Les domaines royaux

Les domaines royaux qui se trouvaient à l'Ouest de la Samarie n'étaient ni des châteaux, ni des propriétés et nul roi ou personnalité n'y habitaient, seulement ils étaient très importants car c'était des zones industrielles d'une grande importance de l'industrie d'huile. En 1990 l'archéologue David Eitan a fouillé le site des vestiges de Beit Hadash et a mis à jour plus d'une trentaine de pressoirs sur ce seul site, c'est la raison pour laquelle on les appelle les domaines royaux. Ils fournissaient une quantité d'huile impressionnante qui servait pour le Temple et qui rapportait d'énormes revenus au gouvernement. Cette région est considérée comme désertique à cause des montagnes rocailleuses où il est impossible de faire de l'agriculture.

Un autobus blindé a été mis à notre disposition pour visiter cette région de Samarie. Cet autobus blindé tout neuf appartenant à la société de développement de la région Benyamin est beaucoup plus agréable que les anciens où on ne voyait rien à travers les fenêtres. Maintenant on peut admirer le paysage chose qui était impossible dans les anciens autobus blindés dont les vitres étaient opaques.

De Tel Aviv nous avons rejoint la nationale 465 "Hosté Benyamin" qui commence au carrefour Givat Coah et qui se termine au carrefour Beit Arié après avoir traversé le barrage de notre armée à Ranatis. Cette nouvelle route longe la principale voie romaine qui allait d'Antipatris à Naplouse et à Sébastia, et entre ces trois villes assez éloignées les unes des autres ne se trouvaient que de petits villages agricoles, ceux de notre excursion de ce jour.
Cette route est en parallèle à la voie romaine et rejoint la côte à la Samarie donc rien n'a changé et on est toujours comme à l'époque romaine au centre des routes qui rejoignent les villes.
Les noms des villages arabes de Samarie d'aujourd'hui ont gardé les noms de villages bibliques de la période du deuxième Temple comme a-Louban qui rappelle le Beit Lavan et Lévona biblique.
Au carrefour Barkan nous avons tourné vers la route 446 vers Peduël et Beit Arié ou Ofarim


Les balcons de l'Etat
Pont d'observation de Beit Arié
Le nom de "Balcon de l'Etat" a été donné par l'ancien Premier ministre Arièl Sharon. Lors de ses visites en Samarie, il est passé dans plusieurs implantations et dans chacune d'elle, il a constaté que d'un point d'observation on peut distinguer une grande partie de la région et se faire une bonne idée de la situation géographique et politique de la Judée-Samarie. C'est le cas de l'observatoire de l'implantation de Beit Arié.
Beit Arié fait parti du Conseil local de Judée-Samarie et il y a été déclaré un conseil local en 1989 et en 2004 il a fusionné avec l'implantation voisine Ofarim. La zone couvre 9000 hectares, dont 2500 hectares d'espaces verts et 148 hectares de réserve naturelle. Depuis 2010, 1.300 familles environ vivent dans cette communauté.
Le nom de Beit Arié a été donné en souvenir d'Arié Ben Eliézer, un des combattant d'Etsel et un membre du Mouvement de la Liberté.
En sortant du village de Beit Arié nous nous dirigeons vers le village arabe Aboud et sur la route l'autobus tourne à gauche sur un chemin de terre qui monte au sommet de la colline. Cette route difficile d'accès sur quelques mètres se trouve goudronnée par la suite car elle fait partie de la route de surveillance de l'armée et elle est interdite au public en semaine et le samedi que sur autorisation. Cette route appelée "doigt" en a la forme car elle englobe toutes les implantations de la région qui s'y trouve et des voitures de l'armée israélienne la sillonnent sans arrêt.
De ce panorama on voit la ligne de démarcation, les villes de El-ad, Pétah Tikva, Yéhoud et par temps clair on peut voir de Hedera à Rishon Létsion.


Makta Aboud
Les premiers chercheurs de ce site ont été des britanniques qui y ont travaillé pendant la période du Mandat. La région Nord de Samarie a été habitée à la fin de la période du deuxième Temple par différentes populations qui s'y trouvaient.
Makta Aboud est une ancienne carrière dont les pierres ont servies à construire le village du même nom. Une nécropole datant de l'époque du deuxième Temple y a été fouillé dernièrement. On y a découvert des cavernes tombales creusées dans la roche dure. Des petites grottes servaient de tombes individuelles d'autres plus grandes étaient communes.
Les archéologues pensent que c'est une nécropole juive car les Samaritains qui vivaient aussi dans la région se faisaient enterrés dans des sarcophages.
Les ouvertures des grottes sont décorées de riches frises "fleurs-roses-grappes de raisins" (zone carrée où se trouvent des frises). Certaines niches ou chambres funéraires sont de couleurs différentes, il s'agit manifestement d'une population particulièrement riche. Malheureusement ce site archéologique a été visité plusieurs fois par des pilleurs qui ont profané les tombes sans aucune dignité et ont causé des dommages dans tout le site.
Les frises qui ornent les frontons à l'entrée des grottes sont des frises doriques. La feuille de vigne revient toujours dans les décorations de cette époque et c'est normal car la principale source de leurs revenus était le vin qu'ils faisaient grâce aux vignes qui plantaient en quantité et qui était devenue la principale industrie de la région. Dans la Mishna on trouve aussi l'importance du vin qui devait être fourni aux familles Cohen et aux familles Lévi dans le Temple.

1ère grotte : C'est la plus belle. L'ouverture de la chambre de droite contient des niches autour desquelles des peintures de plusieurs couleurs et nuances bariolées sont visibles.
2ème grotte : Le fronton de la deuxième grotte a été saccagé par des pilleurs de tombes, l'ouverture de la grotte a été obstruée volontairement par le service archéologique.
3ème grotte : Elle est en très mauvais état, cassée et démolie.
Entre ces trois grottes se trouvent d'autres grottes isolées, éparpillées dans la réserve.

Après l'implantation de Pédouel en allant vers Alé Zaav sur la route 446 nous arrivons aux vestiges de Deir Sama'an. Les vestiges se trouvent à l'Ouest de la Samarie à côté de l'implantation de Péduel sur un sommet qui domine l'environnement à 360 mètres ce qui en a fait un endroit stratégique lors de sa construction. Cette route centrale de l'Ouest de la Samarie menait à Migdal Afek, Naplouse et de Ma'azone Snira à Messra a-Lovon. Ce fut sûrement un point d'observation de la région.


Les vestiges de Deir Sama'an
Les vestiges de Deir Sama'an (st Simon) sont ceux d'un ancien couvent et d'une ferme agricole qui date de l'époque byzantine (2ème -7ème s), une des plus grandes de Samarie et les vestiges ont été spécialement bien conservés. La ferme qui a été construite sur la route principale de l'époque conserve de nombreux vestiges et parmi eux : Un pressoir à huile, des presses à vin, des puits, des réservoirs d'eau, ect. Malgré le nom du couvent on ne connaît pas trop les activités des sœurs de ce couvent, mais son nom met l'accent sur une ancienne ferme appartenant à des chrétiens.
La ferme existait déjà à l'époque romaine, au début du deuxième siècle, de cette époque il a été trouvé un pressoir à vin et une carrière. A la période byzantine apparemment au 6ème siècle la ferme s'agrandit énormément et la majorité des vestiges datent de cette époque. La ferme fut peut-être abandonnée après la conquête arabe parce que les musulmans interdisaient la production de vin, boisson interdite par leur religion. Une autre preuve de cet abandon est cette grande salle recouverte d'un dôme au nord de la ferme et qui est de style différent des autres bâtiments.
La ferme agricole Deir Sama'an se trouve sur une très grande surface, avec plusieurs bâtiments et de nombreuses pièces qui sont reliées entre elles par d'étroites ruelles. La ferme est entourée d'une muraille de grandes pierres taillées ce qui n'empêcha pas les Arabes d'y pénétrer lors de leur conquête.


L'église-Le matériel agricole-Les vestiges
L'église
Elle se trouve au centre du domaine, c'est une grande basilique carrée de 40 mètres de côté. A l'origine deux rangées de piliers étaient divisées de part et d'autre de la salle. Ces piliers étaient posés sur un parterre de mosaïque dont une grande partie est conservée et dont le reste a été détruit par les conquérants. Sur le mur Est de l'église se trouve une des trois abscisses qui existaient. Une pierre de l'entrée et une partie des murs de l'église sont encore d'origine.

Le matériel agricole.
Les plus anciens vestiges du site sont un pressoir taillé (10X13 mètres) et un pressoir à vin de la période romaine qui se trouvent dans la partie Est de la ferme. Un peu plus loin un autre pressoir d'une période plus tardive dont la technique est la presse à vis. Le pressoir le plus perfectionné de la ferme qui a été surement fait plus tard se trouve au Sud Ouest de l'église à l'intérieur d'une section de pièces. De ce pressoir ne reste que trois grosses pierres rondes entières qui nous apprennent le savoir faire de l'huile de cette grande période.
Dans la partie nord de la ferme reste un immense pressoir à vin rond, taillé entièrement dans la pierre et d'un puits sortent de profonds canaux vers de grands réservoirs. Les réservoirs sont également taillés dans la roche et ils sont dispersés dans différents grands espaces. La grandeur de ces réservoirs et de ces puits nous prouvent l'importance de l'industrie du vin de la ferme.
Les vestiges de Deir Sama'an sont éloignés des sources et des points d'eau et c'est la raison pour laquelle de nombreux grands réservoirs sont éparpillés sur le site. Dans la partie nord de la ferme un puits conserve encore des dalles de pierres le couvrant magnifiquement et son système de drainage fonctionne encore à ce jour, c'est la raison pour laquelle jusqu'à ce jour l'eau de ce bassin profond de plusieurs mètres est remplie d'eau limpide presque toute l'année. Un peu plus loin, en dehors du domaine de la ferme des réservoirs d'eau de pluies taillés dans la pierre y ont été découverts. Au sud de la ferme, dans l'une des pièces proches de l'église on trouve un autre réservoir crépi et taillé dans la pierre dont l'anneau est encore presque intact. Les systèmes de drainage du bassin passent sous le dallage qui n'existe plus ce qui les rendent visible à l'œil. Il semble que cette fosse drainée l'eau de pluie des gouttières vers toutes les chambres autour d'elle.
Les vestiges
La ferme est très riche en vestiges décoratifs. Des pierres ornementales stylisées sur lesquels se trouvent des reliefs floraux et des croix. Il semble que ces décorations ont garnis les cadres et les murs de la ferme et elles témoignent de la religion du propriétaire. Parmi les autres bassins on peut également voir un baptistère et des instruments de culte chrétien ainsi qu'un relief de cadran solaire et un pressoir géant au Nord de la ferme. Dans la plupart des chambres, restent des parties substantielles du sol en mosaïque constituée d'une pierre blanche uniforme. Dans une autre pièce au sud de la ferme se trouvent deux fours qui ont probablement été utilisés pour la cuisson de mets. Cette chambre, est la seule dans la ferme dont les murs sont restés hauts de plusieurs couches de pierre et le linteau de l'entrée de la pièce est complet.


Nofim - Réserve du Nahal Kana – Vestiges Shakhada
La réserve du Nahal Kana est la plus grande qui s'étale à l'Ouest de la Samarie. Le wadi Kana est l'un des principaux affluents de la rivière Yarkon est comme les ruisseaux de Shilo Shomron, Natuf et Ayalon il traverse le Nord de la Judée. Dans la réserve coule le wadi Abou Amar un affluent de nahal Kana, de nombreuses sources entourées de bosquets, des grottes de stalactites et stalagmites, des chemins de randonnées et des vestiges archéologiques se trouvent dans la réserve.
On accède aux vestiges de Beit Shradé en rentrant dans l'implantation de Nofim où un chemin de randonnée nous amène à un portail. De ce portail on pénètre dans la réserve du Nahal Kana où se trouvent les vestiges.
De nombreux vestiges archéologiques s'éparpillent dans la réserve et entre eux ceux de Shakhada. C'est un grand site de la période byzantine entouré d'un réseau agricole des plus développé. On y trouve des pressoirs à vin, à huile, des puits, des granges, de nombreuses tours de garde, des réservoirs plâtrés et des mikvés. Plus de 1200 tours de garde ont été dénombrées, on pense qu'elles servaient à surveillaient les fermes de la région. Elles servaient aussi d'entrepôts et de refuge aux gardiens.
Dans cette réserve on trouve de jolies roches comme de la calcite.
On trouve de nombreuses sources dans la réserve du nahal Kana. Déjà du temps des Britanniques ils avaient dénombrées une dizaine de sources qui se jetaient dans le fleuve entre des bosquets méditerranéens qui l'entouraient.


Nécropole juive Kourkoush à côté de la zone industrielle d'Ariel
Période du deuxième Temple et byzantine (1661/1610)
Cette immense nécropole a été construite à l'intérieur d'une carrière de pierre dont les pierres extraites servaient à la construction du village construit sur le haut du sommet. Sur place se trouvent de nombreux tombeaux la plupart avec une entrée avec une voûte en forme d'arche, une deuxième petite entrée avec à l'intérieur des niches pour mettre les sarcophages. On trouve aussi d'autres tombes dans cette enceinte, celles qui contiennent des sarcophages qui sont reliés à la roche par le fond ce qui était très répandue à l'époque byzantine. Autour de la cour centrale sont creusées six niches et la tombe principale y est au centre. Sur sa façade se trouvent des rosettes façonnées dans la pierre et les deux piliers qui entouraient l'entrée (disparus aujourd'hui) permettent de faire penser à la solidité de l'entrée. Ce genre de tombeau fait penser à ceux de la ville de Jérusalem qui ont été construit à la même période. On suppose que les personnes enterrées dans cette nécropole appartenaient à une classe élite