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| Fayza Abdel Wahab – la fille de Haled Abdel Wahab, raconte l’histoire de son père |
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Le nom de mon père était Haled Abdel Wahab. Il était propriétaire d’une ferme à Mahdiya, une petite bourgade située sur la côte tunisienne. Lorsque les Allemands ont envahi la Tunisie, il a compris qu’une certaine famille juive était menacée ; en tout cas, les familles se connaissaient toutes car la bourgade n’était pas si grande.
Une nuit il alla à leur cachette et les emmena tous, ils étaient 24, plusieurs familles et les cacha pendant toute la durée de l’occupation. La cachette se trouvait dans la ferme de mon père.
Lorsque je lui ai demandé s’il y avait eu des Allemands en Tunisie, s’ils y étaient arrivés – parce que je n’en savais rien – il m’a répondu qu’il y avait eu des Allemands en Tunisie : « J’avais pris chez moi plusieurs familles, je les avais cachées, ils étaient Juifs ». Je lui avais dit, bon, mais c’était pas vraiment grand chose, il y avait des Juifs en Tunisie qui vivaient avec les Arabes, avec des Italiens et d’autres étrangers, nous étions tout d’abord Tunisiens et ensuite des Musulmans ou des Juifs ; nous avions les mêmes coutumes, nous mangions la même nourriture, cela me paraissait donc presque normal. Je pensais que ce n’était pas grand-chose mais je ne comprenais pas qu’il avait risqué sa vie en les cachant. Lui-même ne m’avait pas parlé du risque, pour lui c’était tout à fait normal. |
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Je suis sûre qu’il aurait été ravi d’apprendre qu’il a été reconnu ‘Juste parmi les Nations’. Je suis très fière de lui, et même une reconnaissance symbolique est une grande chose. J’espère que la chose permettra aux hommes de mieux se connaître.
Je suis contre toute négation, je veux que les hommes regardent la réalité en face, même si c’est parfois difficile ; qu’ils ouvrent les yeux. Si on ferme les yeux en se disant « Je ne veux aucun rapport avec ces gens », on ferme la porte à tout dialogue, tu vois, et c’est fini. Tu n’as plus aucun espoir. Mais si tu ouvres le cœur, la tête, les yeux à autrui, et que tu dis : « OK, j’accepte, même s’il est difficile d’accepter certaines choses, j’accepte qu’on puisse commencer à évoluer à partir d’ici ». Pour moi c’est important. |
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Et mon père, son rêve était de voir ces deux personnes qui étaient chez lui revenir le voir dans son village, après tous ces malheurs ; je ne sais pas, mais il me semble porter en moi son appel. Lorsque vos parents n’ont pas terminé quelque chose, vous voyez, c’est vous qui devez les terminer. Je porte en moi mon père, ce qu’il a fait, je le porte de la meilleure façon. Du moins c’est ce que je pense.
Août 2007 |
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Vos réactions à l'article
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![]() | למה אין תגובות ממש מעניין - 11/7/2008 | 16:38
rahamim pr. |
שבת שלום
כתבה כזאת כל כך מעניינת ולא ניכנסים לך תדע מה הסיבה בתקוה שאני לא אחשוב על מה שאני חושב.
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