Marie Alphonse Rastibonne. (1814-1842-1884).Le développement de Jérusalem a eu lieu entre les années 1860 et 1880 et là apparaissent et plusieurs bâtiments et entres autres, le monastère de Ratisbonne ou L’institut saint Pierre de Sion qui a vu le jour entre 1876-1877, en dehors de la vieille ville (rue Hanigid) par les frères Ratisbonne. Ils aménagèrent également la Via Dolorosa et construisent le Couvent Notre-Dame-De-Sion dans la vieille ville à l'intérieur duquel se trouve un musée archéologique et l'emplacement du site de "l'Ecce-Homo" qui donne sur la ruelle du couvent.

Alphonse Ratisbonne fils d’une famille juive et riche est né en 1814 à Strasbourg (France) qui rejeta son judaïsme et consentit à s'assimiler. Lorsqu’il eut 4 ans il perdit sa mère et à l'âge de 13 ans son frère Théodore se convertit au christianisme et devint prêtre. Bien qu’Alphonse ne fut pas religieux, il coupa ses relations avec son frère. Quand Alphonse eut 16 ans, il perdit son père qui lui laissa un très grand héritage. David, son oncle, très riche et sans enfants, l’adopta et le destina à diriger sa propre banque. Alphonse travailla dans la banque mais il s’aperçut très vite qu’il n’était pas fait pour ce genre de travail. Il préféra quitter la sécurité pour se rendre à Paris, sur les Champs-Elysées. Il était alors un homme choyé, riche, et doué.
Lorsqu’il atteint l'âge de 26 ans, il eut l’occasion de se rendre à Rome. Là, dans l’une des églises, il eut une vision et la Sainte Vierge lui apparut. C’est grâce à ce phénomène qu’il se convertit. Il se nomma lui-même le père Marie et il rejoint les moines Jésuites. Après quelques années, Théodore Ratisbonne, le frère d’Alphonse, fonda le couvent des Sœurs de Sion et invita le prête Marie Alphonse à se joindre à lui pour fonder une annexe du couvent à Jérusalem. Le père-Marie arriva à Jérusalem en 1855 et fonda un couvent et un orphelinat sur la via Dolorosa, à l’emplacement de l’arche de l’Ecce Homo, dans la vieille ville.
En 1860, il fonda un autre couvent à Ein Kerem. Là un orphelinat fut ouvert pour les enfants libanais, victimes du même massacre qu’ont subi les Druzes chrétiens maronites, à la même période.
En 1873, il fonda un troisième couvent, c’est le couvent Ratisbonne au cœur de Jérusalem. Alphonse Ratisbonne, le père-Marie, mourut à Jérusalem en 1884 et il fut enterré dans le petit cimetière du couvent d’Ein Kerem.
Le couvent des sœurs de Sion à Ein Kerem
Jusqu’en 1948, le couvent d’Ein-Kerem servit d’orphelinat pour les enfants de nationalité arabe. Lors de la guerre d’indépendance les Arabes abandonnèrent le village d'Ein Kerem et avec eux les orphelins. Depuis le couvent sert de centre de recueillement et de maison d’hôtes.
Lorsque l’on ouvre la grande porte qui fait partie de l’enceinte du bâtiment, nous rentrons dans un jardin magnifique, la fierté du couvent.
Dans les allées ratissées entre les arbres, s’épanouissent des fleurs et des plantes. Il y a dans ce jardin beaucoup de coins où l’on peut s’isoler et plusieurs points de vue sur Ein-Kerem et les monts de Judée, paysages troublants au coucher du soleil. Des écrivains, des intellectuels, des musiciens et des peintres se retrouvent ici. De temps en temps des groupes qui pratiquent le Yoga se réunissent dans cette maison d’hôtes, d’autre fois, ce sont des amis viennent peindre ensemble. Le petit bâtiment près du jardin était la maison du prête Marie et elle a été conservée en souvenir de ce philanthrope, selon la volonté des hommes. Dans le coin du jardin un petit cimetière où sont enterrés Alphonse-Marie Ratisbonne et des bonnes-sœurs.
Dans le grand bâtiment se trouvent l’entrée du couvent, les bureaux, la salle à manger et les chambres des sœurs. Certaines chambres à la location sont celles où ont vécu les orphelins. Les dallages sont en pierres anciennes, les plafonds sont hauts et les murs badigeonnés à la chaux. Le mobilier est grec ancien adapté à l’endroit et les toilettes sont communes. Le tout, un peu sommaire mais propre et brillant. Le seul luxe est l’environnement paisible et plein de charme de ce couvent. Les bâtiments sont caractéristiques du style renaissance italienne avec des détails romanesques. L'rchitecte est le Père Daumat.
L’institut pontifical Rastibonne
Ou Institut saint Pierre de Sion dit : Ratisbonne dans la ville nouvelle.
Il a été fondé à Jérusalem au 19ème siècle. A la suite du deuxième consul du Vatican, il est devenu un centre d’études juives pour chrétiens, animé par les religieux de Notre Dame de Sion, avec la collaboration des religieuses de Notre Dame de Sion et d’autres enseignants juifs et chrétiens.
En 1985, les religieux de Sion ont fait don au Saint-Siège du domaine Ratisbonne tandis que le Centre d’études passait sous la responsabilité académique de l’Université Catholique de Paris.
Depuis le début de l’année 1997-1998, Ratisbonne fonctionne comme un institut académique placé sous l’autorité du Cardinal Préfet de la congrégation pour l’éducation catholique. L’institut Ratisbonne est appelé à manifester l’intérêt de l’Eglise catholique pour le judaïsme et le soutien actif qu’elle apporte aux études juives. L’institut est ouvert aux chrétiens désireux de connaître le judaïsme pour lui-même. Comme l’ont souligné à maintes reprises les autorités de l’Eglise la connaissance du judaïsme est une des conditions fondamentales d’une meilleure compréhension de l’identité chrétienne elle-même.
Aujourd’hui une cinquantaine d’élèves étudient dans cette école et le couvent possède 30 chambres. Le cycle d’études dure deux ans. La première année d’études est générale et permet d’acquérir une première formation dans le domaine des études juives et de parvenir au niveau 3 en hébreu moderne.
L’expérience de milliers d’étudiants en Israël montre que l’étude de l’hébreu ne présente pas de difficultés insurmontables. Des pères et des professeurs israéliens enseignent côte à côte.
Le programme de première année comporte des cours en français et en anglais, dès le second semestre de la première année et pendant toute la seconde année l’essentiel du travail consiste en l’étude des textes hébraïques.
Ce programme comprend : La prière juive, le Talmud, le Midrash, Rachi, le Judaïsme dans l’enseignement chrétien, les rapports entre le judaïsme et christianisme, la lecture de la "parasha" de la semaine, tradition juive et nouveau testament, tradition et histoire du Judaïsme, aspects de la vie en Israël et visites guidées.

Avant 1948, les locaux servirent d’école professionnelle pour les arabes chrétiens, musulmans et les juifs. Ils avaient ouvert plusieurs sections dont une boulangerie et une menuiserie.
Au moment de la guerre d’indépendance, le Goush Etzion et le kibboutz de Maalé-Ahamisha eurent des problèmes avec les Arabes, les enfants furent envoyés au couvent de Ratisbonne à Jérusalem ou ils trouvèrent refuge dans les abris.
La vieille tour qui se trouve sur la droite du bâtiment est une tour qui date de l’époque ottomane. Comme on se trouve sur une colline, les Ottomans avaient construit cette tour pour envoyer des messages vers la colline du campus russe de nos jours. Comme du temps de Babylone et des Asmonéens (où les juifs annonçaient la nouvelle lune du haut des collines en faisant de grands feux), les Turcs employaient les mêmes moyens pour correspondre avec leurs concitoyens.
Couvent Notre Dame de Sion ou Couvent de l’Ecce Homo dans la vieille ville.
Lors de la construction d’une maison d’éducation par le père Ratisbonne en 1857, des vestiges importants de l’époque romaine ont été découverts. A partir des Croisades, la tradition chrétienne a vu dans ce quartier le point de départ de la Via Dolorosa ; ici a été commémoré les souffrances de Jésus, d’où le nom de Ecce Homo : Voici l’homme. (Selon la phrase de Ponce Pilate.)
Le couvent offre aux pèlerins un lieu historique et archéologique, une vue unique sur les terrasses de la vieille ville et les collines qui l’entourent. Une hôtellerie de style simple, familiale et accueillante propose ses services.