MIKVE ISRAEL.

 

Ses origines                                                                     

Mikvé Israël porte bien son nom car d'un côté il nous rappelle le bain rituel -pureté- (mikvé) et d'un autre la vision et l'espoir que Charles Netter a réussi à réaliser dans une œuvre sioniste bien avant la première alya. La ferme a prit le nom de Mikvé Israël selon le livre du prophète Jérémie – Chapitre 14-Paragraphe 8 : Espoir d'Israël, son sauveur au temps de la détresse, pourquoi serais-tu comme un étranger dans le pays, comme un voyageur qui dresse sa tente pour une nuit.
 
   
 

 

Charles Netter arrive en Israël à l'âge de 42 ans. Trois auparavant en 1867 il se rend au pays et il s'aperçoit que les Juifs de l'ancien Ychouv sont dans une situation sans aucun avenir. A Jérusalem il a l'occasion de parler devant un nombreux public dans une des plus importantes synagogues de la capitale. Il leur demande d'ouvrir les yeux et de commencer une nouvelle vie et ses paroles font réfléchir le public. Dans le même temps il réussit à convaincre l'Alliance Israélite Française qui occupe des locaux Jaffa de créer une école agricole en Israël.

Son père était rabbin et Charles n'a pas été élevé du tout dans le secteur agricole; il est célibataire ce qui lui permet d'être libre de tous ces mouvements et de réaliser sa vision.

 

Le 15 octobre 1870 création de l'école

Cette ferme école  est ouverte par l’Alliance Israélite Française  sous la direction de Charles Netter, Juif alsacien (1826-1882). Selon son rapport, la population juive n’atteignait que 13.000 âmes juives dont les 9/10 habitaient Jérusalem, Safed, Tibériade et Hébron (les quatre villes saintes). Lorsque Charles Netter arrive à l’emplacement de Mikvé Israël il sait que c’est là qu’il veut créer sa ferme agricole et son école. Trois choses l’incitent à s’y installer :

1) Les 2.500 ares de terres laissées à l’abandon sont de la bonne terre qui ne demande qu’à être travaillée et à donner des récoltes. Ces terres appartiennent en partie au village arabe de Yazour et beaucoup d'autres au gouvernement turc. Ces derniers ne demandent aucuns impôts sur ces terres car c'est leur manière de participer à moderniser et à développer leur pays.

2) L’extrémité du terrain donne sur la route principale qui mène à Jérusalem.

3) En sens inverse, la route mène à Jaffa où se trouve le plus important : le port.

Donc en 1870, Charles Netter achète les terres aux Turcs et fonde son école, la première école agricole d’Eretz Israël. Elle est ouverte mais il n’y a pas d’élèves ! Charles aura du mal à en trouver car les seuls Juifs du pays sont religieux et ne veulent en aucun cas que leurs enfants étudient dans un internat non religieux pour travailler la terre qui n’est à cette époque qu'un travail bon pour les Arabes. Aussi beaucoup d'arabes de Yaffo y viendront travailler.

Plus tard Charles Netter fut en contact avec Edmond de Rothschild pour agrandir son projet car après leurs études agricoles les ouvriers sont  dirigés vers les moshavot du Baron, principalement celle de Maskeret Batya qui à l'époque s'appelle Ekron. Netter est aussi soutenu par Adolphe Crémieux, président du Consistoire central et Joseph Niégo spécialiste en agronomie qui devient plus tard le directeur de cette école.
 
 

 

En 1882 la nouvelle direction de l'école prend forme. Un groupe de Jeunes pionniers, les Bilouïm arrivent de Russie et sont acceptés en tant qu'ouvriers, Charles Netter leur promet de leur donner des terres pour qu'ils s'y installent mais il décède avant et le projet tombe à l'eau.

 

Avec beaucoup de difficultés Netter trouve un élève, un seul dont il est l'enseignant la première année. C’est par hasard qu’il le  rencontre, il le remarque car l’enfant passe son temps à enlever les pépites des pastèques avec beaucoup de patience et de détermination. Lorsque Charles Netter, curieux de l’attitude de l’enfant le questionne, celui-il lui répond que lorsqu’il sera grand, il fera pousser des pastèques et qu’il en fera son métier, de cela l’enfant en est persuadé. Netter propose à la mère de faire l’éducation de Nissim  Elhadef mais celle-ci refuse et après beaucoup de discussions et de patience elle accepte enfin l’idée que son fils aille étudier.

L’année suivante le nombre des élèves s’élève à dix puis petit à petit à 50 et aujourd’hui il y a 1500 élèves dans l’internat de Mikvé Israël dont 300 religieux. Le niveau des études est moyen car beaucoup d’Ethiopiens se sont joint  aux autres mais la direction essaye de trouver des solutions pour améliorer le niveau scolaire. Les élèves étudient une demi-journée en théorie et le reste en pratique.

En 1914 au moment de la première guerre mondiale Eliao Kraozé prend la direction de Mikvé Israël, il y restera 42 ans.

 

Les tombes.

Charles Netter demande à être enterré dans l'enceinte de Mikvé Israël. Il repose au fond du domaine dans le bois d’eucalyptus (aujourd’hui plus que centenaires) et  sa tombe apparaît au bout d'une longue allée bordée de cyprès.

 

Né à Strasbourg le 14 septembre 1826, il disparait en le 2 octobre 1882. Près de sa tombe son élève Yaacov Smouël son fidèle compagnon mort en 1873.

Près d'eux un autre mémorial, en forme de mausolée, celui de deux enfants, Jacques Hirsch né à Mikvé Israël le 17 mars 1884 et décédé le 19 novembre 1887 à l'âge de 3 ans et Jeanne Hirsh née à Genève le 24 octobre 1881 et décédée à Mikvé Israël en novembre 1887 à l'âge de 6 ans, tous les deux morts du typhus. Leur père Samuel Hirsch était le directeur de Mikvé Israël à cette époque.

Les tombes ont été restaurées dernièrement mais la pierre du mémorial de Charles Netter est la pierre d'origine apportée de France à l'occasion de son enterrement.  Bien que très simple l'enterrement de Charles Netter attira beaucoup de monde. Les élèves de l'école se présentèrent en rang de deux pour l'honorer, chacun muni d'une bougie. Les membres Bilouïm qui avait mis leur confiance en lui voyaient leurs rêve s'envoler.
 
 
 

La grotte

C'est dans cette grotte que tout commença car Charles Netter s'y installe avec son unique élève la première année de la création de son école avant la construction des locaux Ils subissent les intempéries des quatre saisons de l’année. Ben Gourion a tout de suite compris l'importance de cette école agricole car lors d'un discours il dit : Ici commence l'aventure du sionisme. Pourtant ni Charles Netter, ni l'Alliance Israélite Française ne se voulaient être une organisation sioniste, leur projet était de sauver des Juifs en leur donnant une éducation moderne avec des racines juives mais avec le recul elle est devenue un bel exemple de sionisme.

 

Le puits noria.

Il ne reste plus rien du puits et de la noria sinon la construction en pierre qui l'abritait. A l'époque beaucoup de nappes souterraines fournissaient l'eau du puits.

Un autre puits existait un peu plus loin, celui appelé à ce jour " le premier puits de l'implantation juive en Eretz Israël"

Deux tours de garde ont été construites près de ce puits qui n'est pas loin de l'entrée principale, donc sur la route de Jaffa à Jérusalem pour surveiller les villages arabes environnants et protéger les ouvriers et les élèves.

 

Le ficus du Bengale.

C’est un très bel arbre qui date de l’époque de Charles Netter. Il a été planté en 1888 et donne de petits fruits ronds de couleurs rouges orangés qui sont très amers au gout mais pas mortels. On en trouve très peu au pays peut-être dans deux ou trois endroits maximum.

Cet arbre a formé plusieurs lianes qui au fil des ans s’épaississent en tombant vers le sol. Petit à petit ces lianes se rassemblent, arrivent à la hauteur du sol et s’enfoncent dans la terre en formant de un tronc nouveau. Il en a été ainsi pendant plus de cent ans et maintenant on peut avoir la surprise de voir une dizaine de ficus aussi gros les uns que les autres qui se sont formés avec le temps.

 

La photo d'Herzl à Mikvé Israël.

Charles Netter aurait voulu rencontrer Herzl car à l'époque il représente l’image de marque pour les Juifs, il tient plus à une rencontre historique qu’à une rencontre prometteuse. Mais Herzl n’a pas  programmé Mikvé Israël dans son circuit et  il n’a aucune raison de s’y arrêter. En effet l’Alliance Israélite Française n’est pas une entreprise sioniste, Herzl  lui-même est  Allemand et ne tient pas à  rompre les liens d'amitiés qu’il a avec les Turcs pour faire plaisir aux Français.

Herzl, Hillel Yafé et ses compagnons se rendent à pieds à Yaffo où un transporteur de l’agence Kook loue des voitures. Ici l’attend une déception ; aucune voiture ne se trouve à sa disposition car elles sont toutes réquisitionner pour le César, sauf une diligence où doit voyager Léa Mikrani Niégo avec son chauffeur Daabani. Hillel Yaffé obtient de cette dame la permission de voyager avec elle jusqu’à Mikvé-Israël qui est à une demi-heure de route de Yaffo. Arrivé à Mikvé Israël une grande surprise attend Herzl. Il est accueilli par tous les élèves de l’école avec grand branle-bas de combat, orchestre, ovation, hymne nationale allemande et il se voit dans l’obligation de s’arrêter. Il se voit aussi obligé de visiter aussi  les implantations comme Rishon Le Tsion, Zihon-Yaacov ou Réhovot ce qui n’était pas du tout dans ses projets. De mercredi à jeudi Herzl passe d'une implantation à l'autre et manque le but se son voyage : Son rendez-vous avec Guillaume II à Jérusalem.

L’idée  vint alors à Herzl d’attendre l’empereur qui est obligé de repasser par Mikvé Israël, la seule route à l’époque menant de Yaffo à Jérusalem.

Guillaume II arrive effectivement à 16 heures, sur son cheval blanc, suivie de sa suite.

(Guillaume II est né handicapé. Au moment de sa naissance, son épaule est restée coincée et ne sait jamais développée, elle est restée attenante au côté droit de son corps.)

Herzl se précipite vers lui et lui tend la main, mais, l’empereur qui est handicapé de la main droite doit se pencher énormément vers le roi des Juifs pour lui serrer la main. De là vient le mémorable souvenir du grand empereur d’Allemagne Guillaume II qui s’est incliné devant le roi des Juifs, surnom d’Herzl. Il est vrai qu'à cette époque Herzl était un héros, un symbole et si son histoire n’a duré que six ans on l’a toujours considéré comme le messie bien qu’il fut complètement athée.

Pour commémorer un événement il y a toujours des photographes. Deux photos ont été prises par Wolshon  lors de la rencontre officielle entre ces grands personnages. Seulement la coïncidence a voulu que la première ait été complètement noire et sur la deuxième on ne voyait pas Herzl parce que l’empereur était trop incliné. L’importance de l’événement étant de taille les photographes ont été forcés de faire un montage ce qui fait que le cheval blanc de l’empereur se retrouve noir, que la porte de Mikvé Israël se trouve à la droite de la photo au lieu de se trouver sur la gauche, le pont qui se trouve derrière change aussi de place, mais l’important est qu’aujourd’hui, dans nos archives, nous ayons une photo historique !

 

Les palmiers.

En 1924, une immense allée de palmiers a été plantée du portail bleu, entré principale de l’école agricole de Mikvé Israël qui donne sur la route de Jérusalem jusqu’à la synagogue. Il y a trois sortes différentes de palmiers : Wachington-Sibi-Kanaï. Avant cette date l'allée était bordée de plusieurs sortes d'arbres dont des mûriers.

 

La synagogue.

Cette synagogue a été programmée en par Charles Netter et inaugurée le 1894-95 après sa mort. Sur le fronton de la porte d’entrée on distingue plusieurs symboles : Au milieu les Tables de la Loi, trois inscriptions en français, Alliance Israélite Française en hébreu : Mikvé Israël et en arabe (pour être diplomate avec ces derniers) Deux mains croisés le symbole de l’Alliance Israélite Française, une pelle symbole du travail et une vigne car elle a été la principale source de revenue de  la ferme à ses débuts. Dernier symbole une étoile de David.
 
 

 

L’intérieur de la synagogue.

Au dessus de la table de lecture le plafond a été peint à la main mais on ignore le nom de l’artiste. A l’origine Charles Netter avait apporté son Sépher Thora de France.

Dans l’espace de la synagogue se trouvait une bibliothèque mais pas de partie réservée aux femmes car il n’y avait pas de femmes dans l’enceinte du domaine. Les hommes refusaient que les femmes viennent travailler au sein du centre agricole car ils avaient peur que ces dernières les détournent de leurs travaux journaliers.

En 1914 Eliao Kraozé qui gérait l’école agricole de Sédjéra-Ilanya vient diriger la ferme de Mikvé Israël. C’est grâce à lui que des femmes commencent à y travailler car plusieurs personnes du sexe féminin travaillent déjà dans la ferme du nord du pays et elles sont très consciencieuses.

A la même époque un groupe de jeune gens israéliens, nés dans le pays, de véritables sabrés viennent étudier dans la ferme école et se joignent au groupe de Juifs de la diaspora. Ils ont la désagréable surprise de voir que toutes les études au sein de l’école, les prières à la synagogue et même le Sepher Thora sont en français : Tout est en français, on parle français, on lit en français, on écrit en français, on  étudit en français, on prie en français. Ce groupe de Sabres avec à sa tête Moussa Goldberg propose à Eliao Kraozé de prier en hébreu mais celui-ci refuse catégoriquement pour montrer son autorité. Pourtant Moussa  s’entête et le jour où il est de service à la synagogue, après la fin des prières, en rangeant les livres dans la synagogue, il incère le livre des Commandements en hébreu - Sépher Adibrot - Le jour suivant il prend l’audacieuse initiative de sortir le livre en hébreu et de prier à haute voix en hébreu. Eliao ne se trouvant pas sur place et la prière finie les élèves sortent de la synagogue et donnent une raclée à Moussa car ils ont peur des remontrances de leur directeur autoritaire et ne veulent  en aucun cas que ce dernier pensent qu’ils sont tous de connivence. Dès que Kraozé apprend ce qu’il s’est passé il renvoie l’élève sur le champ. Pourtant deux ans plus tard l’hébreu est introduit dans l’école.

La synagogue toujours est en fonction jusqu’à ce jour

 

David Libowitch et La Haganah

Immigrant clandestin, David met le pied sur la terre d’Israël en 1827 et débarque directement à Mikvé Israël. Eliao Kraozé lui propose de travailler dans l’atelier mécanique de l’école. Débrouillard de nature il accepte facilement et commence à réparer toutes les machines qui posent un problème, il se met à construire de nouvelles machines mécaniques et  même à mettre en marche un engin spécial que Charles Netter a apporté de France dans ces bagages. C’est une immense machine qui prend tout un pan de mur et qui a l’avantage, dès qu’on la met en route, de faire fonctionner plusieurs appareils mécaniques ensemble, ce qui fait que plusieurs personnes pouvait soit réparer, soit fignoler, soit créer une multitude de choses en même temps.
 
 
 

 

En 1929, des membres de la Haganah arrivent dans la ferme école pour et trouvent dans l’atelier de Liébowitch les meilleures conditions requises pour s’installer et organiser leurs activités clandestines dans la ferme. Le projet plait à David qui n’est pas à cours d’invention et il commence à récupérer tout le matériel qu’il trouve au sein de la ferme école pour fabriquer toute sorte d’armes. C'est en effet très varié car il fabrique aussi bien des grenades que des canons. Il copie des séries de balles de révolver "made in U.S.A" identiques aux originales et même les Américains ne s'en aperçurent jamais. Le premier canon qui prend son nom : Davika (David) n’est à l’origine qu’un gros tuyau de fer trouvé quelque part dans l’enceinte du terrain. Il en fabrique encore quatre autres, plus petits et plus perfectionnés mais ces canons n'ont jamais tués un ennemi. Ils ne font qu’effrayer les Arabes à cause de leur bruit infernal et de la fumée qu’ils provoquent lors de leur allumage. Il y eut seulement deux morts à cause de ce canon et ce fut malheureusement deux Juifs qui en essayant de le faire marcher, trouvèrent la mort.

 

Le mémorial.

Douze élèves de Mikvé Israël trouvent la mort lors d’une bataille contre les Arabes près de Latroun. Ils étaient très jeunes puisqu’ils avaient entre 17 et 19 ans.

Sur un piédestal, un statue en bronze représente un jeune homme, beau et plein de vie, le bonnet à la main, une pelle près de lui symbole de son travail dans la ferme.

Sur le côté droit un panneau sculpté représente trois jeunes gens et une jeune fille assis autour d’un feu de camp, mode de vie de cette jeunesse à cette période.

A l’opposé, un autre panneau montre ces jeunes élèves entrains de se battre et un autre déjà tué, dans ce même panneau toujours la présence d’outils agricoles.

 

Educateur et Surveillant à Mikvé Israël Eilao Shamir est tombé, le 22 janvier 1948, dans une bataille sur la route de Jérusalem près du village de Yazour avec six autres membres de Noterim "Surveillants". (D'où le nom de l'échangeur, de l'école et de l'avenue qui porte le nom des "7" autour de Mikvé Israël).

Sur la partie de Houlon-Beit Dagan la brigade Man (équipe agréable) était dirigée ce jour là par Eliao Shamir (Elik) Le matin du 22 janvier. 7 Surveillants sortirent de Mikvé Israël en camionnette avec à leur tête Eliao Shamir pour vérifier la route avant qu'un convoi n'y passe ; lorsque la camionnette arriva à l'ouest du village de Yazour elle contourna le cadavre d'un chien mis là bien intentionnellement et sauta sur une mine, ils furent tous blessés, une partie mourut sur place et les autres furent pris par les Arabes qui les torturèrent.

 

La cave à vin.

Le travail le plus intensif est celui de la vigne et de la fabrication du vin. Les quatre caves en grès ont été creusées par l'ingénieur Théodore Zendel, ingénieur de la secte des Templiers.

L’histoire d'Abraham Yoffé incite les membres de la Haganah à s’installer dans une de ses caves pour ses activités clandestines et un des officiers insiste pour que le jeune étudiant en fasse partie. En voici la raison :

En 1928 les parents d’Abraham vivant à Yavnéel décident d’envoyer leur fils étudier à Mikvé Israël car c’est un enfant très indiscipliné et ils n’arrivent pas à en venir à bout, ils pensent que l’encadrement de l’internat l’aidera à l'assagir. Abraham est  admis dans l’équipe des vignerons ; les adultes travaillent à l’extérieur, dans les vignes et les jeunes étudiants dans les caves. Peu de temps après son arrivée Abraham commence à se révolter car le travail à l’intérieur des caves humides et sombres ne lui convient guère. Il encourage les élèves de son âge à pénétrer une nuit dans les caves en cachette par un conduit où s’écoule le vin. A l’aide d’une ficelle, ils y descendent pour s’y amuser. Parmi les quantités de tonneaux remplis de vin  ils en choisissent quelques uns et se servent à boire, d’abord petit à petit, puis de plus en plus jusqu’à se saouler complètement. Ils passent leur temps à chanter, à crier, à s’exciter en cassant l’ouverture des tonneaux pour que le liquide coule plus vite et ceci jusqu’à la rentrée du Sabbat. A ce moment là les élèvent décident de remonter des caves pour rentrer chez eux. Tous sortent comme ils sont rentrés sauf Abraham qui s'est endormi profondément.  Il  y reste  tout le long du Shabbat  et à son réveil, il finit par vomir sur place, salir toute la cave et appeler au secours de toutes ses forces sans aucun succès.

Le dimanche matin lorsque les ouvriers descendent dans la cave pour y travailler il trouve le jeune homme dans un état lamentable et le directeur le renvoie de l’école sur le champ.

A cette même période Moussa Brenner, le commandant de la brigade de la Haganah qui est déjà à Mikvé Israël entend l’histoire d’Abraham et de ses copains et en y réfléchissant, pense que si cette bande de gamins enfermés dans les caves a réussi à  faire tant de tapages, à crier sans arrêt et chanter à tue tête pendant deux jours sans ameuter qui que ce soit dans la ferme, l’endroit est idéal pour les entraînements des membres de la Haganah.

Il demande à Eliao Kraozé de se servir de ces locaux mais en plus qu’Abraham réincorporé l’école car son initiative, son audace et son cran prouvent que cet élève,  même s’il est très indiscipliné est capable d’être un bon élément. Le directeur de la ferme refuse, un vote est mis en place par la commission de la ferme et la majorité des participants acceptent le retour de l’élève dans le domaine.

L’avenir et le commandant donneront raison à Abraham Yaffé (1913-1983) car il finit sa carrière en tant que général de l’armée israélienne, député  et fondit l’association des domaines de la nature en Israël.

En 1970, les caves à vin de Mikvé Israël ferment leurs portes définitivement.
 
 

 

Gan botanique.

Il a été crée par le professeur Otto Warburg en 1930 comme modèle des différentes plantes du pays, pour avoir un beau panorama et enfin pour l'acclimatation. Sur une surface de 50 ares il a planté près de 1200 sortes de plantes selon leurs familles et leurs sections botaniques.

Ce jardin botanique comprend trois parties distingues : 1) la partie israélienne avec des chênes et des térébinthes 2) la partie française avec un jardin du style Le nôtre 3) une partie australienne.

Il y a plus de 1200 arbres dans ce domaine.