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Le 6 octobre 1973, il a 36 ans jour pour jour, le monde est frappé de stupeur : une nouvelle guerre israélo-arabe vient d’éclater au Proche-Orient. En ce jour de Grand Pardon (Yom Kippour) des juifs, les armées égyptiennes et syriennes viennent de lancer par surprise une offensive concertée contre les forces israéliennes stationnées le long du canal de Suez et sur les hauteurs du Golan.
Dotée d’une armée réorganisée et bénéficiant de l’effet de surprise, l’Égypte ne tarde pas à franchir le canal de Suez et à percer dans le Sinaï, territoire israélien depuis 1967.
La Syrie, quant à elle, tente de récupérer le plateau du Golan, mais se voit rapidement freinée par les troupes israéliennes. Celles-ci répliquent rapidement, avançant sans trop de difficultés vers Damas, le Caire et Suez. Ce conflit charnière aux rebondissements multiples, comme en témoigne le déclenchement de la crise pétrolière, modifiera durablement la situation géostratégique dans cette région clé du Globe. Personne n’imagine alors que ce nouvel affrontement sera à l’origine directe du processus de négociations entre l’Egypte et Israël qui aboutira, six ans plus tard, à la signature d'un traité de paix entre ces deux Etats. Ce nouvel épisode du conflit israélo-arabe trouve en fait sa genèse dans victoire remportée six ans plus tôt par l’Etat d’Israël sur ses voisins, lors de la guerre des six jours de juin 1967. A cette occasion, les forces israéliennes s’étaient emparées de la péninsule du Sinaï, de la bande de Gaza, de la Judée-Samarie et des hauteurs du Golan, infligeant une cuisante défaite aux armées arabes. Trop sûres d’elles-mêmes, les autorités israéliennes avaient par-là même suscité un sentiment de revanche exacerbé dans le monde arabe, d’autant que la situation paraissait bloquée.
Les pays arabes agresseurs, de leur côté, refusaient de reconnaître l’existence de l’Etat d’Israël et l’OLP palestinienne multipliait les actions terroristes à travers le monde.
Toutes les missions de bons offices et les ébauches de règlement diplomatique avaient en effet échoué les unes après les autres. L'armée égyptienne ne compte pas moins de 1500 chars, 222 bombardiers et près de 300.000 hommes.
Les alliés syriens de l'Égypte (100.000 hommes) lancent au même moment 3 divisions blindées et 1000 chars sur le plateau du Golan.
En quatre jours, ils s'emparent du mont Hermon et de la ville de Qunaytra avant de tout reperdre.
L’armée israélienne parait quant à elle paradoxalement plus puissante et mieux équipée que par le passé. Sa stratégie privilégie fut désormais la force défensive, comme en témoigne l’édification de la coûteuse Ligne Bar Lev le long du canal de Suez.
Le rapport des forces s'est avéré déséquilibré que ce que les autorités arabes ont longtemps laissé entendre. L’impact réel de l’aide matérielle fournie par les Soviétiques à leurs alliés arabes ne fut pas aussi décisif que ce que les arabes et les Soviétiques ont longtemps prétendu.
Cette guerre constitue le premier conflit mécanisé de haute intensité depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Elle a démontré l'importance du renseignement pour contrer l'effet de surprise. Elle a permis de valider, de nuancer ou de rejeter certains concepts opérationnels. Elle a servi de banc d'essai à de nombreuses armes récentes, qui n'avaient pas eu l'occasion de subir l'épreuve réelle du feu. Elle a démontré une nouvelle fois que la qualité l’emportait sur la quantité et que le facteur humain jouait toujours un rôle essentiel dans la conduite de la bataille.
Cette guerre est portée très vite sur le sol égyptien. La victoire israélienne était sans conteste. Les israéliens ripostent aux Syriens avec leurs chars, anéantissent l'aviation ennemie et s'engagent sur la route de Damas, la capitale syrienne. Les troupes blindées de Tsahal repassent le canal de Suez dans l'autre sens et établissent une tête de pont qui menace la vallée du Nil et Le Caire. Plus sérieusement, ils encerclent la troisième armée égyptienne qui s'était trop vite aventurée de l'autre côté du canal, dans la péninsule du Sinaï. 2.000 chars égyptiens sont détruits.
Le 23 octobre, l'Égypte accepte le cessez-le-feu après que l'ONU, à New York, eût appelé les belligérants à négocier (résolution 338 du Conseil de sécurité). La Syrie l'accepte à son tour le lendemain... Seul l'Irak refuse toute négociation. A vrai dire, il n'a pas grande chose à craindre des Israéliens vu l'éloignement du front. La défaite des armées égyptienne et syrienne sur le terrain était une humiliation de plus pour ses deux pays après le fiasco de 1967.
La haute technologie a eu un impact considérable sur le déroulement des combats. La guerre du Kippour a vu se généraliser l'emploi des missiles. La banalisation des missiles a changé la perception du combat aéroblindé (synergie entre le combat aérien et blindé pour optimiser les résultats finaux). Sans la maîtrise des technologies permettant de développer le renseignement de types électronique et électromagnétique que sont la détection, le brouillage des missiles, l'identification des engins ennemis par infrarouge et les radiotélécommunications, il n'eut pas été possible de gagner cette guerre pour les Israéliens.
C’est dans cette guerre aussi qu’Israël utilisa pour la première fois les drones. L'apparition des drones a surpris les forces Egypto-syriennnes. Les drones de type Teledyne Ryan-124 Firebee (BQM-34-A), véhicules aériens sans pilote, jouèrent un rôle efficace dans la guerre du Kippour. Ils servirent principalement aux opérations de reconnaissance et de surveillance, ainsi qu'aux opérations à haut risque. Technologie nouvelle au début des années 1970, les Israéliens étaient les seuls à avoir utilisé ces engins
Cette est aussi caractérisé, du coté israélien de l'omniprésence des avions de reconnaissance. Contrairement aux aviateurs arabes, les Israéliens menèrent de nombreuses missions de reconnaissance aérienne dans les quartiers généraux et sensibles égyptiens et syrienne.
L'aviation israélienne utilisa des 6 RF-4 Phantom. Ces bijoux technologiques, pour l'époque, réalisaient chacun deux missions de reconnaissance chaque jour. Aucun d'entre eux ne semblait avoir été perdu. Ce qui prouva leur efficacité de discrétion.
La notion de C3I s’est imposée comme une donnée fondamentale du combat moderne. L’efficacité des missiles, bien que réelle, a cependant été exagérée. Le char et l'avion ont démontré qu’ils restaient les vecteurs essentiels du combat mécanisé, à condition de s’intégrer dans un environnement interarmes leur assurant soutien et protection.
Si l'aviation a joué un rôle important pendant le conflit, celui-ci n'a pas été aussi décisif qu'en juin 1967. A l'inverse de la guerre des six jours, ce sont en effet les chars qui ont cette fois-ci ouvert la voie aux avions. La puissance et l’efficacité de l’arme aérienne ont donc été surestimées, comme peu de temps auparavant lors de la guerre du Vietnam, puis dix-huit ans plus tard lors de la guerre du Golfe. Une fois de plus, les évènements ont démontré que la guerre se perdait ou se gagnait au sol. De manière plus globale, la nécessité d’une approche interarmée, voire interalliée, s’est imposée comme l’un des enjeux majeurs pour la conduite efficace d’un conflit d’envergure.
D'un point de vue militaire, la guerre du Kippour apparaît comme un «conflit charnière» entre un mode de combat archaïque qui est utilisé par les pays arabes et celui né de l'application systématique des nouvelles technologies à l'outil militaire, prôné par Israël.
Enfin n’oublions jamais ....... même si ce fut une victoire, ce fut une terrible tragédie pour Israël, les israéliens ont déploré 3.000 victimes, un chiffre important au regard de leur population, sans compter les 8000 blessés ... Quant aux pertes humaines du côté arabe, ils ne sont pas chiffrées.
Il est aussi à noter tristement que les forces agresseurs Egypto-syriens ont choisi le jour le plus saint pour les juifs ; le Yom Hakipourim (le Grand Pardon, pendant laquelle se recueillent beaucoup d'Israéliens) pour déclencher cette guerre ; c’est comme si un pays musulman est agressé en plein Aid el Kébir ou durant la fête du Nowrouz en Iran!!!
Ftouh Souhail , Tunis
N.B. Yom Kippour est le jour de la repentance, considéré comme étant le jour le plus saint et le plus solennel de l'année juive. Son thème central est le pardon et la réconciliation. Néanmoins , en 1973, les États arabes du Moyen-Orient attaquèrent Israël pendant cette fête religieuse, pensant profiter de la cessation des activités et du recueillement des Israéliens pour tenter de remporter une victoire décisive. |