Questionnée par le président de la Commission de la Justice au Sénat, elle a déclaré : " ce n'est pas un secret, je suis juive et l'Etat d'Israël représente beaucoup pour ma famille et moi-même."
La juriste américaine a entamé lundi ses "hearings», une série d'auditions devant le Sénat en vue de sa confirmation à la Cour suprême.
Elena Kagan (née le 28 avril 1960 à New York) est diplômée en histoire de l'université de Princeton, de philosophie de l'université d'Oxford, et de droit de l'université Harvard. Elle était jusqu’ici avocate générale des États-Unis (1)
Précédemment, elle a été adjointe au conseiller juridique de la Maison Blanche et vice-présidente du conseil de la politique intérieure de 1995 à 1999, sous l'administration Clinton, et doyenne de la faculté de droit d'Harvard entre 2003 et 2009.
Le 10 mai dernier, Elena Kagan est proposée par le président des États-Unis, Barack Obama, pour devenir juge à la Cour suprême des États-Unis en remplacement de John Paul Stevens, qui avait annoncé un mois plus tôt son intention de démissionner. Des auditions par le Sénat des Etats-Unis ont commencés avant le vote de confirmation du choix présidentiel
"Si l'on ne peut pas avoir la présomption de remplacer la sagesse ou l'expérience du juge Stevens, j'ai sélectionné une candidate qui à mon avis personnifie les mêmes excellence, indépendance, intégrité et passion pour la loi et qui pourra en fin de compte apporter le même genre d'influence déterminante à la Cour", a expliqué M. Obama le 10 mai dernier (2)
Elena est considérée comme l'un des esprits juridiques les plus brillants du pays", a ajouté le président. En effet Elena Kagan était une pionnière car elle est la première femme doyenne de la prestigieuse université de droit de Harvard, université de renommée mondiale.
Cette célibataire de 50 ans, aux cheveux courts et à la tête bien faite, est nourrie d'une profonde expérience. Elle a une carrière impressionnante derrière elle. Diplômée de Princeton en 1981, elle est ensuite passée par la Law School de Harvard, avant d'entamer une carrière de professeur à Chicago, où elle a connu Barack Obama à l'époque où il enseignait dans la même faculté. Entre-temps, Kagan a eu le privilège d'être l'assistante du célèbre juge libéral de la Haute Cour Thurgood Marshall. Entre 1995 et 2000, Kagan a été conseillère juridique à la Maison-Blanche, y planchant notamment sur les nouvelles régulations imposées à l'industrie du tabac.
Depuis sa désignation pour succéder au juge John Paul Stevens, 90 ans, qui a annoncé son départ en avril, la presse américaine a écrit une quantité astronomique d'articles sur cette femme .Son enfance à Manhattan, ses études à Princeton, ses états de service en tant que doyenne de la faculté de droit de Harvard, sa carrière de juriste ont été scrutés à la loupe.
D’ailleurs les médias américains décrivent le passage de tout candidat à la Cour suprême des Etats-Unis devant le Sénat américain comme un passage "sur le grill".Tout est décortiqué. Et un candidat sur quatre, en moyenne, est rejeté.
Depuis Toronto où il a assisté au G20, dimanche, Barack Obama à loué les qualités de cette juriste .Si elle était confirmée par le Sénat en séance plénière, vraisemblablement avant la fin juillet, Elena Kagan deviendrait la benjamine de la plus haute juridiction des Etats-Unis et la quatrième femme à y être nommée après Sandra Day O'Connor, Ruth Bader Ginsburg et Sonia Sotomayor. Notons que c’est la première fois de l'histoire des Etats-Unis que trois femmes siègeraient en même temps, aux côtés de six hommes.
La confirmation d'un juge de la Cour suprême est un processus central de la vie politique US, vu l'importance de l'institution, dont les 9 membres, nommés à vie, exercent une influence souvent bien supérieure à celle des présidents américains .À en croire les observateurs, Elena Kagan, arrivée lundi au Congrès a toutes chances d'être confirmée.
Portant à trois le nombre de Juifs (contre 6 catholiques), l'arrivée de Kagan marquerait aussi la fin de la présence des protestants dans une cour façonnée par les Wasp (White Anglo-Saxon Protestant) au cours des siècles.
En fin l’admiration que porte Elena Kagan à l'ancien juge et Présidente de la Cour suprême d'Israël Dorit Beinisch est légitime. Elle revient à montrer le rayonnement international de cette institution qui est au sommet du système judiciaire israélien.
Ftouh Souhail, Tunis