Alors que l'état d'urgence n’apas réussi à faire cesser les violencesqui ont secoué plusieurs régions de la Tunisie, lePremier ministre du gouvernement transitoire BéjiCaïd Essebsi a révélé mardi 6 septembre 2011 que des policiers et des membres de la Garde nationale ( gendarmerie) sont derrièreun mouvement d’insurrection.
La question semble grave et dessurprises sont bien en l’air avec la prise en main de l’enquête par la justicemilitaire et avec les allusions qu’une ou des femmes pourraient être impliquéesdans cette tentative de déstabilisation portant atteinte à la sécurité du pays.
Le Premier ministre a, à cesujet, demandé au ministre de la Justice et à la Justice militaire de lancer une enquête afin de démasquer lesresponsables qui manipulent les corps de la Garde nationale, avant d’ajouter que « toutepersonne, homme ou femme – je sais ce que je dis -, prouvée complice, serapoursuivie ». Il a lancé à ce propos un appel à ces gens, sur un ton ironiqueet sévère, pour qu’ils restent chez-eux, et qu’ils n’interviennent plus.
«Que Dieu protège la Tunisie de ses propresenfants», a-t-il ajouté avec beaucoup d’amertume.
Le Premier ministre a fait cette révélation grave devant une foule de journalistes.
M. Caïd Essebsi, a précisé « qu’il s’agit d’une grave insurrection qui s’est produiteau sein du corps de la Garde Nationale, insurrection comparée à une sorte de coupd’Etat cette même Garde nationale par certains de ses membres » . M. Caïd Essebsia tenu à rendre hommage à «ce corps composé à 97% de personnes compétentes etloyales. « Seuls 3 ou 4 «singes» parmi eux essaient de semer la zizanie »,a-t-il dit en substance.
Au sein de la garde nationalesédentaire, des détachements ont annoncéla veille leur rébellion face à la poursuite des opérations d’incendie despostes de police et de l’absence de décisions politiques adaptées dans ce cadre.
Des membres des forces desécurité intérieures ont appelé du "limogeage" de plusieursresponsables dont le ministre del'Intérieur Habib Essid.
Suite aux tensions au sein desforces de sécurité intérieure et de la Garde nationale, le gouvernement tunisien vient d’interdiretoute activité syndicale aux membres des forces de l'ordre. Il a annoncé ladissolution des syndicats des forces de sécurité.
« Toute personne parlant etdonnant des déclarations au nom de ces syndicats, sera passible de poursuitesjudiciaires » a annoncé M. Caïd Essebsi.
Cette décision intervient aulendemain d’une réunion groupant le président de la république par intérim, lePremier ministre, le ministre de la Défense nationale, le ministre de la Justice, le ministredélégué auprès du ministre de l'Intérieur chargé des réformes Lazhar Karoui ,ainsi que le chef d'état-major interarmées, le général Rachid Ammar, unepremière du genre qui donne une idée sur l’ampleur de la gravité de lasituation.
Le Premier ministre a annoncéaussi une application scrupuleuse, fermeet immédiate de l’état d’urgence. Par conséquent, le ministère de l’Intérieuret les gouverneurs sont habilités à donner les ordres aux forces de l’ordrepour empêcher, les grèves, les sit-in et les réunions compromettant l’ordrepublic, alors que toute personne incitant à la violence ou menaçant la sécuritésera soumise à la résidence surveillée.
Cette décision d’appliquer scrupuleusement lesdispositions stipulées par l’état d’urgence, il y a lieu de se demander ici sil’Etat tunisien dispose des outilsnécessaires et adéquats pour les faire appliquer d’une manière rigoureuse.
La Tunisie compte 17526 membresde la Garde National, qui ont affectés essentiellement lesdiplômés de l’école de la garde nationale de Bir Bouragba.
Ftouh Souhail