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Les sirènes ont retenti, ce lundi 12 avril 2010, à travers tout Israël en hommage aux victimes de la Shoah. Des gerbes de fleurs ont été déposées la veille à Yad Vashem, à Jérusalem, à l'occasion de la cérémonie nationale officielle, en présence de Shimon Pères, Binyamin Netanyahu et du chef d'état-major, Gabi Ashkenazi.
Le Président de l’Etat Shimon Pérès et le Premier ministre Binyamin Netanyahu ont prononcés successivement deux discours à la cérémonie d’ouverture de Yom Hashoah à « Yad Vashem » ce dimanche 11 avril.
« S’il y a une leçon que nous avons tiré de la Shoah, c’est qu’il est interdit de se taire et de reculer face au mal », a déclaré hier le Premier ministre Netanyahu lors de la cérémonie officielle de la Journée de commémoration de Shoah et de l’héroïsme qui s’est tenue à Yad Vashem.
« L’échec historique des sociétés libres face à la bête nazie était qu’elles ne se sont pas dressées contre elle à temps, quand on pouvait encore l’arrêter », a déclaré le Premier ministre.
« Nous sommes aujourd’hui témoins de ce feu de haine à la fois nouveau et ancien, la haine des Juifs, qui est exploitée aujourd’hui par les organisations et les régimes de l’islam radical et, en premier lieu, par l’Iran et ses acolytes » a-t-il ajouté .
Binyamin Netanyahu a tenté de prévenir la communauté internationale « de l’indifférence et du laxisme face aux déclarations d’intention répétées de la bouche du Président Iranien Ahmadinejad, de rayer Israël de la carte du monde » « Mais hélas », poursuivait le Premier ministre, « comme avant la Shoah, nous n’entendons pas la protestation que nous attendons, ni les réactions qui s’imposeraient. Le monde vit son train-train quotidien ».
Netanyahu n’est pas passé par quatre chemins pour s’adresser au « monde éclairé » : « L’échec historique des sociétés du monde libre face au nazisme est dû au fait qu’elles ne se sont pas dressées contre lui au moment où il était encore possible de le juguler, et voilà qu’aujourd’hui, nous assistons au retour de cette ancienne-nouvelle haine des Juifs, qui aujourd’hui est le fait de régimes et d’organisations islamiques avec l’Iran à leur tête. (…) Et alors que le Président iranien, comme Hitler à l’époque, annonce tout haut ce qu’il souhaite faire, le monde ne réagit que très mollement ».
« Aujourd’hui, soixante-cinq ans après la Shoah, nous devons le dire franchement : Ce qui est révoltant c’est l’absence de révolte. Le monde accepte peu à peu les appels à l’extermination d’Israël lancés par l’Iran et nous ne voyons toujours pas la détermination internationale nécessaire qui pourrait stopper sa course à l’armement », a déclaré le Premier ministre.
M. Netanyahu a appelé les nations éclairées à « se dresser et condamner avec une force et une fermeté véritables la volonté exterminatrice de l’Iran et stopper sa course à l’armement nucléaire. Il ne peut y avoir de tolérance sans limite et cette limite doit être établie. C’est là une question que tous les pays éclairés doivent aborder ».
Après avoir lancé un appel solennel et pressant à la Communauté internationale d’agir contre les velléités iraniennes, Binyamin Netanyahu a conclu en rappelant « qu’Israël était une île de tolérance et de liberté dans un océan d’obscurantisme et de fanatisme, et que le monde libre se devait de se poser la question de ce qu’il fait réellement pour éviter que de telles horreurs ne se reproduisent ». « Il ne doit pas y avoir de tolérance ou de patience envers ceux qui piétinent les droits de l’homme ! »
Le Président Shimon Pérès s’est également référé au danger iranien et à appelé le monde « à ne pas rester les bras croisés face à la menace venue de Téhéran ». « Nous avons le droit et le devoir d’exiger de la part des nations du monde de ne pas répéter les erreurs du passé qui ont coûté des millions de vies humaines ». « Il est de notre droit et de notre devoir de réclamer des nations du monde qu’elles ne fassent pas à nouveau preuve de cette indifférence qui a fait des millions de victimes », a-t-il déclaré.
Le discours du président Prés et de Netanyahu sont venus s'ajouter aux propos de plusieurs autres responsables politiques dont une partie des discours étaient axés sur la menace iranienne.
Le président de l'Agence juive, Natan Sharansky, a exprimé sa vision de la Shoah, lundi, lors de sa participation à la Marche des Vivants à Auschwitz. "Il est facile de dire que les leçons d'Auschwitz ont été tirées. Il est facile de prononcer ces mots magiques 'Plus jamais ça'. Mais le plus difficile est de donner du sens à ces mots. C'est notre défi !", a-t-il déclaré.
"Avant de veiller à ce que cela ne se produise plus jamais, tous ceux qui se trouvent aujourd'hui ici ont une obligation", a poursuivi Sharansky. "Israël a un devoir particulier. Israël a émergé afin de garantir la survie physique du peuple juif. Et nous portons cette responsabilité en prenant les menaces de nos ennemis très au sérieux et en faisant tout ce qui est en notre pouvoir pour les empêcher de concrétiser ces menaces."
A Washington, le président des Etats-Unis Barack Obama a tenu aussi à faire une déclaration personnelle à l’occasion du Yom Hashoah marqué en Israël ce lundi. Dans un communiqué publié dimanche soir, Obama a indiqué en guise d’introduction : « Je me joins à tous ceux, tant ici qu’en Israël et dans le monde, qui marquent cette journée du souvenir de la Shoah. Cette année, 65 ans après la libération des camps d’extermination nazis, nous avons le devoir de prendre une fois de plus l’engagement d’honorer le souvenir de toutes les victimes et de promettre qu’elles feront toujours partie de notre mémoire collective ».
Evoquant ensuite ses visites à Buchenwald l’an dernier et à Yad Vashem en 2008, Obama a souligné qu’il avait été profondément ébranlé par les images rappelant l’horreur de l’antisémitisme et l’atrocité des actions des Nazis, déterminés à exterminer le peuple juif ainsi que d’autres nations. Et d’ajouter: « Mais même dans des endroits comme Buchenwald, nous avons ressenti la dignité et le courage de ceux qui ont survécu à l’horreur de la Shoah, nous rappelant les capacités humaines de décence et de compassion ».
Obama a ajouté qu’il ne fallait « jamais tolérer les stéréotypes et les préjugés haineux contre le peuple juif qui malheureusement, existaient toujours à l’heure actuelle. « Nous devons œuvrer à la place, a-t-il souligné, en faveur d’un monde de justice et de paix dans lequel toutes les nations et tous les peuples apprécieront l’humanité que nous partageons et la dignité inhérente à tout être humain ».
Et en cette journée de commémoration où les discours sont toujours pleins de bons sentiments, le président US a encore affirmé: « Nous n’avons pas le droit de nous montrer tolérants envers ce genre de manifestations contre le peuple juif ».
Ftouh Souhail
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