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A sept kilomètres de Djerba, la ville de Zarzis est située sur la côte est de la Tunisie, au sud du pays. Sables dorés, magnifiques palmerais, soleil permanent et hôtels luxueux, c’est ce que connaissent les touristes de cette ville de la rive sud de la Méditerranée. (1).
La caméra du réalisateur tunisien Mohamed Zran ne s’est, justement, pas contentée de filmer les beaux paysages. Intitulé «Zarzis» ou «Vivre Ici», le long métrage documentaire de Zran, nous révèle une autre facette de cette ville, avec ses chômeurs accroupis et rasant les murs.
Ce film a été présenté à la presse locale, en avant-première, le 11 mars 2010, à Zarzis. Depuis le 15 mars, le film a été projeté aux grandes salles du pays ( CinémAfricArt au centre ville de Tunis, à la salle Amilcar à El Manar, à la salle Alhambra à La Marsa et au Centre Culturel de Zarzis).

Crise identitaire, migration, conformisme, présidence à vie dans les pays arabes ou encore dépendance économique, divers sujets d’actualité ont été évoqués par les personnages atypiques du film. « Ce que j’ai voulu faire, c’est d’aller avec ce moyen technique- la caméra légère- sur le terrain, écrire autrement au lieu de me poser sur un fauteuil dans un salon…dans le luxe » déclare Mohamed Zran, également producteur de «Zarzis».
Durant deux ans et demi, le réalisateur a tourné 200 heures. Il a fait Zoom sur le quotidien de la population de Zarzis dans ce nouveau né du cinéma tunisien. Loin des clichés et des cartes postales, ce long métrage documentaire retransmet le quotidien. Le réalisateur est allé à la rencontre de plusieurs personnages aussi différents qu’atypiques. A bord du taxi cabriolet de, la caméra de Zran se balade dans les rues de Zarzis et filme, jours et nuits.
Le film nous embarque à la rencontre de divers personnages de cette ville tunisienne ; et là en débarque au comptoir de la boutique d’un certain …. Simon, un juif tunisien. Le cœur du « problème » c’est le personnage de Simon, le vieil épicier et droguiste juif, l’un des protagonistes principaux de ce long métrage documentaire. L’importance accordée à ce personnage dans le film a suscité une controverse parfois même violente.
C’est la raison pour laquelle certains intellectuels tunisiens ont violemment fustigé le film de Mohamed Zran .Ces antisémites enragés se disent : «Pourquoi un juif ? Pourquoi montrer une image positive du Juif alors qu’eux, Juifs, ne cessent de nuire à notre image, celle de nos peuples arabo-musulmans ?» ont lancé certains journalistes et autres présents dans la conférence de presse qui a suivie l’avant première de «Zarzis» ou «Vivre Ici» à son auteur Mohamed Zran.
Ces intellectuels tunisiens prennent encore un prétexte du conflit israélo-palestinien, s’escriment à diaboliser les Juifs et à les présenter comme des entités diaboliques et perverses. Ils s’inspirent encore de ce que l’on trouve de pire : les Protocoles des Sages de Sion, les caricatures obscènes dans la presse arabe, les émissions enflammées de la télévision du Hezbollah libanais, ou les commentaires va-t-en guerre de prêcheurs hystériques et racistes.
Certains intellectuels tunisiens ont montrés encore une fois combien ils sont intoxiqués par cette propagande moyenâgeuse, digne d’un autre temps et qui puise au plus profond de la détestation de l’Homme. C’est vraiment triste pour toute la Tunisie, parce que rien ne doit excuser que l’on prêche la haine, l’aversion, le mépris, le dédain, l’irrespect. L’Holocauste est arrivé avec des gens comme ces gens là.
A tout cela, nous rappelons que Simon, est après tout un tunisien, comme tous ses compatriotes, est rien ne justifie ce dérapage antisémite de la part de gens qui se considèrent comme intellectuels, journalistes … Les juifs tunisiens font partie de notre histoire et il est normal d’en parler dans nos films. En plus Zarzis compte encore une communauté juive.

Cela n’a pas empêché ce film d’être apprécié et récompensé du Golfe Arabe aux rives de l’Atlantique. «Zarzis» a en effet remporté le Black Pearl Award et le prix du meilleur nouveau réalisateur au Festival du Film du Moyen Orient à Abou Dhabi. Il a été primé, le 03 avril 2010, par le grand prix de la ville de Tétouan (catégorie documentaire) au Festival International du Cinéma Méditerranéen à Tétouan au Maroc. En terres arabes, «Zarzis» (VO) ou «Vivre Ici» (VF) a été salué par les critiques et les pros du cinéma.
Seule en Tunisie, on entend les voix contestatrices qui se sont élevées, raconte le site Internet Tekiano.com. Cette attitude est vraiment honteuse de la part de ces pseudos intellectuels qui dégagent sans cesse les odeurs de l’antisémitisme.
Je rappelle enfin qu’en Tunisie, le pluralisme et la diversité qui distinguent ce pays demeureront intacts tant qu’il y’aura des gens courageux comme le réalisateur Mohamed Zran, qui ont fait du cinéma un réel moyen de progrès et d’avant-garde social (2).
Ftouh Souhail, Tunis
(1) C’est une très belle ville de Tunisie, elle accueille la très belle synagogue Beit HaKnesset Mishkan Yaakov
(2)En tant que réalisateur de films, Mohamed Zran a remporté plusieurs récompenses. Avec «Essaida» (1996), l’enfant de Zarzis a remporté 15 prix internationaux. Quant à son deuxième long métrage de fiction «Le Prince», il a été récompensé deux fois au Maroc et au Fespaco à Ouagadougou. Avec son deuxième film documentaire, Zarzis, un nouveau périple commence. La consécration a été lancée, en octobre 2009 , par un Black Pearl Award et le prix du meilleur nouveau réalisateur au Festival du Film du Moyen Orient à Abou Dhabi. «Je pense que c’est le début d’une autre expérience» déclare le réalisateur. To be continued… |