Comme chaque année, le 24 avril est célébré comme une date significative pour la mémoire du Génocide Arméniendu 24 avril 1915 exécuté par les turcs.
Le massacre des Arméniens par les Turcs, pendant la Première Guerre mondiale, est le premier génocide du XXe siècle. Il débute le 24 avril 1915 à Istanbul, capitale de l’empire ottoman, avec l’assassinat de 600 notables arméniens sur ordre du gouvernement. A la fin de l’été 1915, les deux tiers des Arméniens de Turquie, soit environ 1,2 millions de personnes, auront péri dans des conditions généralement épouvantables.
L'empire ottoman comptait environ 2 millions d'Arméniens à la fin du XIXe siècle sur une population totale de 36 millions d'habitants.
Après l’extermination deux tiers des Arméniens de Turquie, les Jeunes-Turcs se sont lancés dans l’élimination de la totalité des Arméniens de l'Asie mineure, qu'ils considèrent comme le foyer national exclusif du peuple turc. Les territoires habités par les Arméniens et les Kurdes constituaient, à leurs yeux, des obstacles à la continuité territoriale de leur imaginaire patrie turque. Il fallait les expurger de leurs habitants non turcs. La guerre mondiale leur offrit l’occasion de mettre à exécution leur dessein génocidaire.
Ils procèdent avec méthode et brutalité. La «Loi provisoire de déportation» du 27 mai 1915 fixe le cadre réglementaire de la déportation des survivants ainsi que de la spoliation des victimes.
Dans les villages qui ont été quelques semaines plus tôt privés de leurs notables et de leurs jeunes gens, les militaires et les gendarmes turcs déportèrent les femmes et les enfants arméniens. Ces malheureux furent réunis en longs convois et déportés vers le sud, vers Alep, une ville de la Syrie ottomane.
Les marches se déroulèrent sous le soleil de l'été 1915, dans des conditions épouvantables, sans vivres et sans eau, sous la menace constante des montagnards kurdes, trop heureux de pouvoir librement exterminer leurs voisins et rivaux.
Survivent toutefois quelques jeunes femmes ou d'adolescentes arméniennes (parmi les plus jolies) ; celles-là furent enlevées par les Turcs ou les Kurdes pour être vendues comme esclaves ou converties de force à l'islam et mariées à des familiers musulmans (en ce début du XXIe siècle, beaucoup de Turcs sont ainsi troublés de découvrir qu'ils descendent ainsi d'une jeune chrétienne d'Arménie arrachée à sa famille et à sa culture).
En septembre 1945, après les habitants des provinces orientales, vient le tour d'autres Arméniens du reste de l'empire. Ceux-là sont convoyés vers Alep dans des wagons à bestiaux puis transférés dans des camps de concentration en zone désertique où ils ne tardent pas à succomber à leur tour. Au total disparaissent pendant et après l'été 1915 les deux tiers de la population arménienne sous souveraineté ottomane.
Le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 entre les Alliés et l'empire ottoman prévoyait la mise en jugement des responsables du génocide. Mais le sursaut nationaliste de Moustafa Kémal bouscule ces bonnes résolutions et entraîne une amnistie générale, le 31 mars 1923.
Les nazis tireront les leçons du premier Génocide impuni de l'Histoire et de cette occasion perdue de juger les coupables... «Qui se souvient encore de l'extermination des Arméniens ?» aurait lancé Hitler en 1939, à la veille de massacrer les handicapés de son pays (l'extermination des Juifs viendra deux ans plus tard).
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