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Le ministre égyptien des Renseignements, le général Omar Suleiman se rendra ce dimanche à Jérusalem, à l’invitation du Premier ministre Benyamin Netanyahu. Selon des sources égyptiennes, il ne viendrait pas pour discuter des négociations pour la libération de Guilad Shalit mais du futur mur de fer que l’Egypte prévoit de construire le long de sa frontière avec la bande de Gaza pour stopper les différents trafics de contrebande.
Au cours de cette visite, il rencontrera le Premier ministre Netanyahu, le ministre de la Défense, Ehud Barak, le directeur du Mossad, Meir Dagan, et, semble-t-il, le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Libermann. Au Caire on affirme que le général Suleiman s’entretiendra de « dossiers bilatéraux » et n’est pas « porteur de nouvelles » concernant l’accord sur Guilad Shalit.
Omar Solimane n'en est évidemment pas à sa première en Israël. Le chef des services de Renseignements s'y rend régulièrement. Mais cette visite portera sur le sujet du mur souterrain que construisent les Egyptiens le long de « l’axe Philadelphie », pour empêcher la contrebande vers la bande de Gaza. Le général Suleiman donnera une idée sur les évolutions de la construction de la barrière souterraine, constituée de plaques d’acier, le long de la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza.
Israël qui s’est détacher définitivement de ce territoire pour ne plus être responsable des malheurs des Palestiniens et leur guerre fratricide qu’ils endurent depuis 1948, continue à subir les attaques à la roquette de ce territoire .Le réseau de tunnels reliant le Califat de Gaza avec l'Égypte reste la bouée de sauvetage du Hamas, ce qui lui permet de renforcer son arsenal d'armes et ses tirs de roquettes aveugles sur Israël. Certaines sources estiment que plus de 800 tunnels traversent la frontière, dont certains d'entre eux peuvent atteindre plus de 6 mètres de profondeur. La contrebande souterraine entre l'Egypte et la bande de Gaza, sous le couloir de Philadelphie, est même revenue au niveau de circulation qui précédait l'opération Plomb durci.
L'Égypte menacé par les "frères musulmans", autre nom du Hamas, qui ne sont rien d'autres que des terroristes égyptiens, a donc intérêt à lutter contre le trafic d’armes et prendre des mesures de rétorsion à l’égard du Hamas.
En octobre dernier , sur ordre du ministre égyptien des Renseignements, Omar Suleiman, des forces de Police on procédé à des dizaines d’arrestations de responsables du Hamas au Caire, y compris de leurs proches, femmes et enfants. Il s’agit de familles qui avaient réussi à fuir vers l’Egypte lors de l’Opération « Plomb Durci » de Tsahal, et qui bénéficient d’une autorisation de séjour accordée par les autorités égyptiennes. Suleiman a obtenu le « feu vert » du Président Moubarak pour renforcer la lutte contre le mouvement terroriste palestinien.
L’amélioration graduelle des activités de l'Egypte pour lutter contre le trafic d'armes vers la bande de Gaza entre aussi dans le cadre de cette lutte. Les responsables Egyptiens savent bien que les tunnels doivent être démolis systématiquement, car ce sont de véritables trous à rats où se prépare l’instauration d'un Etat islamique "authentique" qui menace le pouvoir central au Caire. L’Egypte n'aura d'autres possibilités que de renfoncer sa coopération avec son voisin israélien après avoir constater les quantités d’armes et de munitions qu’ils ont fait entrer au par les 800 tunnels creusés sous la frontière égyptienne.
Après l'aide apportée par les services de renseignements israéliens à leurs homologues égyptiens pour la traque des sympathisants du Hezbollah libanais, les services égyptiens sont aujourd’hui mobilisés pour mener une offensive sans précèdent contre le Hamas palestinien en Égypte. La visite de dimanche 20 décembre du patron des Renseignements égyptiens vient dans le cadre de l’assistance mutuelle entre le jihaz al-Mukhabarat al-Amma et le Mossad israélien.
La coopération sécuritaire entre les deux pays devient une évidence. Elle peut être interprétée comme un message destiné à l'Iran ainsi qu'une démonstration des liens renforcés entre l'Egypte et Israël. Face à la tentation aventuriste de l’Iran, la seule stratégie qui semble tenir est plutôt celle du resserrement des liens entre Israël et l'Egypte. Aujourd’hui la relation entre l'Égypte et Israël est plus harmonieuse qu'entre pays « frères » arabes.
L'autorisation récente accordée par le Caire à la marine israélienne pour emprunter le Canal de Suez, est un pas de géant dans la coopération sécuritaire entre les 2 pays. Autorisant cette dernière à transiter sa flottille composée d'un sous-marin, d'une corvette et d'un patrouilleur, par les eaux égyptiennes pour se positionner en mer rouge et dans la Mer d’Oman, l’Egypte a démontré que la menace iranienne concerne les deux pays.
Mais aussi les attaquent menées en Afrique par les israéliens contre des convois d'armes destinés aux Hamas, auraient-ils pu avoir lieu sans l'aval du Caire. Il est presque impossible que les égyptiens n'aient pas détecté le dernier raid de l'aviation israélienne (en janvier 2009) qui a parcouru forcément leur littoral pour atteindre le Soudan depuis ville d'Eilat sur la mer rouge en Israël. Connaissant également l'omniprésence des services des Moukhabarat égyptiens chez leur voisin soudanais au sud, les responsables sécuritaires égyptiens ont facilité la tâche aux israéliens. La coordination entre les services secrets des deux pays et l'utilisation de l'espace maritime égyptien par les forces israéliennes témoigne bien que les menaces qui pèsent sur la région concernent leur deux pays.
L’Égypte est aujourd’hui prête à aller au bout dans sa guerre non déclarée à l'Iran. Il faut espérer que le pouvoir égyptien ne cherche pas seulement une alliance ponctuelle avec Tel-Aviv.
Ftouh Souhail, Tunis |