coercition et d’esclavage si les sujets demeurent dans l’obscurité de l’ignorance (...)
Le despote ne craint pas l’étude de la philologie destinée à corriger la langue, tant que celle-ci n’inclut pas de maximes susceptibles de soulever le peuple (contre le dirigeant) ou de rhétorique génératrice d’engouement [contre le pouvoir] qui affaiblit les armées. "On peut dire de façon générale que le despote ne craint pas toutes les sciences, mais seulement celles qui ouvrent l’esprit et éveillent en l’homme la conscience de ses droits et de son absence de droits, ainsi que des moyens d’acquérir et de préserver ses droits. Le despote est un usurpateur et un fourbe, tandis que les savants éveillent la conscience et mettent en garde. Le despote a des affaires et des intérêts que seul le savant est en mesure de gâter." [15]
Le même manuel fait en particulier l’éloge du savoir profane. Un article de Muhammad ’Abdu dénonce la "contagion du fanatisme" en ces termes : "Le savoir élève les nations, tandis que l’ignorance les affaiblit et en fait la proie des errances du fanatisme, que ce [fanatisme] soit d’ordre idéologique, clanique ou confessionnel." [16] S’agissant du savoir comme rempart contre le fanatisme, le manuel mentionne notamment le côté positif de la campagne napoléonienne en Egypte, qui a apporté les sciences en Egypte.
Un passage extrait d’un livre intitulé "La pensée réformiste chez les Arabes à l’époque de la renaissance [arabe]" [17] souligne que la campagne napoléonienne a élevé le niveau d’instruction générale en Egypte : "La campagne [française] [18] n’était pas une simple opération militaire, mais comportait un aspect scientifique et culturel qui a eu le mérite d’allumer l’étincelle de la renaissance arabe moderne. Car cette campagne a fait venir de nombreux chercheurs français bien équipés en Egypte, qui ont initié des recherches dans les domaines des mathématiques, de l’ingénierie, de la géographie, de l’astronomie, de la mécanique, de la géologie, de la métallurgie, de la médecine, de l’archéologie, de la littérature et des arts.
Une revue était éditée tous les trois mois pour présenter les résultats de ces recherches. Ils [les scientifiques français] ont également diffusé un précieux ouvrage descriptif de l’Egypte [Ketab Wasf Misr], auquel ils ont incorporé des photos, des cartes et des tableaux. Ces connaissances qui étaient nouvelles pour les Egyptiens ont suscité tout leur étonnement !" "Cette campagne a développé l’imprimerie ; Napoléon a amené une imprimerie dont il s’est servi pour [diffuser] son appel au peuple égyptien. (...) Et la première imprimerie arabe que l’Egypte a connue est l’Imprimerie orientale française. Parmi ses publications se trouvaient un livre de phonétique, un livre de lecture et un dictionnaire français arabe. Une autre imprimerie a ensuite été créée, qui a publié Barid Misr [19].
Voilà qui révèle l’intérêt que portait la campagne [française] pour le journalisme, dans la mesure où elle a également donné naissance à un deuxième journal, Al-Ashriya Al-Misriya [qui sortait tous les dix jours]." "En examinant les débuts de la renaissance en Egypte, on constate que sa source est unique : c’est l’Europe, grâce à son fort développement dans les différents domaines." Le manuel ne prend toutefois pas partie pour la France : "Si Napoléon s’est appuyé sur la science moderne durant sa campagne, son but n’était pas d’instruire le peuple [égyptien], mais de rallier les élites pour étendre son pouvoir. Aussi, la campagne, de courte durée, et les difficultés encourues, n’ont pas permis aux Egyptiens de participer à cette campagne." [20]
L’auteur définit comme suit la liberté de pensée : "La liberté de pensée, c’est le respect de l’esprit, le fait de lui donner une place honorable et de lui permettre de s’exprimer dans tous les domaines, aussi bien politique, scientifique que culturel. Le développement culturel dans tous les domaines est révélateur de la bonne santé de la société. Et la liberté de pensée est une composante -voire même le fondement- de la liberté d’opinion et d’expression. La réflexion est un commandement religieux." [21]
Le manuel fait l’éloge de la liberté individuelle comme étant la condition de toute connaissance. Dans une partie intitulée "Des causes du retard des musulmans", il présente un extrait d’une lettre adressée au sultan ottoman par Moustafa Fadel Pacha [22] : "La liberté est l’enseignant n°1 des nations ; c’est elle qui forme les enseignants. Nul autre ne peut la remplacer. La nation opprimée méprise le savoir, car il ne lui est pas utile. Les nations désirent le savoir quand elles jouissent des droits auxquels elles croient ; l’instruction leur permet de mieux profiter de leurs droits, et toute nation ignorante opprimée est soit lâche soit traître."
Le manuel de Première insiste le droit inné à la liberté individuelle [23] dans un passage intitulé "La liberté est la base du pouvoir" : "Certains besoins vitaux dépassent l’alimentation et l’habillement, même s’ils sont la condition première de la vie. Parmi les besoins essentiels se trouve la liberté. L’homme naît libre, il n’a d’autre seigneur que Dieu ; c’est pourquoi il doit vivre libre et mourir libre. La liberté inclut la liberté politique, la liberté de pensée, voire même la liberté religieuse." Le manuel de Première développe en particulier le concept de liberté politique, ramification naturelle de la liberté individuelle. L’individu avait le droit de critiquer le pouvoir : "La liberté politique signifie en premier lieu la liberté d’opinion et d’expression. Aux tous débuts de l’Etat islamique avaient été établies des libertés politiques ne muselant pas l’individu, même si ce dernier critiquait le gouverneur. L’Etat islamique autorisait même la formation de groupes et de partis aux opinions et aux principes différents [de ceux du gouverneur], que ces derniers défendaient franchement et explicitement." [24]
Un autre article [25] souligne la nécessité d’une diversité d’avis antérieure à la prise de décision par le dirigeant. La "Shura" (principe de consultation dans l’islam) est considérée comme "faisant partie des valeurs morales relatives à l’exercice du pouvoir qui permettent à la concertation d’aboutir à un point de vue commun utile à la collectivité, que ce soit au sein de la pyramide du pouvoir politique, de la tribu, du clan ou même de la famille où les époux se concertent... Nous avons toujours besoin d’un minimum de concertation pour arriver à une direction qui garantisse la participation de tous ou [au moins] de la majorité." [26]
En outre, les décisions déterminantes devaient être prises en accord avec l’avis du peuple : "La liberté politique inclut aussi la consultation [des gouvernés par les gouverneurs] comme il est écrit dans le Coran : "[Qu’ils] se consultent entre eux à propos de leurs affaires..." (Sourate Al-Shura, verset 38). La Shura [consultation] suppose [l’existence de] la liberté d’expression et la garantit. S’il n’y a pas eu, dans [l’historie de] l’islam, d’institutions officielles chargées de veiller à la pluralité des opinions relatives à la politique de l’Etat, comme le Parlement ou les assemblées consultatives, l’islam approuve toutefois le principe [de consultation], voire l’ordonne (...). La pluralité des opinions nécessite -surtout à une époque où l’espace de l’Etat s’est élargi et où les problèmes de gouvernance se sont multipliés- la reconnaissance de l’opinion inverse dans un esprit de liberté et de tolérance totale." [27]
A travers ses manuels scolaires, la Tunisie -majoritairement sunnite- fait preuve d’une grande tolérance à l’égard des chiites [28]. Le manuel d’instruction islamique de Seconde se réfère au texte [29] d’un éminent théologien réformiste du 19e siècle, Jamal Al-Din Al-Afghani (1839-1897). Ce dernier évoque le pluralisme religieux qui a toujours existé en islam et cite parmi les grandes écoles "les chiites qui imitent l’imam Jaafar Al-Sadeq [30] ", un des plus grands théologiens des Ahl Al-Bayit [31], précisant que "leur préférence pour l’imam Ali [32] ne doit pas les exclure de la communauté des musulmans".
Le texte du manuel souligne l’inutilité des opinions revanchardes entre sunnites et chiites : "Si les sunnites se mettaient d’accord aujourd’hui et approuvaient le choix des chiites, des Arabes et des Perses, et admettaient qu’Ali ibn Abi-Talib était plus apte à assurer la [fonction] califale que [son prédécesseur] Abou-Bakr [33], est-ce que les Perses [chiites] s’en trouveraient valorisés ? Ou la condition des chiites s’améliorerait-elle ? Et si [au contraire] les chiites approuvaient [le choix] des sunnites [et admettaient] qu’Abou-Bakr avait eu raison d’assurer la [fonction] califat d’Ali, cela valoriserait-il les musulmans sunnites et les sauverait-il de la servitude, de l’humiliation et de l’insécurité où ils sont tombés aujourd’hui ?" [34]
FTOUH Souhail, Tunis
Ci-dessous la liste des textes des manuels scolaires :
[1] Deuxième année secondaire en Tunisie.
[2] Célèbre réformiste égyptien.
[3] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 84.
[4] Hussein Ahmed Amin, "Dalil al-Moslem Al-Hazin", Editions Al-Janoub lil-Nashr, Tunis, 1993, pp. 133-134.
[5] Une école de pensée théologique musulmane apparue au VIIIe siècle qui se développe sur la logique et le rationalisme, et cherche à combiner les doctrines islamiques avec celles-ci, en montrant ainsi leur compatibilité.
[6] Une des quatre maddhabs (écoles de pensée religieuse formant le droit musulman) de l’islam sunnite. Prônant l’origine divine du droit en réaction au mutazilisme, le hanbalisme doit son nom à l’imam Ahmed ben Hanbal (780-855) qui en fut le théoricien.
[7] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de troisième année secondaire, p. 18.
[8] Muhammad ’Abdu, "L’islam et le christianisme", Le Caire, 1938, pp. 107-108.
[9] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 98.
[10] Muhammad ’Abdu, "L’islam et le christianisme", Le Caire, 1938, pp. 150-151.
[11] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 100. [12] Muhammad Ben Ali Al-Shawkani, "La parole utile dans la démonstration de l’effort et de l’imitation", Editions Al-Qalam, Koweït City, pp. 46-51.
[13] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 52.
[14] Abdel Rahman al-Kawakibi, "Les caractéristiques du despotisme et la mort de l’esclavagisme", pp. 28-33.
[15] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 67.
[16] Muhammad ‘Abdu, L’islam et le christianisme, pp. 150-151.
[17] Muhammad Al Qadi et Abdallah Solah, "La pensée réformiste chez les Arabes à l’époque de la renaissance", Editions Al-Janoub lil Nashr, Tunis, 1992, pp. 15-24.
[18] En référence à la Campagne d’Egypte de Bonaparte (1798-1801).
[19] En arabe : la messagerie d’Egypte, un journal qui sortait tous les quatre jours.
[20] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 54.
[21] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de troisième année secondaire, p. 38.
[22] Frère du khédive (roi d’Egypte) Ismaïl.
[23] Kamal Abdallah Al-Mahdi, "La religion et la vie", Editions Al-Jil, Beyrouth, 1988, pp. 291-293. [24] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de troisième année secondaire, p. 38.
[25] Muhammad al-Talbi, "La famille de Dieu", éditions Dar-Serras, 1992, pp. 90-93.
[26] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de troisième année secondaire, p. 40.
[27] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de troisième année secondaire, p. 38.
[28] La majorité des chiites du Moyen-Orient (à l’exception du Yémen) sont duodécimains, c’est-à-dire croient dans l’existence des douze imams. Près de 80% des chiites sont duodécimains ; ils sont majoritaires en Azerbaïdjan, à Bahreïn, en Iran, en Irak, et au Liban.
[29] Al-Aamal al-Kamela, pp. 324-325.
[30] Le sixième des douze imams du chiisme duodécimain auquel se réfère les chiites imâmites, souvent dits jaafarites.
[31] Maison de Mahomet.
[32] Gendre de Mahomet.
[33] Successeur de Mahomet et premier des quatre califes bien guidés (al-Kholafa’ al-Rashedoun). [34] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 65. |
11/02/2009
|
Depuis le changement du 7 novembre 1987 la Tunisie est devenue l’un des pays émergents où la croissance économique et les progrès humains sont les plus équitablement répartis dans la région avec le développement d'une classe moyenne influente et gagnée aux idéaux démocratiques et une égalité effective entre hommes et femmes, comme il n'en existe pas dans les pays de la région.
Sur ce terrain, la Tunisie, comme d'ailleurs bien d'autres pays, peut sans doute encore faire des progrès mais cela ne doit pas faire oublier qu'elle a déjà accompli de très importantes avancées en quelques années et que la situation y est plus enviable que dans bien des Etats de la région.
En termes de compétitivité économique et de bonne gouvernance, la Tunisie d’Ibn Khaldoun et d’Hannibal et de Ben Ali est classée au premier rang des pays africains, loin devant l’Afrique du Sud.
Les indicateurs relatifs à l'évolution de la qualité de la vie du citoyen tunisien, dans les villes comme dans les campagnes, ont atteint aujourd’hui des niveaux élevés, le dernier rapport du Forum économique de Davos 2009 l’a révélé. Le revenu annuel moyen par habitant a enregistré une progression continue, au taux de 7,3% en moyenne par an depuis 1987, et le taux de pauvreté est tombé à 3,8%. En 2016, la Tunisie avertit : « Nous serons en route pour atteindre le PNB des pays développés» Le PNB par habitant est passé de 900 à 4000 dinars et atteindra, selon les estimations et ambitions affichées par le régime les 8000 dinars en 2016. En 2030, la Tunisie déjà émergente en 2007 se veut un pays développé.
Sur ce terrain, la Tunisie, comme d'ailleurs bien d'autres pays, peut sans doute encore faire des progrès mais cela ne doit pas faire oublier qu'elle a déjà accompli de très importantes avancées en quelques années et que la situation y est plus enviable que dans bien des Etats de la région
Un tunisien à la naissance peut espérer vivre au moins 75 années. L'espérance de vie à la naissance a augmenté pour atteindre, actuellement, 74 ans, contre 67 ans en 1984, et l'on s'attend à ce qu'elle se rapproche de 80 ans à l'horizon de l'année 2020.
L'Etat est intervenu pour multiplier par plus de cinq fois le volume des transferts sociaux, soit un total représentant 19% du PIB; cela signifie que chaque ménage tunisien bénéficie actuellement d'une moyenne de revenu mensuel additionnel indirect d'un montant de 277 dinars.
Le taux d’alphabétisation est de 95% chez les jeunes de moins de 25 ans. Le pays compte 350.000 étudiants. Le Président Ben Ali poursuit inlassablement ses efforts pour investir dans le savoir et dans l’intelligence.
Avec l’augmentation du nombre des diplômés, le pays devra cependant faire face à l’équation de l’emploi. Le taux de couverture est actuellement de 92%. L’objectif annoncé est d’arriver au plein emploi. En 2008, Ben Ali a convoqué une concertation sur l’emploi des jeunes. Le Président Ben Ali est conscient que l’accès au savoir fait reculer l’obscurantisme et développe l’esprit critique et l’engagement citoyen.
Ben Ali, a réaffirmé à l’occasion de la célébration du 20ème anniversaire du Changement au stadium de Radès rempli de monde que : «le choix du pluralisme est irréversible». Dans ce sens il a ordonné le doublement du financement des partis d’opposition pour les élections qui se dérouleront en 2009 et il annoncé en outre le financement de leurs journaux. Coté parité, le Président Ben Ali a continué dans la voie, du feu Bourguiba avec pas moins de 30% de femmes inscrites sur les listes législatives et municipales. On note aujourd’hui aussi que les 50 plus grosses entreprises tunisiennes sont dirigées aux deux tiers par des femmes.
Le chef de l’Etat demeure toujours ambitieux pour son pays et serein. Aux critiques étrangers, les amis de la Tunisie, répondent que les pseudo opposants sont en général des islamistes liés à Al Qaeda, dont les assassins de du Général Massoud .Ben Ali a prouvé qu’il n’y avait de fatalité ni dans la pauvreté ni dans l’exclusion.
Sur le terrain, toutes les critiques sont bien accessibles sur Internet. Le régime ne bloque plus les infos diffusées sur le Net. Au contraire, se sont les opposants de Ben Ali qui pratiquent la censure. A maintes reprises par exemple nous voyons des minorités clandestines de juristes anti-démocratiques et alliés à une opposition non républicaines essayent de monter des faux dossiers contre les personnes qui s’expriment librement sur la toile. Ces gens qui vivent au Moyen Age sont loin de donner des leçons ni de faire évoluer notre pays. A noter aussi que plus d’un million et demi de Tunisiens sont branchés librement à Internet et 92% d’entre eux, ont un téléphone fixe ou mobile.
Concernant la situation dans les prisons, la Tunisie a fait des progrès considérable dans le domaine de l’indépendance la justice et des droits de l’Homme .C’est un pays de Droit qui n’a jamais abrité des prisons secrètes pour le compte de la CIA. Signalons aussi que la Tunisie avait signé depuis le 26 avril 2005 un accord avec la Croix Rouge pour autoriser la visite des prisons dépendantes du ministère de la justice.
La Tunisie a réussi à éradiquer le terrorisme, le fondamentalisme et l’extrémisme non pas par les armes ni par les larmes mais en éradiquant le fléau par les racines. Le gouvernement tunisien a fait de la lutte contre l’exclusion, l’analphabétisme et la pauvreté un cheval de bataille pour éradiquer ce phénomène .Ce qui est sûr aussi , c’est que la Tunisie a su prendre le taureau par les cornes en luttant contre les causes profondes du terrorisme. Il a ainsi évité « le choc des armes et le choc des larmes».
Le monde arabo-musulman montre la voie à ne pas suivre et celle à prendre. Il s’agit d’explorer la dimension de la spiritualité pour aborder les problèmes du monde moderne. Dans des pays comme la Tunisie, se joue merveilleusement une alliance entre tradition et modernité.
L’érection d’un Fonds de Solidarité Nationale a contribué à responsabiliser le citoyen tunisien qui désormais pose un regard humain à de son prochain et se sacrifie pour son pays. C’est une voie de la liberté qui montre que le pays se soutient d’abord lui-même depuis l’accession du président Ben Ali au pouvoir en 1987. L’expérience tunisienne d’un Fonds de Solidarité Nationale a même inspiré l’ONU et des pays africains en voie de développent et de démocratisation.
« Le miracle tunisien », pour reprendre le titre d’un livre écrit par le Russe Filatov Serguei, qui est un recueil d’articles sur ce pays, tient sur une bonne charpente : « l’investissement sur l’homme », et la diplomatie de l’intelligence. La «Zinestroïka est en marche», exulte Salvatore Lombardo alors que la perestroïka n’a pas été une réussite. Dans «Chroniques tunisiennes», il met en valeur la jeune démocratie tunisienne et ses réussites, son ouverture sur le monde, sa lutte contre l’extrémisme, la réussite économique malgré le fait que le pays n’est pas producteur de pétrole.
Dans un article publié récemment par le journal économique suisse, Agefi, Guy Mettan, directeur exécutif du Club suisse de la presse qui comparait la Russie et la Tunisie, écrit pour sa part : «la Tunisie a dû voir grand pour s’en sortir, en misant sur ses seules ressources humaines puisqu’elle ne peut pas se reposer sur ses ressources naturelles».
Pour notre part, nous constatons qu’il ne fait aucun doute que la Tunisie est une fierté économique pour l’Afrique et un exemple à suivre. Comme, il est clair qu’en matière des droits de l’Homme, il serait hasardeux de chercher un paradis sur terre. Nous pensons par ailleurs que ce pays a le devoir d’être le plus transparent possible dans ce domaine. La Tunisie a un devoir envers l’Afrique après avoir montré à ce continent marqué par la souffrance que « le miracle » est d’abord entre les mains des hommes.
La Tunisie, le champion économique de l’Afrique, s’exprimera à Genève devant l’ONU en avril 2009 sur son état des droits humains dans le cadre de l’examen périodique universel, une nouvelle initiative du Conseil des Droits de l’Homme.
Dans tous ces combats, dans tous ces défis, la Tunisie du Président Zine Al Abidine Ben Ali est toujours là, en permanence, brillante par la chaleur de son engagement et par le dynamisme exceptionnel de son action en faveur de l’amitié avec les autres peuples.
Ftouh Souhail, Citoyen du Monde
Shalom Aleichem (Salam Aliekum)
|
|
|
06/02/2009
The screening in Tunisia of a French film dealing with Jewish life in Nazi-occupied France has raised a storm of criticism in Tunisia. "UN Secret" ("A Secret"), directed by the French-Jewish director Claude Miller and starring the popular French-Jewish singer Patrick Bruel, was shown at the opening of the 15th annual Festival of European Cinema in Tunis between November 20th and December 3rd 2008.
Tunisian filmgoers walked out 30 minutes into the film "A Secret," which deals with a Jewish family in Nazi-occupied France, claiming that it was "too favorable to the Jews." Filmgoers told aljazeera.net, the website of the Al-Jazeera satellite TV station, that they wondered why Europe was so favorable to the Jews, and France in particular, whose president they described as the "pro-Jewish Sarkozy."
The Tunisian organizer of the festival, Ibrahim Al-Latif, blamed the European delegation, which was responsible for the choice of films. One young filmgoer told aljazeera.net that the decision to screen "A Secret" led some people "to feel that the European delegation, which oversees the festival, is under Jewish control."(1)
Al-Sabah: Opening with the Film Was Not Appropriate Given the Criminal Siege on Gaza
An article by Muhsin Al-Zaghlawi in the mainstream Tunisian Al-Sabah daily opined that "not only was the timing of the opening of the festival wrong, as it came together with the tightening of the criminal Israeli siege on Gaza and the unprecedented worsening of Palestinian suffering, but also the opening film chosen by the organizers… was not appropriate in the view of many observers…
A large number of the Tunisian public present at the opening were surprised by the events [related in] the film, and its melodramatic narrative, which emphasized the tragic aspect of these events. The film tried to show the Jews as though they were the only people in history who have been subjected to injustice and against whom were committed crimes and massacres. Thus some of them decided to walk out of the film and leave the area, in plain view of the guests and the organizers…
"[This was an act of] protest… against the Tunisian and European panel who organized the festival, who did not make a good choice – if we are to assume that their intentions were good – and shocked the festival's public, right at the opening, with a politicized film that, regardless of its content, does damage to the festival's orientation, and comes close to removing it from its general cultural-artistic framework and brings it into a maze of [political] instrumentalism that is far from innocent.
"The oppressive Israeli siege underway these days against the Palestinians in the Gaza Strip, which is an [ominous] herald of a humanitarian disaster, is an event that must necessarily cast a shadow on any festival – cultural, intellectual, or other – taking place anywhere. The festival's organizers… should have taken this into account, and not given a film dealing with the Jews' historical tragedy in the Holocaust the honor of opening the festival… especially since the criminal Israeli siege against the Gaza Strip is now at its ugliest and most inhumane."(2)
Opposition Paper: The Zionist Entity Exploits Any Occasion to Remind the World of the Holocaust
A similar article appeared on November 28, 2008, in Al-Watan, the official organ of the opposition Unionist Democratic Union party. The article, by Noureddine El-Mbarki, read: "I don't know whether this was just a coincidence, or whether this was planned intentionally. I don't want to make gratuitous accusations against anyone. But what occurred on Thursday, November 20, at the Coliseum Auditorium, makes me wonder whether the organizers of the 15th Festival of European Cinema were aware of what was going on at the opening.
"Over the course of the last week the siege on Gaza reached dangerous levels; electric light to residents and to medical and economic institutions is cut off, and the bakeries have closed their doors. Young children and the elderly struggle with death in the hospitals because of the lack of medicines and the machines that are shut down. Families cannot find anything to allay their hunger, and some bakeries have been forced to use animal fodder for making bread. This is a tragic and inhuman situation caused by the Zionist entity's blockade on the border crossings.
"In these days, when voices have risen to break the siege on Gaza, the 15th annual European film festival in Tunis opens with a film that 'deals with… the tragic situation of the Jews in the Second World War, through [the lives of] Jewish families in France, and [deals with] the victims of the Holocaust at the hands of the Nazis…'
"It is well known that the Zionist entity and the Jewish lobbies, which are spread throughout the entire world, always try to exploit any occasion and any stage, no matter how trivial, to 'remind' [the world] of the oppression suffered by the Jews, especially during the Second World War at the hands of the Nazis, in an attempt to cover up the crimes that the Zionist entity is perpetrating in the occupied Palestinian lands. These are crimes that destroy everything: forests of olive trees, houses, the tyrannical siege [whose victims reach] the point of death, the air raids, the assassinations, and so on.
"What is being perpetrated in Gaza is a true crime by any measure or standard, but nonetheless the world looks on and 'monitors' [the situation]. And in Tunisia, with the [full] knowledge of the Ministry of Culture, a film is being shown about the oppression of the Jews told through 'the story of a child in search of his identity' – whereas the children of Gaza, because of the siege, can't find milk or anything to allay their hunger…"(3)
Positive Reviews in the Tunisian French-Language Press
In contrast, the Tunisian French-language press had only praise for the film, and did not so much as mention any political implications of its screening at the festival. One review in Le Temps daily referred to the film's "tortured tenderness and delicacy,"(4) and another said that it was a film characterized by "nuance, elegance, and finesse. And nonetheless, underneath, there lies a terrible passion, like a volcano boiling in the strata, unnoticed, until it explodes out into the open…"(5)
Also, the official Agence Tunis Afrique Presse noted the director's personal connection to the film's plot: "Miller confronts the painful memories of the occupation and the concentration camps, from which several members of his family never returned."(6)
Endnotes:
(1) www.aljazeera.net, November 23, 2008.
(2) Al-Sabah (Tunisia), posted on www.tunisia-sat.com; the article does not appear in the online archives, but it was cited in a contemporaneous report from Reuters' Arabic service.
(3) Al-Watan (Tunisia), November 28, 2008; posted on www.tunisnews.net, November 29, 2008.
(4) Le Temps (Tunisia), November 20, 2008.
(5) Le Temps (Tunisia), November 22, 2008. The difference between the treatment of the issue in Al-Sabah and in Le Temps is particularly noteworthy given that the two papers belong to the same publisher.
(6) www.tap.info.tn, November 21, 2008.
|