Survivants et responsables politiques ont commémoré dimanche 11 avril 2010, au cours d'une cérémonie, le 65e anniversaire de la libération du camp de concentration nazi de Buchenwald (centre de l'Allemagne) où plus de 56.000 personnes ont péri entre 1937 et 1945.

 


Le 11 avril 1945, la 6e division blindée de la troisième armée américaine est arrivée à Buchenwald. Elle y a trouvé 21.000 détenus dans un état de terrible maigreur et 900 mineurs, dont le plus jeune avait 4 ans.

 


 
Près de 250.000 personnes ont séjourné à Buchenwald et dans ses 136 camps satellites pendant cette période, contraints de participer à l'effort de guerre nazi dans des usines.Juifs, Roms, homosexuels, Témoins de Jéhovah, opposants déclarés ou supposés d'Hitler venant de France, d'Ukraine, de Pologne, ou des Pays-Bas, s'y mêlaient. Parmi les détenus français connus figurent les présidents du conseil Edouard Daladier, Paul Reynaud et Léon Blum.

 

 


On estime que 56.000 personnes environ, en provenance de toute l'Europe, y sont mortes entre 1937 et 1945, dans des conditions atroces, allant de l'épuisement par le travail à la famine, en passant par les expériences médicales, ou les exécutions sommaires, comme ces 8.000 soldats russes tués d'une balle dans la nuque. Vers la fin de la deuxième guerre mondiale, les "marches de la mort" des détenus envoyés vers l'est, en direction des chambres à gaz, ont aussi causé de nombreuses pertes.

 


Buchenwald fut un camp de concentration nazi créé en juillet 1937. Parmi les 2378 hommes qui entrent à Buchenwald entre le 14 et le 19 juin 1938, 1256 sont juifs. L’Action-juin est la première arrestation massive de juifs en Allemagne et en Autriche, en liaison directe avec la politique d’émigration forcée des juifs de 1938.

 


Le nombre des prisonniers de Buchenwald est multiplié par dix d’avril 1942 (environ 8400 prisonniers) à la fin septembre 1944. A partir de 1943 le camp est habité par deux grandes catégories de prisonniers: les travailleurs contraints d’Union Soviétique et de Pologne, et les prisonniers politiques de l’Europe occupée. Plus de la moitié des prisonniers de Buchenwald ont en décembre 1944 moins de vingt ans.

 


Dans le camp, il y a des enfants dont la présence est officielle, des enfants déportés avec leurs parents venus des ghettos et des camps de travail. Ils sont envoyés dans les camps de prisonniers pour "évacuer les éléments politiquement indésirables".Puis ils  sont amenés dans des camps de concentration pour être exécutés.

 


Le 19 janvier 1942, prend effet un ordre de l'inspecteur des camps de concentration, selon lequel les prisonniers juifs inaptes au travail se trouvant dans des camps de concentration doivent tous être envoyés à d’autres camps.

 

 

En effet, Les SS ne se privent pas d’éliminer les malades et les faibles en les envoyant dans d’autres camps ou en les assassinant par injection de phénol, d’évipan ou d’air. La destination est d’abord le camp de Majdanek. Des transports semblables partent entre 1943 et avril 1944 des camps de Dachau, Flossenbürg, Mauthausen, Neuengamme, Auschwitz, Ravensbrück et Sachsenhausen.

 


En raison des épidémies de typhus qui se répandent dans les camps , les SS proposent de tester différents vaccins sur des déportés juifs. . Les expériences sont menées conjointement par la SS, la Wehrmacht, la société IG Farben et l'Institut Robert Koch au "Block" 46. Des vaccins contre la plupart des maladies contagieuses seront expérimentés.

 

 


Lors d'une expérience sur le typhus, menée par la firme Hoechst, 21 déports  juifs meurent. Par les expériences médicales. Certains  déportés juifs  "transmetteurs" sont utilisés pour maintenir les virus vivants à disposition.Leur sang est utilisé pour la contamination artificielle d'autres prisonniers. Quelques 35 séries d'expériences sont menées d'août 1942 à octobre 1943. La majorité concerne le typhus mais aussi les brûlures au gaz et la fièvre jaune (1).

 

 


Début avril 1945, les nazis tentent d'évacuer le camp alors que les troupes américaines approchent. Ils jettent des milliers de déportés sur les routes. Ce sont les "marches de la mort". Cependant, l'organisation clandestine du camp parvient à limiter le nombre des départs et à prendre le contrôle du camp sur les SS le 11 avril 1945, quelques heures avant l'arrivée des blindés américains.

 


Les habitants de la ville voisine de Weimar, distante d'environ 5 km, sont réquisitionnés pour l'évacuation des corps de déportés, la plupart d'entre eux disant qu'ils ignoraient ce qui se passait alors à Buchenwald. Le commandement américain a souhaité que des notables de Weimar se rendent au camp, le 16 avril 1945 afin que chacun puisse constater l'horrible réalité du régime porté au pouvoir en 1933.

 

 


Le 65e anniversaire de la libération du camp de Buchenwald est une occasion pour se rappeler le  courage  et la détermination de vivre pour le peule juif dont la moitié a été « éliminée », réduite en esclavage puis  en cendres.

 


"La plupart des mes camarades sont morts, ils ne sont plus avec nous", a déclaré Günther Pappenheim, 84 ans, l'un des quelque 90 survivants qui ont assisté à la cérémonie de ce dimanche.
"Mais nous avons un grand voeu, une grande requête, que le souvenir des victimes de la terreur fasciste, que les camarades qui ont perdu leur vie à Buchenwald, vivent dans nos coeur... et qu'ils ne soient jamais oubliées".

 


Ftouh Souhail

 

 

 

(1) René G. Marnot : Dix-huit mois au bagne de Buchenwald, Editions de la Nouvelle République, 1945